LES
LA PORTE SAINT-JEAN, (Démolie en 1865.)
Les murailles de notre bonne ville ont subi bien des
changements et menacent d’en subir de forts importants.
Commencées par Champlain et de Montmagny, améliorées et augmentées par Frontenac, en 1690-94, ! elles eurent
L 4 Cette même année (1694), on fit une redoute au Cap au Diamant, un fort au Château, et les deux portes Saint-Louis et Saint-Jean.
# Lu même année (1702), on commença les fortifications de Québec sur les plans du Sieur Levasseur, qui eut queique discussion avec M le marquis de Cresasy qui, pour lors, commandait à la place. ”
(Relation de 1682-1712. publiée par la Société Littéraire et Historique.)
sous la domination française, pour continuateurs, De Léry, Le Mercier, Pontleroy, Levasseur, qui exécutèrent les plans dus au génie de Vauban. Elles furent considérablement modifiées, et cireonscrites dans leur étendue à l’ouest, sous le régime anglais.
Voici la description que Charlevoix en donne en 1720 :
“ Les fortifications commencçoient au Palais, sur le bord de la petite rivière Saint-Charles, remontoient vers la Haute- Ville, !qu'elles environnoient et venoient finir à la Montagne vers le cap aux Diamans. On avoit aussi continué depuis le Falais, tout le long de la Grève, une Palissade jusqu’à la clôture du Séminaire, où elle étoit terminée par des Rochers inaccessibles qu'on appelle le Sault-au-Matelot, et 1à il y avoit une batterie de trois pièces.
“ Une seconde Palissade qu'on avoit tirée au-dessus de la première aboutissoit au même endroit et devoit couvrir les Fusiliers..…. Les issues ? de ia Ville, où il n’y avoit point de portes, étoient barricadées avec de bonnes poutres et des barriques pleines de terre, en guise de gabions, et les dessus étoient garnis de pierriers. Le chemin tournant de la basseville à la haute étoit coupé par trois différents retranchements de barriques et de sacs pleins de terre, avec des manières de chevaux de frise. Dans la suite du siége, on fit une seconde batterie au Sault-au-Matelot, et une troisième, à la porte qui conduit à la rivière Naint-Charles. ?
Enfin, on avoit disposé quelques petites pièces de canon autour de la Haute-Ville, et particulièrement sur la butte d'un Moulin, qui servait de Cavalier. ” {
En 1703, quelques mois avant sa mort, M. de Callières,
1 Le mur d'enceinte devait alors descendre un peu en deçà de la rue Sainte- Ursule,
2 Une de ces issues était à l’endroit où fut plus tard la porte Prescott.
8 La porte du Palais.
+ Histoire générale de la Nouvelle-France, Paris 1744, pages 77 et 78. Ce moulin était à l’extrémité de ia rue Hont-C'armel, sur l'espèce de jetée qui existe encore, en arrière des bâtisses actuellement accupées comme Palais de Justice, et qui sépare ces bâtisses du jardin de M. G. Bussé,
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alors gouverneur, fit réparer et achever ces fortifications, pour se protéger contre une incursion dont 1l était menacé de la part des Anglais et des Sauvages. Mais ce ne fut qu'en 1720 que Québec vit s'élever ses remparts véritables, Voici ce qu'en écrit Charlevoix au mois d'octobre de cette même année :
“ Québec n'est pas fortifié régulièrement, mais on traaille depuis longtemps à en faire une bonne place. Cette ville n’est pas même facile à prendre dans l’état où elle est, Le port est {lanqué de deux bastions qui, dans les grandes marées, sont presque à fleur d'eau, c’est-à-dire qu ils sont élevés de 25 pieds de terre, car la marée, dans les Equinoxes, monte à cette hauteur. Un peu au-dessus du bastion de la droite on en à fait un demi, lequel est pris dans le rocher, et plus haut, à côté de la galerie du for, il y a 25 pièces de canon en batterie. Un petit fort carré, qu'on nomme la Citadelle, est encore au-dessus, et les chemins, pour aller d’une fortification à l’autre, sont extrêmement roides. À la gauche de la rade, jusqu’à la rivière Saint-Charles, il y a de bonnes batteries de canon et quelques mortiers.
“ De l’angle de la citadelle qui regarde la ville, on a fait une oreille de bastion d'où l’on a tiré un rideau en équerre qui va joindre un cavalier fort exhaussé, sur lequel il y a un moulin fortifié. En descendant de ce cavalier, on rencontre, à une portée de fusil, une première tour bastionnée, et à la même distance de celle-ci, une seconde. Le dessein étoit de revêtir tout cela d’une chemise, qui auroïit eu les mêmes angles que les bastions, et seroit venue se terminer à l’extrémité du roc, vis-à-vis le Palais, où il y a déjà une petite redoute aussi bien que sur le Cap Diamant. Tel étoit, madame, ! l’état de Québec en 1711... Il est encore aujourd’hui dans le même état, ce que vous pourrez justifier sur le plan en relief que M. de Chaussegros de Léry, ingénieur en chef, envoie cette année en France pour être mis au Louvre avec les autres. ?”
1 Ce rapport est adressé à Mme la duchesse de Les Diguières. 2 Un exemplaire de ce plan, de la main de l’auteur même et signé par lui, est encore au ourd’hui en la possession de la famille de Léry, à Québec.
Ce plan avait, en effet, été soumis au roi et trouvé tellement bon qu'ordre fut donné de commencer de suite les tra- “aux, ce qui fut fait au mois de juin 1720. On travaillait donc à l'exécution de ce plan, lorsque Charlevoix visita Québec, au mois d'octobre. La ville comptait alors environ 7,000 âmes.
Depuis 1720, les fortifications furent entretenues dans le même état jusqu'à la prise de Québec en 1759. Le plan qu'en firent alors les officiers anglais et qui se trouve dans l’excellente collection photographiée par la maison Livernois et Bienvenu, est la copie presqu'exacte de la gravure que Charlevoix publie dans son Journal.
I n'existait sous la domination française que trcis portes à la ville : Saint-Louis, Saint-Jean et du Palais.