‹ Histoire des fortifications et des rues de Québec [microforme]Chapitre 8 sur 14 · LE SÉMINAIRE DE QUÉBEC · texte numérisé non relu

LE SÉMINAIRE DE QUÉBEC

“ C'était au Séminaire que le prélat résidait avec ses prêtres, au nombre de huit, qui composaient alors tout le clergé séculier de Québec. Là était aussi l’église de Notre- Dame, en forme de croix latine, construite en pierre, et regardée dans ces commencements de la colonie comme un vaste et magnifique bâtiment. On y observait, pour la célébration du Service Divin, le cérémonial des évêques ; les prêtres, ainsi que les jeunes clercs élevés au Séminaire, assistaient toujours aux offices, comme aussi dix ou douze enfants de chœur. En outre, les fêtes solennelles, on y chantait la messe, les vêpres et le salut, avec accompagnement

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d'un instrument à cordes et de l'orgue qui ajoutaient beaucoup à l'harmonie et à la douceur du chant. Quand le roi eut repris le Canada, il fut question de fortifier la ville de Québec, qui comptait alors soixante-dix maisons. Comme la Haute-Ville était établie sur un rocher, formant une sorte de triangle, environné des deux côtés par les eaux du fleuve Naint-Laurent, on conçut le projet de la fermer par un mur d'enceinte avec de gros bastions, du côté où elle n'était pas défendue par l'élévation de son assiette et par l’eau, et de faire à ce mur trois portes pour la commodité des particuliers. On se proposait aussi de fortifier la Basse-Ville, en ajoutant à la plate-forme deux bastions avancés, d'où l'on pût battre les navires sur le fleuve Saint-Laurent.” ! L'auteur des ‘“ Anciens Canadiens ” a fait ressortir d’une manière frappante le contraste entre 1757 et 1857 pour ce même local—en 1857 nous avions encore les troupes de Sa Majesté Britannique. ‘“ C’est toujours, dit-il, la même cathédrale pour la structure, minus sa tour moderne, qui semble supplier les âmes charitables, soit de l’exhausser, soit de

couper la tête à sa sœur géante, qui a l’air de la regarder sous cape, avec mépris, du haut de sa grandeur.

Le collége des Jésuites, métamorphosé maintenant en caserne, présentait bien le même aspect qu'aujourd'hui: mais qu'est devenue l’église construite jadis à la place des halles actuelles ? où est le bocage d'arbres séculaires, derrière ce temple, qui ornait la cour maintenant si nue, si déserte, de cette maison consacrée à l'éducation de la jeunesse canadienne ? La hache et le temps, hélas ! ont fait leur œuvre de destruction. Aux joyeux ébats, aux saillies spirituelles des jeunes élèves, aux pas graves des professeurs, qui s’y promenaient pour se délasser d’études profondes, aux entretiens de haute philosophie, ont succédé le cliquetis des armes, les propos de corps-de-garde, souvent libres et saugrenus. A la place du marché actuel, des boucheries très-basses, contenant tout au plus sept à huit étaux occupaient une partie du

\ Histoire de la Colonie Française au Canada, tome III, p. 371-73.

terrain, entre la cathédrale et le collége. Entre ces boucneries et le collége coulait un ruisseau qui, descendant de la rue Naint-Louis, traversait la rue Couillard et le jardin de l'Hôtel-Dieu, dans sa course vers la rivière Naint-Charles. Nos ancêtres avaient des goûts bucoliques très-prononcés !

Les maisons q'ui avoisinent le marché sont, pour la plupart, à un seul étage, à l'encontre de nos constructions modernes, qui semblent vouloir se rapnrocher du ciel, comme si elles craignaient un autre déluge.”

La rue Couillard rappelle un des personnages les plus importants de l'ère de Champlain, Gruiliaume Couillard. Il faudrait tout un volume pour retracer les incidents historiques qui se rattachent à la Grande Place du Fort. Nous en avons indiqué un bon nombre aux premières pages (10-16) de l’Album du Touriste. Nous ajouterons à ce que nous avons déjà dit les détails suivants :

Il paraïtrait que là où s'élève le Union Hotel de 1804,—les bureaux actuels du Journal de Québec, —le gouverneur d’Ailleboust résidait vers 1650. “ Il s'était réservé, le 10 janvier 1649, la pièce de terre comprise entre la rue du Fort et la rue du Trésor, d’une part, et les rues Buade et Sainte-Anne, de l’autre. À l’encoignure des rues du Trésor et Buade, côté Ouest, Jean Côté avait un emplacement. Il le donna en dot, en 1649, à sa fille Simonne, qui se maria à Pierre Soumandre.”

Voisin des bureaux actueis du Journal de Québec demeura pendant une vingtaine d'années Vallières de St. Réal, — un des aigles du barrean,—une de nos gloires nationales.

Sur la côte De Léry, débouche la vaste Université— L'UNIVERSITÉ LAVAL—-qui, en grande partie, est due à l’initiative du Révd. Messire Ls. Casault. Na charte—une Charte Royale—date du 8 décembre 1852,

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