‹ Histoire des Français des diverses états (volume 2)Chapitre 21 sur 96 · CHARPENTIERS DE LA PETITE COGNÉE · texte numérisé non relu

CHARPENTIERS DE LA PETITE COGNÉE

C'est ainsi qu'on nommait les ouvriers en menuiserie dans les temps barbares , où ils se servaient de la petite cognée ; et c'est ainsi qu'on les nomme encore, bien qu'ils ne s'en servent plus.

Le frère Simplicien avait tort lorsqu'il me disait qu'il serait difficile , dans les siècles futurs , de mieux faire que Jean-Bernard 66. Il aurait dû dire qu'il serait impossible.

J'ai vu en effet à Paris le travail de cet ouvrier et de ses confrères. J'ai vu de petits escaliers portatifs de trois pieds de diamètre au plus , en forme de tour ronde, sculptée, percée à jour 6?. J'ai vu des roues de lutrin 6P, des directoires à quatre pieds 6% des cloisons et des boiseries de lit à dessins grillés 7% des bancs à dossiers, des chaises, surtout des chaises d'une légèreté , d'une élégance a ne plus rien lais-

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ser à désirer 7>. Il n'est pas possible que jamais le ciseau fouille plus délicatement , plus gracieusement , les ornemens qui représentent tantôt des têtes de renard, de chien, de lion, tantôt de grandes portes, tantôt de grands vitraux72. J'ai vu les plafonds, les lambris en bois d'Irlande ^ qui décorent les beaux appartements ; eh bien ! il n'est pas non plus possible que jamais le genre de la décoration puisse montrer plus de richesses, plus dégoût.

Les huchers , les bahutiers , les coffretiers , les layetiers se sont séparés aujourd'hui des charpentiers de la petite cognée 74.

Division du travail, progrès de l'art: sous-divi* sion, plus grands progrès.

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