‹ Histoire des Français des diverses états (volume 2)Chapitre 54 sur 96 · SELLIERS · texte numérisé non relu

SELLIERS

De tous les arts, celui du sellier est le plus étranger à notre ordre. Dans le monde l'on dit qu'on a pris le cheval des cordclliers quand on voyage à pied avec un bâlon.

Mais hors des cloîtres cet art est un des plus communs et des plus importans.

Aujourd'hui les caparaçons, les grandes housses brodées 3 avec leurs houppes de soie, d'argent et d'or M, sont de la plus grande magnificence; les selles garnies de velours "5, à dossier de velours, avec traverses et grilles, comme celui des chaises86, sont de la plus grande magnificence et de In plus grande commodité.

Il va des selles moins riches, en cuir blanc ou en futaine , garnies de clous d'étain ou de laiton2*7.

Quant aux selles communes, l'art n'a pu faire de grands progrès, si l'on en juge par le prix, qui depuis long-temps est de quatorze sous*88.

Les selliers doivent naturellement faire, et ils font ces beaux fauteuils de velours ou de cuir rouge, garnis de fer-blanc, cloués de cuivre389, qui dans les châteauxetlesgrandes maisons sont devenus le siège

XIVe SIÈCLE. 97

exclusif des seigneurs, des maîtres290, et pour ainsi dire le trône domestique de la propriété.

Un homme à cheval, jambe de ça jambe de là, est assis sur un siège appelé en latin sella, d'où est venu le nom de selle, et sans doute bientôt après sellier.

Page 1