‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 83 sur 196 · OCCUPATION DU ROYAUME DE PARIS · texte numérisé non relu

OCCUPATION DU ROYAUME DE PARIS

Childeberl avait été marié à Ultrogote, qui lui survivait. Deux filles, vivant aussi, étaient nées de ce mariage.

A la mort de Chlovîs et de Théodebert, leurs filles n'avaient point prétendu qu^elles dussent avoir part à leurs royauuoes. A la mort de Théodebald, ses sœurs n'avaient point entrepris d'exclure ses oncles. Quand vint la mort de Childebert, ses filles n'imagi^ nèrent pas non plus qu elles pussent avoir le droit de régner. Le privilège de masculinité s'exerçait sans contestation. La loi civile réglait sans obstacle l'héritage dé la royauté.

Des fils de Chlovis, il ne restait plus que Chlotaire. Ce prince donc se mit en possession du royaume de Childebert, et même de ses trésors. Il les recueillît par le droit du sang, et à titre de sucession (1).

On ne trouve même nulle part aucune trace d'as-

(i) Cùm Chlotariuit rex, justa succession b, hinc quartus mooarcbiam singulariter trium regebat regiioruin. (Hariger, P''it. sancti Landroaldi). —Cùm Chlotarius rex, lecitiua successions, quartus trium rcgnorum factus est monarcha {Fita sancti RemacUi.)

semblées convoquées à cette occasion; pas le plus faible souvenir d^un consentement demande aux grands ou au peuple (1).

Maintenant Chlotaire était plus puissant que Chic* vis ne l'avait été. Le royaume accru des conquêtes faites sur Hermanfroi, sur Godemar, sur Amalaric, et sur Yitigès, comprenait de plus qu'au temps de son père, la Thurînge, la Bourgogne, une partie de l'Aquitaine, toute la Provence, et quelques restes des établissemens formés par Théodebert dans les Alpes.

Le peuple lui-même, que sa division rendait plus faible au dehors, et la rivalité de ses princes, plus faible aussi et plus agité au dedans, acquérait par la réunion un ascendant invincible, et une sécurité qu'il n'avait pas encore obtenue.

Malheureusement, le roi vieillissait, et il avait cinq fils qui ne promettaient pas une longue durée à cette favorable union.

La veuve et les Biles de Childebert furent exilées. Ce fut l'un des premiers actes de ce nouveau règne. On en a cherché le motif dans les intrigues de Ghramne, que ce prince inquiet ne pouvait se résoudre à abandonner (2). Il y a sans doute quelque vraisemblance. Il n'est pas impossible que le souvenir encore si récent de la politique et des ressentimens de Childebert ait entraîné ces reines en de fâcheux engageraens envers le neveu qu'il favorisait. Mais ce n'est

(i) Foncemagae. (Dissert.) (V) Daniel. (Nist.)

Page 1