NOUVELLE RÉVOLTE DE CURAMNE
Chramne préparait une seconde révolte. Mais ses desseins ayant été découverts, il s'enfuit. Williachaire, qui les secondait, prit aussi la fuite, et se jeta dans l'église de Saint-Martin. On dit qu'il y mit le feu , peut-être pour se dérober plus facilement à ceux qui le poursuivaient.
Le jeune prince alla, avec ses enfans et sa femme, demander asile à Chonobre, comte de Bretagne. Le comte les accueillit, et comme on sut que Chlotaire levait une armée,* il en leva une aussi, déterminé à remplir généreusement les périlleux devoirs de cette hospitalité.
Chlotaire, ses préparatifs achevés, entra dans la
province de Chonobre. Les Bretons Fattendaient , prêts à combattre , et avaient pris position dans dne plaine peu éloignée des bords de la mer. ' Il y eut une première rencontre, mais peu décisive, et que la nuit, qui survint^ 6t bientôt cesser. On préparait de plus sérieux combats pour le lendemain , lorsque Chonobre alla vers Chranme, et lui*dit : a Ce » n^est pas une chose qui te soit permise , toi fils de » Chlotaire, de sortir du camp contre lui. Demeui*c j» donc, et consens quç je tente , cette nuit même, de » le prévenir et de l'accabler. »
Chramne rejeta ce conseil. Peut-être craignait-il d'être abandonné ; peut-être lui répugnait-il que Ton combattit sans lui pour sa cause. Le jour venu , les armées étaient déjà en présence, et la bataille allait commencer. Chtotaire, en ce moment, étendant ses mains vers le ciel : « Jette les yeux sur nous. Dieu 9 puissant, s'écria-t-il. Vois que je soudre injusten ment par la trahison de mon fiis. Prononce de » nouveau l'arrêt que tu prononças autrefois entre » Absalon et David. »
Ses vœux furent exaucés. On combattit vaillamment et long-temps; mais à la fin les Bretons plièrent, et Chonobre fut tué comme il s'enfuyait. Chramne à son tour se retira du combat, faisant effort pour percer jusqu'au rivage où ses vaisseaux Fattetidaient.
Il y était parvenu, et sa vie était déjà hors de péril ; mais on annonça que sa femme et ses enfans venaient d'être arrêtés dans leur fuite, et qu'ils étaient au pouvoir de ses ennemis. Le désespoir l'enlrainant, il re-