‹ Histoire des Germains depuis les temps les plus reculés jusquà̕ Charlemagne. Pour servir di̕ntroduction à lh̕istorie de le̕mpire germaniqueChapitre 73 sur 123 · Aujourd'hui Porto, qui a ù>nnc son nom au Portugal · texte numérisé non relu

Aujourd'hui Porto, qui a ù>nnc son nom au Portugal

crés, se vit contraint, pour épargner le sang, de se démettre de la pourpre qu'il n'avait prise que par le conseil dé Théodorich.

L'empire resta vacant pendant dix mois.

Le général Ricimer, d une famille distinguée parmi les Suèves, et qui, par sa mère, était petit-fils de Watlia, soutint pendant cet interrègne le repos des provinces.

Les Allemanes ayant fait une irruption en Italie , en furent repoussés par le général Majoran , maître de la milice, qui, aidé du crédit de ce même Ricimer, finit par se faire déclarer empereur et fut reconnu par tannée et par le sénat. Son premier soin fut de rétablir une flotte capable de repousser les pirateries des Vandales qui, en eiVjt , firent à la même époque une descente en Italie et pillèrent tous les environs de Sinuessa, entre le Volterno et le Gargiliano. Majoran vint à temps leur reprendre le butin et les força de se rembarquer. Il traversa ensuite 458. le mont Cenis avec une forte armée , composée en majeure partie d'Ostrogoths, de Rugiens, d'Alains, de Sarraales et de Huns, tous peuples qui s'étaient établis sur les terres de l'empire, et même de Moscs1, nation qui originairement avait habité la Colchide, mais qui plus tard traversa le Tanaïs et s'établit aux frontières de l'Europe et de l'Asie. Les Gaulois, influencés par Tbéodorich, ne Pavaient point encore en effet reconnu , et il fallut que la force des armes les y contraignit. Nous voyons par deux passages d'Idace et d'Apollinaire, que Lyon ne fut prise qu'après une forte résistance , et que les Wisigolhs lui livrèrent aussi une bataille.

Après avoir réglé les affaires de la Gaule , Majoran passa en Espagne avec l'intention de porter la guerre en 460.

!. Moschi.

Afrique. 11 avait à cet effet ordonné l'équipement d'une* flotte qui devait se rassembler à Alicante. Mais, comme le faucon qui guette sa proie, Geiserich tomba dessus avant qu elle n'eût atteint le lieu du rendez-vous, et s'en empara sans beaucoup de peine. Il envoya ensuite des ambassadeurs qui traitèrent de la paix.

Mais cette paix fut de courte durée , comme le fut le 461. règne de Majoran qui, bientôt après, fut déposé par le crédit de Ricimer qui l'avait aidé à prendre la pourpre, sans que nous soyons instruits des raisons qui les brouillèrent. Les négociations qu'entreprit avec les Vandales Libius-Sévère qui, quelques mois après, fut élu à sa place, restèrent aussi infructueuses que les représentations que l'empereur Léon leur fit faire par ses ambassadeurs.

Une tribu d'Alains (peut-être celle qui avait suivi Majoran dans la Gaule) traversa les Alpes en 464, et s'avança jusqu'à Bergame où Ricimer lui livra une bataille qui décida sa retraite.

465. Le règne de Sévère fut court, et il mourut Tannée suivante sans laisser de successeur.

Il y eut un nouvel interrègne de près de deux ans, pendant lesquels Ricimer, que son siècle accusa d'avoir causé la mort de l'empereur , et à la puissance duquel il ne manquait que le litre de souverain, protégea l'empire contre les Barbares. Il porta le sénat à laisser tomber son choix sur Anthémius, gendre de l'empereur Marcicn, et s'attacha lui-même au nouvel empereur en épousant sa fille Euphémie.

Geiserich qui avait en vain cherché à faire nommer Olybrius, lequel, par son mariage avec la princesse Placidie, élait devenu le beau-frère de son fils, n'en fut que plus ardent à continuer la guerre. Ses vaisseaux par-

coururent tous les parages de la Méditerranée, et menacèrent principalement les côtes <le l'Égypte.

Léonjéquipa contre lui une flotte considérable dont il donna le commandement à Basilisque, frère de son épouse Véréna, et à laquelle se joignirent les escadres de l'Occident. Mais les brûlots de l'ennemi anéantirent une partie de ces vaisseaux, et le reste fut obligé, pour éviter le feu, de regagner les côtes de la Sicile.

Cependant les Romains parvinrent à jeter en 470 sur le sol africain une armée de terre qui s'empara de Tripoli et qui fit de tels progrès que le roi vandale consentit enfin à la paix. L'Occident eût pu reprendre quelque force , si les divisions qui éclatèrent entre l'empereur et Ricimer, n'eussent amené une nouvelle révolution.

Rien ne nous a été révélé par les historiens du temps sur les vrais motifs qui désunirent le beau-père et le gendre ; la chronique d'Alexandrie peut seule donner à penser que l'empereur Léon, prenant le parti d' Olybrius, profita de ces dissentiments pour l'envoyer de Constantinople en Italie, et que, par la présence de ce général qui prit le titre d'empereur, l'animosité des deux partis ne fit qu'augmenter. Bilimer, gouverneur des Gaules, vint au secours d'Anthémius, et se battit contre Ricimer aux portes de Rome. Mais il fut vaincu et tué. Après sa mort, Ricimer entra dans la ville et fit mourir son beau-père, 472laissant à Olybrius le titre d'empereur, dont ce prince cependant ne jouit pas longtemps. Il ne survécut que peu de mois à Ricimer qui lui-même mourut quarante jours après ces événements.

Olybrius donna le titre de palrice à Gundebaud, roi des Bourguignons, qui, le plus puissant des quatre fils qu'avait, en mourant, laissés Gundiéoch (466), porta sa résidence à Lyon. Dé ses trois frères, Hilperich qui ré-

•ogle

sida à Genève , Godegisil qui résida à Besançon el Çàodniaun qui porta sa cour à Vienne , il n'y eut que le second qui se soutint contre lui. L'empire des Bourguignons dans les Gaules comprenait alors la Séquanie, . . la première Lyonnaise, la Viennoise, la partie septentrionale de la Narbonnaise et les Alpes pennines el graïennes. Lyon leur avait été rendue par Anlhémius en 470. Us y avaient porté leurs lois, leurs mœurs, leur langage, et on s'habituait déjà à donner à tout le pays qu'ils occupaient le nom de Germanie lyonnaise 1 .

Gundebaud, après la mort d'Olybrius, aida Glycérius 473. à se faire reconnaître empereur à Ravenne.

Ce fut sous le court gouvernement de ce prince qu'eut lieu en Italie la première invasion des Ostrogoths.

Nous avons dit que ces peuples avaient obtenu la Pannonie pour séjour.

Dans la Thrace habitaient encore d'autres Goths , connus sous le nom de Goilts mineurs, qui , depuis Valens , y étaient restés étrangers aux guerres de leurs compatriotes , et qui, pauvres , ne s'occupaient que de l'éducation de leurs bestiaux. A leur tête était alors un prince du nom de Théodorich , qui avait su s'attirer la protection et l'amitié d'Asper, général de l'armée d'Orient, qui lui-même par son crédit avait porté Léon sur le trône de Constantinople.

Les Ostrogoths , jaloux des avantages dont jouissait cette tribu de la part des Romains , voulurent en avoir de 'pareils. N'ayant pu les acquérir par leurs ambassadeurs, ils fondirent sur l'Illyrie, afin de forcer l'empereur d'Orient à les leur accorder. Ils atteignirent en partie leur but ; et malgré les victoires que remporta sur eux

i. Voy. Sidon. Apoll. , ép* 7.

le général Anthémius, que nous venons de voir plus tard sur le lrône d'Occident, ils obtinrent de la cour de Constantinople un tribut annuel. Pour gage de la paix qui fut ratifiée, Théodomir, à la sollicitation de son frère Walamir, livra comme otage aux Romains son jeune Gis Théodorich, enfant de sept ans, à qui la destinée réservait plus tard l'empire -de Rome et de l'Italie.

Ce jeune prince resta plusieurs années à Constatai* nople d'où il revint pour faire plus tard ses premières armes sous son père , dans la guerre que les Ostrogoths eurent avec les Souabes , les Scirres et les Sarmates.

Les Souabes donnèrent les premiers sujet à cette guerre, en venant enlever, pendant une expédition qu'ils firent dans la Dalmatie, les bestiaux de quelques-uns des sujets de Théodomir. Vaincu et pris par ce prince, Hunimond qui les conduisait en fut cependant bien traité, et il acquit même à tel point son affection, que le roi l'adopta pour son Gis. Mais oubliant bientôt ce que le titre qu'il venait d'accepter lui imposait, et ne se ressouvenant que de la honte de sa défaite, Hunimond chercha à s'en venger en excitant sous main les Scirres contre les Ostrogoths. Les Scirres furent vaincus; cependant la victoire que les Goths remportèrent fut achetée au prix du sang de Walamir, qui périt en combattant. *

Hanimond et Alarich, chef d'une autre tribu souabe, prirent alors ouvertement fait et cause contre les Goths , et retrempant le courage des Scirres , parurent à leur tour sur le terrain avec leurs troupes auxquelles se joignirent quelques renforts de Gépides et de Rugiens. Les Sarmates prirent aussi les armes, sous la conduite de leurs deux rois Benya et Babaï. L'un et l'autre parti envoya des ambassadeurs à Constantinople, afin de deman-

der du secours, Léon, dans ces circonstances, écoula les députés des Scirres , contre l'avis d'Asper qui voulait qu'on laissât tous ces étrangers s'enlre-détruire eux-mêmes. 11 donna Tordre au gouverneur de rillyrie de marcher contre les Ostrogolhs. Mais les deux princes Théodomir et Widemir,. qui , après la mort de leur frère, avaient réuni à eux ses États, marchèrent à la rencontre des coalisés dans les plaines de la Pannonie, et leur firent essuyer une sanglante défaite.

.Widemir passa l'hiver suivant le Danube sur la glace, et entra à son tour sur le territoire des Souabes et des Allemanes qu'il vainquit en plusieurs rencontres, dont il dévasta tout le pays. Théodorich, qui, après avoir grandi àConstanlinople, revint alors trouver son père, prit pari à cette expédition ; il se mil à la tète de six mille hommes» et s'avançant contre Babaï et ses Sarmates , il les déût et le tua. Il s'empara de Singedun , dont ce peuple s'était rendu maître peu de temps auparavant, et étendit le pouvoir des Ostrogolhs jusqu'à l'embouchure de la Save.

Asper, qui avait joué un si puissant rôle en Orient, et à qui l'empereur devait, comme nous l'avons dit, sa couronne, tomba à cette époque en disgrâce (471). Il était allié à Théodorich, roi des Goths établis dans la Thrace, par le mariage qu'il avait fait avec la sœur de ce prince. Sa mort que Léon provoqua , et dont il chargea Zénpn. son gendre, qui tua lâchement et par trahison Asper et ses deux Gis ainés , donna occasion au roi des Goths de prendre les armes contre l'empire. Léon , pour prévenir la gilerre, lui envoya un ambassadeur, et il envoya à son tour à Constantinople des députés qui réclamèrent en son nom la succession d'Asper, et demandèrent pour leur maître le commandement de l'armée dont ce général avait été revêtu, et pour les Goths un pays dans

la Tbrace où la vie fût plus commode. Sur le refus lie l'empereur d'y obtempérer, Théodorich fit entrer une partie de ses troupes sur le territoire de Philippolis , et vint lui-même mettre le siège devant Arcadiopole dont il s'empara. Léon, effrayé des progrès des Goths, finit par céder en partie à leur demande ; et on en vint à un traité par lequel le roi reçut pour sa personne le commande* ment qu'il demandait, et pour ses Goths une pension annuelle de deux mille livres d'or, avec l'engagement de leur part de servir l'empire contre tous ses ennemis, à l'exception des Vandales, restriction qui semble prouver les relations que Geiserich entretenait avec ces peuples.

Les Ostrogoths , peu de temps après , fondirent en même temps sur l'Orient et sur l'Occident.

Trop à l'étroit dans la Pannonie, et ne pouvant vivre sans rapine, le peuple entier demanda à ses deux princes de les conduire à d aventureuses expéditions ; le sort ayant désigné à chacun d'eux les contrées où ils devaient se diriger, Widémir entra en Italie, et Théodomir, traversant la Save , sans que les Sa r ma tes tentassent de lui en défendre le passage, se jeta sur l'illyrie. Théodorich vint joindre son père devant Nissa , et après la prise de cette ville, se dirigeant ensemble vers le Sud, ils s'emparèrent dans la Thessalie d'Héraclée et de Larisse, et vinrent mettre le siège devant Thessalonique, capitale de rillyrie orientale.

Le changement dé gouvernement qui eut lieu à cette époque à Gonstantinople, protégea leurs entreprises.

Léon mourut en effet au mois de janvier 474 , laissant la couronne à son neveu , jeune prince du même nom que lui, qui, en prenant la pourpre, s'associa à l'empire son père Zénon. Léon II mourut lui-même dix mois après ; sa mort laissa Zénon seul maître de l'empire.

•Le nouvel empereur, qui senlit le besoin de consolider son trône et qui vit l'impuissance où était le patrice Clarien, commandant de Thessalonique , de conserver la place contre les Ostrogoths, acheta d eux la paix par des présente et leur céda le territoire de Pautalie dans la Dacie riveraine1.

L'autre armée qui s'était avancée en Italie, perdit son général peu après son entrée dans la péninsule. Widémir II qui succéda à son père, fit un accord avec Glycérius et en reçut de riches présents , afin qu'il évacuât le pays ; il conduisit ses Ostrogoths dans la Gaule , où les Wisigoths, parmi lesquels ils se confondirent en un seul corps de nation, leur offrirent un asile.

Ces derniers peuples , que nous avons perdus de vue depuis leur campagne d'Espagne , et qui n'avaient cessé depuis d'agrandir leur territoire , étaient eux-mêmes en guerre avec les Romains.

Théodorichll, après avoir battu les Suèves, leur avait donné pour gouverneur Agilulfe qui , plein d'ambition, conçut le projet de se rendre maître de la province qui lui était confiée, et prit le titre de roi. Vaincu par l'armée que Théodorich lui opposa, et tombé en sa puissance, il paya de sa tète son infidélité (458). Cependant les événements majeurs dont la Gaule était le théâtre, portèrent le roi des Wisigoths à être moins sévère envers les Suèves, et il leur permit de se choisir pour les gouverner un prince de leur race. Mais la nation ne put être d'accord dans son choix, et il en résulta des guerres qui désolèrent toute la partie de la péninsule espagnole qu'ils occupaient encore. Partagés entre Fratane et Masdra, et

1. Aujourd'hui le pays de PauluUeu. Voyez Leunclave , Historié musulnumka , p. 26«.

»ogIe

plus lard , après la mort du premier , entre Framar et ftémismond, ils pillèrent réciproquement les villes de la Lusitanie , jusqu'à ce que Rémismond enfin réunit à lui tous les partis (465).

Théodorich reconnut ce prince dont il reçut une ambassade, et lui donna sa fille en mariage. Tout permet de penser que ce fut une des grandes raisons qui porta les Suèves, lesquels, en entrant en Espagne, avaient été convertis au christianisme, et qui, jusqu'alors, avaient gardé la foi catholique, à embrasser l'arianisme.

Les différends qui éclatèrent entre les Romains et les Wisigoths après l'abdication d'Avilus, engagèrent Théodorich à envoyer en Espagne un corps d'armée qui agît principalement dans la Bétique. »

Dans la Gaule, les Wisigoths conquirent Narbonne par la trahison d'Agrippin qui , ayant eu à se plaindre dVEgide, gouverneur de la Gaule romaine, leur livra

ru

dans l'Armorique le général Frédéric, frère du roi , qui fut tué en combattant.

Théodorich fut lui-même assassiné en 467, et comme

on le rapporte, par son frère Eurich.

Toutes les forces romaines étaient alors dirigées contre Geiserich en Afrique.

Eurich en profita pour poursuivre la guerre et réduire en son pouvoir l'Espagne tarragonaise (470). 11 s'empara de Pampelune et de Sarragosse, et chassa partout les Romains, auxquels il ne resta plus que \k et là quelques points isolés, tandis que le reste de la péninsule se trouva partagé entre les Wisigoths et les Suèves ; ceux-ci occupèrent une partie de la Lusitanie et la Galice , et les Wisigoths toute la Tarragonaise et la

Kurich poursuivi l ses avantages dans la Gaule , où il continua la guerre à l'instigation d'Àruandus, préfet du prétoire, ennemi personnel d'Anthémius. Une lettre de ce général qui prouvait ses relations avec les Wïsigoths, ayant été interceptée, on lui Gt son procès ; mais cependant les Goths , auxquels on n'avait point de troupes à opposer, traversèrent le Rhône et s'emparèrent d'Arles et de Marseille (471). Anthémius chercha du secours auprès des Bretons qui , ayant fui leur Ile lors de l'invasion des Saxons, s'étaient, comme nous l'avons vu, réfugiés dans l'Armorique. Leur duc , du nom de Réotin , vint avec quelques mille hommes prendre position près de Bourges , afin d'y attendre l'armée romaine. Eurich marcha à leur rencontre et les mit dans une telle déroute, qu'ils furent obligés de se réfugier sur le territoire des Bourguignons , qui alors étaient en paix avec les Romains. Les changements qui eurent lieu dans rempire protégeant la fortune d'Eurich , il marcha à la conquête de r Auvergne et vint faire le siège de Clennont. Ce fut pendant qu'il était occupé dans cette province, que Widemir II vint, à la téte des Oslrogoths sortis d'Italie , se joindre à lui dans la Gaule. Ecdice, fils de l'exempereur Avitus , soutint avec quelque éclat cette campagne, sans pouvoir toutefois, avec le peu de forces dont 474. il disposait, empêcher les Wisigoths de s avancer jusqu'à la Loire.

Glycérius venait d'être dépouillé de la pourpre par Népos Eûrich poursuivit ses avantages, et se rabattant sur les Alpes, menaça l'Italie que les Oslrogoths venaient de quitter. Les conseillers de la couronne portèrent le nouvel empereur à traiter de la paix ; et en effet, après en avoir fait régler les préliminaires par les trois évêques d'Arles , de Riez et de Marseille, il envoya comme plénipotentiaire

Epiphane, évéque de Pavie, qui vint à Toulouse en rati- 475 fier les conditions.

Les Wisigoths, par cette paix, rendirent Arles et Marseille, mais conservèrent l'Auvergne , et eurent par conséquent pour frontières le Rhône et la Loire.

Eurich, après sa conquête, se montra digne du sceptre comme législateur.

Les Gotbs n avaient jusqu'alors été régis que par leurs coutumes. Il leur substitua un Code de lois écrites qui devint la base de la législation de ce peuple, et qui marque un pas de plus dans sa civilisation. Sa cour .était le centre de tout ce que la Gaule avait de plus distingué en esprils éminents, et l'influence de sa politique s'étendit non-seulement en Italie, mais même chez les Francs, chez les Saxons et chez les autres peuples avec lesquels la position, qu'occupait son pays le mettait en rapport.

Népos donna le commandement de l'armée au patrice Oreste, Pannonien d'origine. Ce général qui, à l'époque d'Attila, avait servi ce prince et avait plusieurs fois été envoyé par lui à Constantinople, et qui, après sa mort, vint en Italie prendre du service dans l'armée romaine et s'éleva aux premières -charges , proGta de son ascendant sur les soldats, pour les faire révolter contre l'empereur qui, contraint de se réfugier à bord d'un vaisseau, passa en Dalmatie.

Oreste fit nommer empereur son 61s Augustule, jeune . homme à peine sorti de l'enfance, qui fut proclamé à Ravenne le 31 octobre 475.

Hais cetté révolution fut bientôt suivie de l'invasion que fil en Italie Odoachar, heureux aventurier, qui, provoquant l'enthousiasme des Turcilingiens1, nation gothique, .

1. Ces Turcilingiens ne sont mentionnés que par Jornandes. Procope cite seulement les Hérules , les Scirres et les Rugiens.

et des Rugiens, desScirres, dcsHérules leurs auxiliaires, fondit à leur tète sur la péninsule. L'histoire ne nous a rien conservé de son enfance. Venu en Italie couvert de la peau des bêtes, il tenta la fortune des armes, et par ses vertus militaires et sa bravoure, il se distingua au point qu'il parvint à être à la tête des troupes de sa nation que les Romains avaient à leur solde.

Levant contre eux l'étendard, il s empara de Pavie, et fut proclamé roi le 25 août 476 par ces peuples réunis.

Peu de jours après, il déût Oreste près de Plaisance, et marchant sur Ravenne , il gagna une seconde bataille contre Paul, frère de ce général.

Il entra dans la ville, et s empara d'Augustule qu'il épargna à cause de sa jeunesse et qu'il se contenta de reléguer dans un fort de la Gampanie , où , pour sa sustentation, il lui assigna sur le trésor une somme annuelle de six mille sous d'or. L'Italie entière lui fut soumise'.

476. L'Orient était lui-même en proie à de trop graves désordres, pour que le voluptueux Zénon pût songer à porter du secours à cette province. Basilisque , aidé du crédit de l'impératrice Véréna, sa sœur , avait pris la pourpre, et soutenu par Théodorich, roi des Goths, il Gt la guerre à Zénon, qu'il serra de si près, que cet empereur et l'impératrice Ariane, son épouse, se virent contraints de fuir en Isaurie.

477. Cependant l'année suivante, secouru par Théodorich, roi des Ostrogolhs , établis sur le territoire de Paiflalie , Zénon revint prendre possession de sa capitale.

Geiserich mourut au commencement de 'celte même année, laissant la couronne à son fils Hunerich , qui renouvela la paix avec l'empire d'Orient.

48t. Quatre ans après mourut le roi des Goths, traversé par le fer d'une lance sur laquelle son cheval le jeta.

en se cabrant au milieu des voitures d'équipages, pendant la retraite que ce prince, qui s était avancé jusque près de Coustantinople , sans cependant avoir nui aux Romains, fit pour se diriger sur l'Illyrie.

Odoachar, pendant ces événements, affermit sa puissance en Italie, et sans prendre le titre d'empereur, continua dans sa personne le gouvernement impérial.

Ce malheureux pays avait eu tant à souffrir, que plusieurs de ses provinces étaient désertes. Rome avait supporté plus de maux pendant les guerres d'Anlhémius et de Ricimer que pendant celle des Goths et des Vandales. Le peuple se réunit avec confiance autour d'un prince qui chercha à adoucir son sort et à réparer ses malheurs1. Le sénat envoya des ambassadeurs à Zénon, afin de complimenter l'empereur sur la défaite de ses ennemis, et en même temps pour lui représenter qu'il n'était pas nécessaire , dans les circonstances présentes , que l'Italie eût un empereur particulier ; qu'elle pouvait être régie par la cour de Constantinople et que le peuple avait mis son espoir et sa confiance en Odoachar. H priait donc Zénon d'accorder à ce prince le titre de patrice, avec la mission de régir la péninsule au nom de la cour d'Orient.

Mais les troupes répandues dans la partie de la Gaule que les Romains occupaient encore, espérant toujours que Népos se relèverait , envoyèrent en même temps des députés vers Zénon, afin de lui demander du secours.

Comme Népos avait été reconnu par Léon , Zénon ne put se déclarer contre lui, et il se contenta de donner de l'espoir aux députés de l'armée, et fit réponse aux sénateurs qu'aussi longtemps que Népos existerait, leur devoir exigeait qu'ils lui restassent fidèles. Il répondit en

I. La ville de Pavie qui avait tant souffert fut affranchie d'impôt* peinant cinq ans. ♦

môme temps avec la plus grande considération à Odoachar, en rengageant à demander à Népos le patriciat que certainement cet empereur ne lui refuserait pas , et en l'exhortant à adopter les mœurs romaines , et à gouverner avec sagesse la province qui lui resterait confiée.

Népos, peu de temps après, fut assassiné près de Salone par deux domestiques apostés par Glycérius.

Sa mort laissa l'empire vacant ; et ainsi se trouvèrent écartées toutes les difficultés.

Odoachar obtint du roi des Vandales la Sicile que ce prince lui céda par traité, et pour se concilier l'amitié d'Euricb, roi desWisigolhs, qui, profitant de l'occasion, avait repris Arles et Marseille, il lui laissa la Provence.

Pendant seize ans, il gouverna l'Italie. Il porta du sein de cette province la guerre contre les Rugiens qui, comme nous l avons vu, s'étaient assis sur le Danube, vis-à-vis le Norique, et dont il défit en 487 le prince Félèthe, qu'il ramena prisonnier avec son épouse Gisa. Leur fils Frédéric s'échappa par la fuite ; mis à la tète de la nation, il recommença dans le Norique les incursions qui avaient donné lieu à celte guerre.

Odoachar envoya contre lui son frère Ànaulf1, auquel cependant le jeune prince ne se sentit pas assez fort pour résister; Frédéric se réfugia auprès de Théodorich. roi des Ostrogot hs, avec lequel nous le verrons plus tard venir en Italie.

Le pays qu'occupait sa nation resta désert jusqu'à ce que les Lombards qui , descendus du Nord de la Germanie avec les autres peuples vindiles , s'étaient déjà, du temps de Marc-Antonin , avancés avec les Marcomans et leurs alliés au delà du Danube, et qui, plus tard, s 'étaient

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