‹ Histoire des GirondinsChapitre 104 sur 194 · TOME m. 1o · texte numérisé non relu

TOME m. 1o

chambre de la reine, nommé Diet, reste seul, factionnaire généreux, à l'entrée de l'appartement où les femmes sont réfugiées, et tombe en la défendant. Son cadavre, couché en travers de la porte, sert encore de rempart aux femmes. La princesse de Tarente, qui entend tomber ce dernier et fidèle gardien, va elle-même ouvrir la porte aux Marseillais. Leur chef, frappé de l'assurance et de la dignité de cette femme devant la mort , contient un moment sa troupe. La princesse, tenant par la main la jeune et belle Pauline de Tourzel , que sa mère lui a confiée : « Frappez-moi, » dit-elle aux Marseillais, « mais » sauvez l'honneur et la vie de cette jeune fille. C'est » un dépôt que j'ai juré de rendre à sa mère. Rendez- » lui sa fille et prenez mon sang. »

Les ^Marseillais attendris respectent et sauvent ces femmes. On les aide à franchir les cadavres. qui jonchent les antichambres et les corridors.

Quelques hommes du peuple, en saccageant les appartements , avaient brisé les fontaines de marbre des bains de la reine. L'eau mêlée au sang inondait les pavés et teignait de rouge les pieds et les robes traînantes de ces fugitives. On les confia à des hommes du peuple, qui les conduisirent furtivement, le long de la rivière au-dessous du quai, jusqu'au pont Louis XVI, et les remirent en sûreté à leurs familles.

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