TOME III
Méricoiirt, en habit d'amazone et le sabre nu à la main, précipite le commissaire du haut de la tribune et l'y remplace. Elle allume par ses paroles la soif du sang dans le peuple, qui l'applaudit; elle fait nommer par acclamation des commissaires qui montent avec elle au comité de la section pour arracher les victimes à la lenteur des lois. Le président de la section, Bonjour, premier commis de la marine, ambitieux du ministère, défend à la garde nationale de résister aux volontés du peuple. Deux cents hommes armés obéissent à cet ordre et livrent les prisonniers. Onze d'entre eux s'évadent par une fenêtre de derrière. Les onze autres sont bloqués dans le poste. On vient les appeler un à un pour les immoler dans la cour. Quelques gardes nationaux, plus humains ou moins lâches , veulent , malgré l'ordre de Bonjour, les disputer aux assassins. — « Non, non, » dit Suleau, « laissez-moi aller au- » devant des meurtriers! Je vois bien qu'aujour- » d'hui le peuple veut du sang. Peut-être une seule » victime lui suffi ra-t-el le? Je payerai pour tous! » 11 allait se précipiter par la fenêtre. On le retint.
L'abbé Bougon fut saisi avant lui. C'était un auteur dramatique. Homme à la taille colossale et aux bras de fer, l'abbé Bougon luUa avec lenergie du