AVANT-PROPOS
Il y a plus d'un demi-siècle, élève de troisième année à l'École normale, j'avais, avec l'ambition ordinaire à cet âge, formé le projet de consacrer ma vie scientifique à écrire une Histoire de France en huit ou dix volumes. Devenu professeur, je me mis à l'œuvre; mais, en sondant notre vieux sol gaulois, j'y rencontrai le fond romain, et, pour le bien connaître, je m'en allai à Rome. Une fois là, je reconnus que la Grèce avait exercé sur la civilisation romaine une puissante influence ; il fallait donc reculer encore, et passer de Rome à Athènes.
Les chroniqueurs racontent de Godefroy de Rouillon que, lorsqu'il entrait dans une église aux riches sculptures et aux vitraux resplendissants, quelque affaire qui le pressât, il restait à contempler les vénérables images, et il oubliait les heures à lire les devises des saints, à se faire raconter les merveilleuses légendes. Il regardait, écoutait et ne partait plus ; même chose m'advint dans les deux métropoles du génie humain. Je restai si longtemps à y contempler de grandes ou belles choses, que ce qui ne devait être qu'une étude préliminaire a été l'occupation de ma vie. Les deux préfaces sont devenues deux ouvrages : « l'Histoire des Romains » et « l'Histoire des Grecs ».
Celle-ci a paru pour la première fois en 1851 ; mais, depuis ce temps, bien des Uvres ont été écrits sur ce peuple, bien des