‹ Histoire des GrecsChapitre 168 sur 202 · DROIT DES ATHÉNIENS A L'HÉGÉMONIE · texte numérisé non relu

DROIT DES ATHÉNIENS A L'HÉGÉMONIE

L'Aréiopage amoindri. Exil de Kirnon. Meurtre d*Ephialtès. — Rétribution des devoirs civiques. — Coalition contre Sparte. Expédition d'Egypte. Siège et soumission d'Aigine. — Les longs murs. Bataille de Tanagra. — Victoire des Oinophytes. Revers en Egypte. — Fin de la guerre médique. Mort de Kimon. — Défection des Boiotes et des Mégariens. Soumission de TEuboia. — Trêve de trente ans.

Droit des Athéniens à Thégémonie. — Athèaes avait porté seule tout le poids de la première guerre médique, et plus que toute autre ville elle avait contribué au succès de la seconde. Hérodote a dit avec raison qu'après les Dieux c'étaient les Athéniens qui avaient sauvé la Grèce de l'invasion des Barbares. Il était juste qu'ils recueillissent les fruits de la victoire. L'énergie qu'ils avaient déployée dans cette grande lutte nationale leur donnait des droits à l'hégémonie de la Grèce. Ils acquirent bientôt une supériorité encore plus éclatante dans la sphère de l'intelligence. Le siècle qui suit les guerres médiques a vu se produire le plus magnifique mouvement artistique et littéraire qu'il ait été donné au monde de contempler. Au point culminant de l'histoire rayonne cette glorieuse démocratie qui, en appliquant les grands principes de la morale grecque, la liberté et l'égalité, réalisa un idéal social que les plus hardis utopistes n'oseraient pas rêver. Cependant cette grande époque est remplie par des luttes presque incessantes. Chez d'autres peuples, les arts et les lettres sont des plantes de serre chaude qui ne peuvent fleurir que sous quelque abri protecteur ; en Grèce, sur leur rocher natal, elles s'épanouissaient dans une atmosphère de tempêtes.

Pour la courte et brillante période qui répond à la démagogie de Périclèç, entre la guerre médique racontée par Hérodote et la guerre du Péloponnèse racontée par Thucydide, notre principal guide est Plutarque, et malheureusement il donne toujours à l'histoire une couleur biographique; le peuple est relégué au second plan et forme le fond du tableau. Si on ne se tenait en garde contre cette tendance, on méconnaîtrait le caractère républicain de la société grecque. Il ne faut pas, à cette époque qui est l'apogée de la civilisation, que les grands hommes nous cachent le grand peuple.

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