TAXE FIXÉE PAR ARISTIDE
ils leur promirent de ne pas les abandonner et de tenir d'ailleurs la conduite qui semblerait s'accorder le mieux avec les intérêts des alliés. Dans ces conjonctures, les Lakédaimoniens rappelèrent Pausanias pour le juger, d'après les dénonciations portées contre lui. Les Grecs qui venaient à Lakédaimon se plaignaient beaucoup de ses injustices et de sa conduite, qui semblait plutôt d*un tyran que d'un général. Il fut rappelé précisément à l'époque où, par la haine qu'il inspirait, les alliés, excepté les troupes du Péloponnèse, se rangeaient sous les ordres des Athéniens. Arrivé à Lakédaimon, il fut convaincu d'abus de pouvoir contre les particuliers, mais il échappa aux accusations capitales. On lui reprochait surtout son penchant pour les Mèdes, qui paraissait évident. Aussi le commandement ne lui fut-il pas rendu, mais on fit partir Dorkis et quelques autres avec peu de troupes. Comme les alliés ne se mirent pas sous leur autorité, ils revinrent, et les Lakédaimoniens n'envoyèrent pas dans la suite d'autres généraux. Après ce qu'ils avaient vu de Pausanias, ils craignaient qu'ils ne se corrompissent de môme. D'ailleurs ils voulaient se débarrasser de la guerre des* Mèdes, ils croyaient les Athéniens capables de la conduire, et alors ils étaient amis. Les Athéniens ayant ainsi pris le commandent suivant le désir des alliés, par la haine qu'ils portaient à Pausanias, réglèrent quelles villes devaient donner de l'argent pour faire la guerre aux Barbares, et quelles devaient fournir des vaisseaux. Alors fut établie chez les Athéniens la magistrature des Hellanotames qui recevaient le tribut. Le premier tribut fut fixé à quatre cent soixante talents (2,485,000 fr.). Le trésor fut déposé àDèlos, et les assemblées se faisaient dans le temple. »
Taxe fixée par Aristide. — Selon Plutarque, le caractère personnel d'Aristide, qui commandait avec Kimon, fils de Miltiade, le contingent athénien de la flotte grecque, fut la principale cause de l'établissement de cette ligue qui prit le nom de Fédération de Dèlos. En comparant la modération et la douceur d'Aristide à l'insolence de Pausanias, les alliés furent amenés à préférer la suzeraineté des Athéniens à celle des Spartiates. Comme puissance maritime et comme métropole des cités ioniennes, Athènes devait avoir la direction d'une ligue dont le
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