‹ Histoire des GrecsChapitre 192 sur 202 · LE TRAVAIL LIBRE ET LE TRAVAIL SERVILE · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL LIBRE ET LE TRAVAIL SERVILE

riers, des charretiers, des cordiers, des paveurs, des mineurs. Et chaque industrie, comme un général, enrégimente toute une armée de manœuvres qui sont comme des instruments et un corps de réserve. Ainsi le travail répand et distribue Tabondance parmi tous les âges et tontes les conditions. »

Le travail libre et le travail servile. •— Ce discours de Péridès, rapporté par Plularque, est le plus précieux des rares documents qui nous restent sur l'histoire du travail dans l'antiquité. Il prouve d'une manière incontestable qu'à Athènes, dans la plus grande période de la civilisation, toutes les professions industrielles étaient exercées par des citoyens. Il y avait cependant , à cette époque et même antérieurement , des esclaves à Athènes. lis étaient employés au travail des mines par les fermiers de l'État, à la culture des terres par les grands propriétaires ruraux; ils ramaient sur les vaisseaux marchands, ils remplissaient chez les riches citoyens ces fonctions domestiques qui gardent encore aujourd'hui le titre de fonctions serviles, et que les citoyens les plus pauvres auraient rougi d'exercer. Mais ce n'était pas à leur entretien que Périclès consacrait les fonds de l'État. A Athènes, les grands travaux d'art n'étaient pas exécutés par une population servile comme les monuments de l'Egypte, de l'Assyrie et de la Perse, ni par des prisonniers de guerre comme la piscine d'Agrigente et les carrières de Syracuse; ils étaient réservés aux citoyens, et c'est ce qui explique leur perfection. Ce n'étaient pas non plus des esclaves qui, à la môme époque, gravaient lès coins des admirables monnaies de la grande Grèce et de la Sicile, qui modelaient les figurines de terre cuite trouvées dans le cimetière de Tanagra, qui peignaient les vases dits du beau style, à figures rouges sur fonds noir, d'un dessin si libre et si pur, et ces fioles blanches qu'on nommait Lékylhia et qui ne se fabriquaient qu'à Athènes, dans le quartier du Céramique. Plus tard, quand la continuité des guerres eut fait déserter les ateliers, quand à Athènes et dans le reste de la Grèce il n'y eut plus pour les citoyens d'autre métier que celui des armes,, comme cela était arrivé à Sparte dès l'origine, quand on trouva plus commode de s'enrichir par le pillage et le butin que par l'industrie, alors le travail servile remplaça le travail

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