‹ Histoire des insectesChapitre 25 sur 68 · V. Fam. ftCOi.iiDES · texte numérisé non relu

V. Fam. ftCOi.iiDES

Prothorax large sans étranglement.

Mandibules longues, courbées, faiblement unidentées. Palpes maxillaires à peine plus longs que les labiaux.

Labre grand.

. Mandibules fortes, bidentées. Palpes maxillaires notablement plus longs que les labiaux. Labre à peine visible. Mandibules ayant une dent à l'extrémité. Palpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux.

Mandibules bidentées.

Mandibules dentées. Pattes ayant une seule rangée d'épines.

Mandibules arquées et bidentées.

Pattes épineuses, les jambes postérieures ayant une double ran gée.

Mandibules quadridentées. Pattes longues, les jambes fortement épineuses.

Protliorax rétréci , formant une sorte de cou très-distinct du mésothorax.

Mandibules larges, arquées et bidentées.

Mandibules longues, arquées et iridentées.

Mandibules dentées. Labre offrant au milieu une languette longue et étroite.

Mandibules longues et dentées.

Mandibules longues, unidentées au milieu. Labre quadrilobé.

Mandibules presque unies au côté interne. Labre quadridenté.

Mandibules arquées et faiblement unidentées.

Antennes épaisses, souvent fusiformes

9J Gpe. 1

SAPIGITKS.

Gre. 1. POLOCHKE. Spin.

Gre. 2.

Gpe. 2.

Gre. 3

Gre. 4.

Fam. 3.

Gre. 1

sAi'YGE. Latr.

. SCOLllïES.

. scoLiE. Fabr.

. MÉRiE. Hlig.

. MYZiNE. Latr.

. TiPHiE. Fabr.

MUTILLIOES.

. MÉTiioyiE. La(r.

Gre. 2. thynne. Fabr

Gre. 3. «lure. Klug.

Gre. 4.

MYRMOSE.

Latr.

Gre. .').

MUTILLE.

Lin.

Gre. 6.

PSAMMOTHERME. Lut.

Antennes plus longues que la tête el le thorax réunis. Pattes non épineuses.

Antennes filiformes. Mandibules arquées, excavées intérieurement, tri dentées à l'extrémité.

Antennes renflées. Mandibules tridentées.

Antennes plus courtes que la tête et le thorax réunis. Pattes épineuses.

Mandibules tridentées dans les mâles , sans dents et fortement arquées dans les femelles. Palpes de trois articles.

Mandibules sans dentelures. Palpes maxillaires de six articles.

Mandibules bidentées. Palpes maxillaires de six articles.

Mandibules larges, canaliculées.

. Cuisses dilatées.

Antennes filiformes , assez épaisses.

Antennes filiformes; un peu épaissies à l'extrémité dans les femelles. Mandibules bidentées.

Antennes droites dans les mâles, contournées dans les femelles. Mandibules bidentées.

Diffère des Thynnes par les trois derniers articles des palpes maxillaires, extrêmement longs dans les mâles, et les épines des jambes simples dans les femelles.

Antennes presque filiformes. Mandibules unidentécs dans les femelles, tridentées dans les mâles.

Antennes sétacées. Mandibules comme dans les Myrmoses.

Antennes pectinées dans les mâles.

Gre. 7. aptérogyne. Latr. Antennes longues, grêles et sétacées dans les mâles. Les deux premiers anneaux de l'abdomen en forme de nœuds.

Les SPHÉGIDES. La première famille de notre tribu des Sphégiens , est divisée en deux groupes; le premier, celui des poMPiLiTEs renferme un assez grand nombre d'espèces, la plupart exotiques." Aussi les habitudes de ces insectes n'ont-elles pas été parfaitement observées. Cependant le genre Pompile comprend plusieurs espèces indigènes, dont nous sommes loin encore de connaître toute l'industrie. Nous savons seulement que la plupart pratiquent des trous dans le vieux bois, ou profitent d'ouvertures déjà toutes faites. Quelques-uns aussi creusent dans le sable. La nourriture destinée à leurs larves, qu'ils portent à leurs nids , consiste en araignées , qui paraîtraient bien redoutables pour la plupart des autres Hyménoptères. Mais les Pompiles, qui passent pour les plus féroces, ne reculent jamais devant la hardiesse des araignées. Le plus souvent ils chassent ces araignées errantes, qui ne filent point de toile; quelquefois ils ne redoutent pas même ces toiles où tant de mouches , des guêpes et des abeilles, trouvent ordinairement la mort. Des Pompiles vont saisir jusque dans sa retraite notre grosse araignée domestique. Un Pompile montant sur sa toile, celle-ci s'aperçoit de la présence d'un étranger et sort aussitôt de son tube, croyant avoir à s'emparer d'une proie. Elle s'arrête alors à la vue de son ennemi. Le Pompile s'élance sur elle, il la perce en même temps de son terrible aiguillon, et l'emporte à son nid. Ces araignées ne meurent pas malgré leurs blessures, mais le venin du Pompile les a plongées dans un état d'engourdissement qui ne leur permet plus de se mouvoir. Selon M. Lepeletier deSaiiit-Fargeau, lePompile, arrivé

à l'entrée de son nid , y pose sa proie sur le bord et la pousse avec la tête au fond du trou, où il a déposé un œuf; sept à huit araignées, ajoute-t-il , complètent sa provision. Il bouche ensuite l'entrée de l'habitation avec de la sciure de bois. D'après le récit de quelques voyageurs, il paraît que les Pompiles exotiques approvisionnent également leurs larves avec diverses araignées.

On connaît aujourd'hui environ une cinquantaine de Pompiles européens. Les plus abondants dans notre pays, pendant toute la belle saison, sont le Pompile varié (P. variegatus, Lin.)^ insecte noir, avec Fextrémité des mandibules roussâtre et les ailes diaphanes, offrant deux bandes transversales noirâtres, et le Pompile des chemins {P. viaticus, Lin.)^ également noir, avec les trois premiers anneaux de l'abdomen roux et les ailes brunes avec l'extrémité noire.

Tous ces insectes sont remarquables par leur grande agilité; leurs antennes sont toujours vibrantes; leurs ailes sont sans cesse agitées, même lorsqu'ils se posent sur une fleur. Le genre Pompile a été divisé en plusieurs sousgenres, fondés sur des caractères d'une très-médiocre importance.

Les divers genres qui appartiennent au groupe des Pompilites ne présentent sans doute pas de différence, en cela avec les vrais Pompiles, si ce n'est peut-être dans le choix de leurs victimes; mais ces insectes n'ont pas encore été bien étudiés.

Les espèces du genre Apore, de taille moyenne ou même petite, sont peu nombreuses et habitent l'Europe, principalement le Midi.

Les Planiceps, que l'on reconnaît facilement à leur tête aplatie, sont dans le même cas que les Apures.

Mais les Macroméris et les Pepsis, les géants dans ce

groupe, sout propres aux régions les plus chaudes du globe. Les premiers habitent les Indes orientales et les archipels de l'océan Pacifique, les seconds sont bien plus nombreux en espèces et ont pour patrie l'Amérique méridio- 'nale. Au rapport de plusieurs voyageurs, la piqûre de leur aiguillon est très-douloureuse : leur agilité est extrême.

Le genre Ceropales est composé seulement de quelques espèces indigènes. M. deSaint-Fargeau les regarde comme parasites, ne construisant pas de nids, mais déposant leurs œufs dans des retraites appartenant à d'autres espèces , les aj^ant vus parfois entrer dans les nids d'Hyménoptères réellement fouisseurs, dans le but bien probable d'y déposer leurs œufs. Les jambes simples de ces insectes paraissant impropres à fouir le bois ou la terre, semblent confirmer cette demi -observation.

On a décrit une seule espèce de la Nouvelle-Hollande du genre Exeire {Exeirus).

Les sPHÉGiTES, second groupe de la famille des Sphégides, sont plus abondants dans notre pays que les Pompilites; on les reconnaît facilement à leur corselet étranglé, à leur abdomen dont le pédicule est ordinairement trèslong. Le genre Sphex proprement dit, le type du groupe, renferme une grande quantité d'espèces exotiques ; les indigènes sont au contraire peu nombreuses ; mais leur industrie a encore été fort mal observée ; M. de Saint-Fargeau rapporte que son fils a pris plusieurs fois, eu Algérie, trois espèces de Sphex, qui transportaient à leur nid des Orthoptères de la tribu des Acridiens. D'autre part, nous ti-ouvons affirmé dans les Mémoires de la société philosophique de Philadelphie, que le Sphex bleu, propre à l'Amérique du Nord, a été vu emportant une araignée huit fois plus pesante que lui.

Quelques personnes ont encore avancé que certains Sphex approvisionnaient périodiquement leurs larves avec des puces vivantes. Cela est très-peu probable ; car ce serait contraire à tout ce que nous observons ailleurs. Tous les Sphégiens aussi bien que les Crabroniens périssent peu de temps après avoir préparé des aliments à leur postérité, et ils ne voient jamais les êtres auxquels ils ont donné le jour.

Les habitudes des Ammophiles nous sont un peu mieux connues. On rencontre fréquemment dans notre pays, dans tous lesendroits sablonneux, l'Ammophiledes sables [A. sabulosa, Lin.), insecte très-allongé et grêle, noir, avec l'extrémité du troisième anneau de l'abdomen, la totalité du quatrième et la base du cinquième d'un roux vif. On trouve cette espèce très-abondamment dans nos environs pendant tout l'été : elle creuse avec ses pattes dans la terre, au bord des chemins, des trous assez profends, qui n'ont du reste rien de bien remarquable; elle y place une chenille qu'elle blesse mortellement, au moyen de son aiguillon, et pond un œuf auprès d'elle. Cette opération étant achevée, elle ferme l'entrée du trou avec des grains de sable ou de petits cailloux. L'Ammophile des sables attaque toujours des chenilles de papillons nocturnes , et elle ne craint pas de s'emparer des Bombicites , malgré les longs poils qui protègent leur corps. Ces Ammophiles ont quelquefois des peines infinies pour transporter leur proie, qui très-souvent est deux fois plus lourde qu'eUesmêmes : cependant elles ne se rebutent jamais; elles la tiennent fortement avec leurs mandibules, en la soutenant, en même temps, à laide de leurs pattes postérieures : elles marchent alors avec leurs quatre pattes de devant. Lorsqu'elles rencontrent des obstacles, la fatigue devient en-

(Ore plus cousidérable ; et si, par hasard, leur proie vient à leur échapper, elles vont aussitôt la saisir de nouveau. Selon M. Schuckard, l'Aramophile dessables s'emparerait aussi de certaines araignées; mais toutes les autres observations attestent que leur nourriture la plus ordinaire consiste en chenilles de diverses espèces.

M. Westwood a encore observé l'Aramophile velue {A. hirsuta), qui construit son nid d'une manière un peu différente de l'A. des sables. Chaque ouverture paraît ne contenir jamais qu'une seule cellule. Cet insecte approvisionne également son nid avec des chenilles. Il fait entendre un fort bourdonnement lorsqu'il creuse la terre.

Les Pélopées habitent les parties chaudes du globe : on en trouve dans l'Europe méridionale; mais ils sont plus abondants en Afrique, dans l'Inde et dans l'Amérique intertropicale que partout ailleurs. Ces insectes construisent des nids dans les rochers, dans les encoignures des maisons , jusque dans l'intérieur des chambres. Divers auteurs ont décrit les retraites des Pélopées : Disdéri , Pallissot de Beauvois, Drury les ont mentionnés. Réaumur a représenté aussi le nid d'une espèce de Saint-Domingue. D'autre part, M. Rousseau, aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle de Paris, nous a rapporté de l'île Bourbon les nids du Pélopée Hémiptère. Cet insecte (pi. 4, f]g. 4) très-abondant dans toutes les îles Mascareignes, construit la demeure de ses larves avec une terre fine de couleur noirâtre. Chaque nid consiste en un assemblage de six à vingt tubes, placés verticalement par rapport au lieu qu'ils occupent, et formés par cette ."ïiême terre, pétrie par l'insecte et cimentée avec la matière agglutinante que presque tous les insectes nidifiants ont la propriété de sécréter par la bouche (pi. 4, fig. 5).

Quand cesdivei-s tubes sont approvisionnés, la femelle,

100 HISTOIBE

après y avoir pondu un œuf, les ferme avec la même terre, en formant une enveloppe générale, qui donne à ces nids l'apparence d'une motte de terre fixée contre la muraille. Des renseignements exacts nous manquent sur les espèces qui servent de nourriture aux larves; ce sont probablement des chenilles ou des araignées, comme cela existe pour d'autres espèces du même genre, selon quelques observateurs. Mais nous ne croyons pas, comme le prétend Pallissot de Beauvois, que les cellules soient revisitées par la femelle , lorsque ses larves auraient consommé une première provision et seraient obligées d'attendre de nouvelles subsistances. Ceci est contraire atout ce que nous observons chez les autres Hyménoptères nidifiants et solitaires.

Quand la larve du Pélopée a atteint son entier accroissement, elle se file dans l'intérieur de sa loge une coque soyeuse, de couleur brunâtre, fortement mélangée de matière agglutinante. L'insecte parfait, après avoir rompu la coque de la nymphe, se pratique une ouverture circulaire, en perçant la terre qui recouvre son tube. En sorte qu'après la sortie de tous les individus, le nid se trouve perforé d'un nombre de trous égal à celui des habitants (pi. 4, fig. 5).

Selon M. Saunders, qui a observé les Pélopées aux Indes orientales, ces insectes seraient parasites, et les nids que nous leur attribuons seraient l'œuvre d'une espèce d'Eumène.

Mais les observations de M. Rousseau, et les nids qu'il nous a rapportés, d'où sont sortis seulement des Pélopées, en quantité considérable, tend à nous prouver le contraire. Il estau reste fortsingulier que des insectes de cette tribu construisent des nids qui ressemblent beaucoup à quelquesunes des habitations des Osmiides. Ce serait le seul genre

parmi les Hyménoptères, dont les larves sont insectivores.

Des insectes très-semblables, quant à la forme, à nos Pélopées, mais dont les couleurs sont généralement d'un bleu métallique plus ou moins vert ou violacé, les Chlorions, sout répandus également dans les pays chauds des deux hémisphères. On trouve à l'île de France et à l'île Bourbon, le Ghiorion comprimé [Chl. compressum), entièrement d'un vert métallique, avec la base des hanches et des cuisses d'un roux vif. Cette espèce est extrêmement utile, car elle fait continuellement une guerre acharnée aux Blattes ou Kakerlacs, qui malheureusement infestent, comme on le sait, toutes nos colonies.

Il paraît, d'après le récit de plusieurs voyageurs, que les Chlorions construisent des nids qui ressemblent à ceux de nos Pélopées; mais ce qu'il y a surtout de remarquable dans les habitudes de ces Sphégites, c'est leur hardiesse a se jeter sur les Blattes pour en approvisionner leur nid, malgré la grande taille de ces espèces.

Cet ennemi acharné, rôdant de différents côtés, s'arrête dès qu'il aperçoit une Blatte; celle-ci cesse aussitôt de marcher : le Chlorlon s'élance alors sur elle ; la saisissant avec ses mandibules entre la tête et le corselet, il se retourne lui-mêm€ pour lui enfoncer son aiguillon dans l'abdomen. Puis il lâche prise et s'éloigne jusqu'à ce que sa victime ne donne plus à peine signe de vie.

Le redoutable Hyménoptère se met alors à traîner sa proie jusqu'à l'entrée de sou nid ; mais le trou n'est pas ordinairement assez grand pour donner passage à la Blatte. Le Chlorion ne s'en étonne point et ne recule pas devant une telle difficulté; il arrache les ailes, quelquefois même les pattes de la Blatte ; il entre lui-même dans le trou à reculons ; et, tirant avec ses mandibules, il y fait entrer son lu-

102 HISTOIKE

secte, qui s'allonge etsecomprime contre les parois du tube.

On a placé dans un genre particulier {Aphelotoma Westw.) un Insecte de la Nouvelle-Hollande très-voisin des Chlorions.

INous avons peu de chose à dire des autres genres du groupe des Sphégites, car leurs mœurs n'ont pas encore été étudiées.

Le genre Podie [Podium, Fab. Trigonopsis , Perti/] est composé de quelques espèces de l'Amérique méridionale, bien remarquables par leur tète extrêmement large par rapport à la ténuité de leur corps.

Le genre Prônée est établi sur un petit Hyménoptére du Sénégal.

Enfin, les Dolichures ont pour type le D. cornu (/). corniculus)^ insecte long de trois à quatre lignes , noir et pubescent, avec le bord postérieur de chaque segment de l'abdomen d'un roux brunâtre; répandu dans la plus grande partie de l'Europe.

Un ^enre [Trirogma Westiv.)^ fondé sur une seule espèce de l'Inde, diffère très-peu des précédents.

La famille des scoliides comprend deux groupes; le premier, celui des sapygites, est le moins nombreux. Le genre Sapyge ne renferme que quelques espèces indigènes , dont le type est la Sapyge ponctuée ( Sap. punctata, KL ), noire et tachetée de blanc , habitant une grande partie de l'Europe.

INous n'avons encore rien de certain sur les habitudes de ces insectes : les uns ont prétendu qu'ils creusaient des nids en terre et les approvisionnaient eux-mêmes-, d'autres, et c'est le plus grand nombre, pensent qu'ils dé- ÎX)sent leui-s œufs dans des nids déjà approvisiannés par d'autres Hyménoptères.

."^OPERTY or ^ M-^TCALF

M. Schuckard assure avoir pris le type du genre dans les cellules de l'Osraie bicorne; quelques autres observations du même genre viennent encore à l'appui de celle-ci. Quoiqu'il en soit, les Sapyges méritent actuellement d'être étudiées d'une manière plus complète.

Le genre Polochre est fondé sur une espèce que l'on trouve en Italie, aux environs de Bologne et de Gênes.

Le groupe des scoliites renferme des espèces d'une grande taille, qui sont assez abondantes dans l'Europe méridionale. Elles appartiennent, en général, au genre Scolie proprement dit, et ont la plupart, surtout les femelles, de grandes taches jaunes sur l'abdomen.

Les Hyménoptères de ce genre présentent des différences notables dans les nervures des ailes , ce qui semble au premier abord fournir des caractères suffisants pour motiver des subdivisions ; mais la grande instabilité de ces modifications ne permet pas d'y attacher beaucoup d'importance. Il en est de même pour plusieurs autres genres de la tribu des Sphcgiens.

La Scolie des jardins [Scolia hortorum Fab. (pi 4,) fig. 6. ) est longue de quinzeà dix-huit lignes 5 elleest noire, velue, avec le front jaune tacheté de noir, seulement dans la femelle ; l'abdomen noir, avec une large bande transversale jaune sur les deuxième et troisième segments , souvent interrompue dans les deux sexes , mais toujours dans la femelle.

On rencontre communément cet Hyménoptère dans les endroits sablonneux du midi de la France et en Italie. Il vole sur les fleurs pendant la plus grande chaleur du jour.

La Scolie des jardins a été l'objet des observations d'un entomologiste de Florence, M. Passerini, qui a vu le premier que cet Hyménoptère nourrissait ses j euncs

avec les larves de l'Orycte nasicorne, qui ressemblent beaucoup à nos larves de hannetons, bien qu'elles aient ordinairement une taille plus grande. Lorsque la larve de la Scolie a pris toute sa croissance, elle se file une coque soyeuse (pi. 4, fig. 7.) de forme ohlongue, de couleur brune, foncée, fortement mélangée de matière agglutinante, ressemblant beaucoup paria texture à la coque de diverses Tenthrèdes.

Enfin nous trouvons encore la mention suivante à l'égard des Scolies dans le Magazin entomologique anglais : La Scolie à double ceinture (Scol. bicincta, Fab. ), fait des trous dans le sable à une profondeur de huit pouces , ayant une ouverture fort large. Un de ces trous, dans lequel lepropriétaire venait d'entrer, ayant été examiné, on y trouva une grande sauterelle , qui était probablement sa proie.

Quant à ce qui est des autres genres du groupe des Scoliites , nous ne connaissons rien des habitudes particulières des diverses espèces qui les composent.

Le genre Mérie ne renferme que quelques espèces, dont la plus répandue est la Mérie à trois points, qui habite le midi de la France, aussi bien que l'Italie et l'Espagne.

Les Myzines se trouvent en Europe, en Afrique et en Amérique, mais seulement dans les régions chaudes. Les femelles diffèrent tellement des mâles par l'épaisseur de leur corps , par la brièveté de leurs antennes et les épines des jambes, que plusieurs auteurs les ont regardées comme constituant un genre distinct, sous le nom de Plésie.

Enfin le genre Tiphie, composé de quelques espèces indigènes de petite taille, a pour type la Tiphie fémorale ( T. femorata, Fab.), noire dans les deux sexes, avec les pattes entièrement noires dans le mâle, l'extrémité des antérieures

DES INSECTES. lOi

et la totalité des intermédiaires et des postérieures roussâtrcs, et l'abdomen noir dans le mâle, ayant, dans les femelles seulement, le dernier anneau de l'abdomen et le bord postérieur des autres d'un roux brunâtre.

Cette espèce a été observée creusant dans le sable des trous verticaux très profonds ; mais on ne sait pas de quel insecte elle approvisionne son nid. La femelle diffère tant du mâle que, pendant longtemps, les entomologites l'ont placée dans une autre tribu : elle a été décrite sous le nom de Béthyle velu.

La troisième famille de la tribu des Sphégiens, les MUTiLLiDES, sc composc d'inscctcs bien remarquables par la différence extrême qui existe entre les mâles et les femelles (pi. 4, fig. Set 9) ; malheureusement leurs habitudes ne nous sont pas connues ; nous n'avons, à cet égard, que ([uelques renseignements vagues dont nous ne pouvons tirer que certaines inductions. D'autre part, les jambes, puissamment armées d'épines, surtout chez les femelles, tendent à nous prouver que ces insectes creusent des demeures pour leurs larves, ainsi que le font la plupart des autres Sphégiens. On rencontre, au reste, les Mutillides dans les endroits sablonneux bien exposés aux rayons du soleil : elles vivent solitaires et sont très-peu répandues dans notre pays; ce qui contribue beaucoup à rendre les observations plus difficiles.

Les régions chaudes des deux hémisphères en nourrissent un plus grand nombre; et les espèces qui les habitent sont généralement d'une taille bien supérieure à celle des nôtres ; mais les petites aussi bien que les grandes sont ornées de couleurs vives très- variées , le plus souvent jaunes ou rouges. Nul doute que les Mutillides n'attaquent des insectes pour en approvisionner leurs nids. Divers naturalistes assurent les avoir vues en poursuivre et

s'en emparer. Mais il faut avouer que les détails précis manquent complètement. La grande dissemblance qui existe entre les sexes, dans cette famille, a dû, comme ou le pense bien , amener de graves erreurs. Les femelles , qui sont constamment aptères, et les mâles, qui sont toujours pourvus d'ailes, ont été placés fréquemment dans des genres différents , quelquefois même dans des familles distinctes. C'est dans ces derniers temps seulement que les sexes ont pu être rapprochés d'une mauière certaine dans différents genres.

Cependant il en existe plusieurs encore dont les femelles seules sont connues 5 et, quant à ceux-là, ou ne peut réellement les considérer comme des genres bien établis.

Nous nous contenterons donc de citer dans cet ouvrage ceux qui nous paraissent irrécusables.

Le genre Méthoque ne comprend encore qu'une seule espèce d'assez petite taille : elle habite une grande partie de l'Europe, mais elle est rare partout. La femelle est noire et mélangée de rouge, tandis que le mâle, qui est entièrement noir, avait été placé autrefois dans un genre particulier sous le nom de Tengyre.

Les Thynnes sont des habitants de la Nouvelle-Hollande et de l'Amérique méridionale. Les femelles, qui différent des mâles d'une manière surprenante par la forme de leur corps, par la brièveté de leurs antennes , et souvent même par leurs couleurs, ont également été classées dans un genre particulier, désigné par Latreille sous le nom de Myrmécode.

A l'exemple du docteur Klug, nous rapportons aux Thynnes, comme sous-genres, plusieurs divisions établies par divers entomologistes (1) et qui offrent entre elles des différences plus ou moins importantes.

(1) MM. Guérin, Westwood, Scliuckard.

DKS INSECTES. 107

On a décrit seulement deux espèces brésiliennes du genre jEIure {jElurus).

Les Myrmoses se composentd'un petit nombre d'espèces. Le type du genre, la Myrmose à tête noire {M. melanocephala^Fab.; atra, Panz) , se trouve dans une grande partie de l'Europe.

Le genre Mutille est le plus nombreux de toute la famille : on en connaît plusieurs espèces indigènes, et une plus grande quantité d'exotiques, remarquables par leur taille et la vivacité de leurs couleurs. L'une des Mutilles les moins rares dans notre pays , est la Mutille chauve ( M. calva)-^\e mâle est entièrement noir. Chez la femelle le sommet de la tête et le corselet sont roux , et les bords de l'abdomen sont grisâtres.

La Mutille européenne [M. europœa) (pi. 4, fig. 8 et 9) est plus grande que la précédente et presque aussi répandue qu'elle dans toute l'Europe.

Le genre Psammotherme offre des antennes fortement pectinéesdans le mâle; c'est ce qui le distingue particulièrement entre toutes les autres Mutillides. La seule espèce que nous connaissions provient du cap de Bonne-Espérance; mais il paraît que certains musées en renferment quelques autres.

Le genre Aptérogyne est fondé sur un petit nombre d'espèces de la Nouvelle-Hollande.

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