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LES COLÉOPTÈRES

Les Coléoptères ont des mandibules, des mâchoires et deux lèvres , toujours bien distinctes et propres à la mastication; leurs ailes antérieures, auxquelles on applique la dénomination d'élytres à raison de leur conformation , suffisent pour les faire reconnaître au premier abord. Elles sont d'une texture solide, et ne croisent jamais l'une sur l'autre, tandis que les ailes postérieures sont membraneuses et se replient sous ces élytres.

L'ordre des Coléoptères est le plus immense dans toute la série des insectes; au moins parce qu'il a attiré plus spécialement l'attention d'une foule de naturalistes. En effet ces insectes, par l'éclat de leurs couleurs, par la solidité de leurs téguments, parla facilité avec laquelle on peut les conserver dans les collections, ont été recherchés depuis longtemps plus qu'aucun autre ordre; il n'en faut peutêtre pas même excepter l'ordre splendide des Lépidoptères. On serait tenté de croire que des insectes , recueillis avec tant de soin par tout le globe , ont donné matière à des travaux scientifiques plus complets et plus parfaits que ceux qui existent sur les autres ordres , dont peu de personnes ont fait une étude approfondie ; il n'en est pourtant rien.

Aujourd'hui même la classification des Coléoptères est moins fixée que parmi les Orthoptères, Névroptères, etc. La multiplicité de genres créés dans certaines familles forme un contraste singulier avec ce que l'on observe dans des tribus entières, qui ont été extrêmement négligées.

Ici, l'on avait vu des divisions multipliées à l'excès.

irapossiblesà caractériser, tant les modifications signalées dans cette partie de l'animal sont variables et ont peu d'importance dans son économie.

Là , au contraire, plusieurs genres renferment des séries d'espèces assez disparates.

La classification intérieure de cet ordre , la plus suivie surtout en France pendant quarante ans et plus, celle dont les premières divisions reposent sur le nomjore d'articles des tarses, était assez commode, il est vrai , mais tellement en désaccord avec la méthode naturelle, que nous avons cru devoir en présenter une plus en harmonie avec les principes de cette même méthode.

Et, comme nous négligeons de signaler les sous-genres et les simples divisions de genres, nous nous sommes toujours attaché à donner autant que possible la même valeur à nos tribus, familles, groupes et genres , selon leur degré d'importance.

Il ne faut pas douter de voir d'ici à quelques années la classification de l'ordre des Coléoptères fixée au point qu'elle ne sera plus susceptible que d'éprouver des modifications très-légères.

Mais quelques travaux, exécutés avec conscience et sagacité, sont encore nécessaires pour arriver à un tel résultat.

On ne doit point s'étonner que dans cet ordre une foule d'espèces qui encombrent les collections n'aient pas été décrites jusqu'à présent. La quantité seule rend trcs-pénibles et très-longs les ouvrages descriptifs. Les plus grandes collections renferment à peu près vingt-cinq mille espèces parfaitement distinctes. Et comme toutes celles qui existent dans l'une n'existent pas dans l'autre, et réciproquement, nous sommes arrivé à pouvoir démontrer qu'en

réunissant les diverses collections entomologiques de France , d'Angleterre et d'Allemagne, on obtiendrait un chiffre qui s'élèverait à prèsde soixante-dix milleespècesde Coléoptères. Et tous les jours nous voyons arriver de diverses parties du monde de nouvelles richesses que nous ne soupçonnions même pas, et cela non pas seulement parmi les petits insectes , mais également parmi les plus beaux et les plus brillants. Si le globe entier pouvait être soumis aux investigations minutieuses d'un grand nombre de naturalistes , on obtiendrait une quantité incalculable d'espèces.

INous n'essayerons pas de donner un chiffre approximatif d'après les données qui nous sont fournies par les régions européennes , où des recherches assidues ont été faites ; car ce chiffre paraîtrait probablement exagéré , et , selon toute vraisemblance, il serait encore beaucoup audessous de la vérité.

Les Diptères surpassent peut-être en nombre les Coléoptères dans la nature; mais ces insectes étant beaucoup moins recherchés, ils sont numériquement bien inférieurs dans les collections.

Les métamorphoses des Coléoptères sont complètes , commecellesdes Hyménoptères, Une larve ou un petit ver sort de l'œuf pondu par les femelles. Après une existence plus ou moins longue dans ce premier état, une transformation a lieu : l'insecte est alors eu nymphe, dans une immobilité complète. Un certain temps écoulé, l'insecte parfait sort de cette enveloppe de nymphe , qui n'est plus qu'une dépouille plus ou moins déchirée.

On ne retrouve pas sans doute chez les Coléoptères cet instinct admirable, cette lueur d'intelligence bien manifeste qu'on observe chez tant d'Hyménoptères. Cepen-

dant l'existence, la vie, les métamorphoses de ces insectes sont encore bien dignes d'une étude sérieuse.

Parmi ces êtres on n'en trouve point dont les produits soient utilisés par l'homme , comme il en est parmi les Hyménoptères, les Hémiptères et les Lépidoptères.

Quoi qu'il en soit à cet égard, ils nous offrent deux catégories , qui intéressent au plus haut degré une des industries humaines les plus précieuses, l'agriculture.

Les Coléoptères sont ou nuisibles aux produits de la terre, et quelques-uns le sont malheureusement beaucoup ; ou utiles en ce sens qu'ils sont carnassiers et détruisent les espèces nuisibles.

Quand nous disons détruisent, nous entendons seulement des individus ; car nous ne pensons pas qu'il soit permis dans la nature où tout est si bien réglé, qu'une espèce en anéantisse une autre.

Les mœurs des Coléoptères sont cependant très-variées dans l'une et l'autre de ces deux catégories, mais surtout dans la première. Souvent les habitudes des insectes parfaits sont très- différentes de celles des larves ; les substances qui servent à leur nourriture ne sont pas les mêmes. L'entomologiste est presque toujours assuré de trouver diverses espèces particulières quand il rencontre un animal mort et déjà en putréfaction. Beaucoup d'autres habitent les matières excrémentitielles animales, et vivent ainsi de matières végétales plus ou moins animalisées.

On sait que les bouses de vaches en Europe , celles de buffles et de chameaux en Afrique, nourrissent des Coléoptères appartenant à diverses familles et même à diverses tribus.

Quelques Coléoptères attaquent des peaux et en général des animaux morts et desséchés. Nos collections en-

tomologiques ne peuvent être préservées de leur voracité que par des soins permanents pour erapécher l'envahissement de ces espèces dangereuses.

Les larves sont les seuls auteurs des dégâts que nous avons à redouter ici ; car les insectes parfaits fréquentent les fleurs.

Cependant les Coléoptères phytophages sont les plus nombreux. Il en est beaucoup dont les larves vivent dans le bois, ce sont évidemment les plus redoutables, car quelques années sont suffisantes pour entraîner la perte d'arbres naguère vigoureux et pleins de vie. Nous en verrons de tristes exemples dans plusieurs circonstances.

Bien des Coléoptères ont des larves lignivores qui ne vivent que dans les bois employés dans les constructions; ceux-là peuvent être dangereux , car les poutres de no" maisons sont parfois rongées au point de pouvoir se rompre.

Il est encore une foule d'autres insectes du même ordre qui rongent les feuilles et les tiges de diverses plantes tant à l'état de larve qu'à l'état parfait.

Nous divisons cet ordre en vingt-cinq tribus, dont le tableau suivant présente l'énoncé des principaux caractères.

TABLEAU

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