‹ Histoire des insectes, traitant de leurs moeurs et de leurs métamorphoses en général et comprenant une nouvelle classification fondée sur leurs rapports naturels (volume 2)Chapitre 45 sur 114 · DE LA TRIBU DES LIBELLULIENS · texte numérisé non relu

DE LA TRIBU DES LIBELLULIENS

Groupe {. LIBELLULITES. Palpes Jabiaux de deux articles.

Corps assez épais. Genre 1. LIBELLULA. Lin.

Gpe. 2. ÆSCHNITES. Palpes labiaux de trois articles. Corps grêle. Yeux très-gros, peu écartés ou contigus.

Genre {. compuus. Leach. Yeux écartés. Appendices de l’bdomen très-petils, sétacés.

Gre, 2. PErALURA. Leach. Yeux écartés. Appendices de l'abdo-

men très-grands, el foliacés chez les

mâles.

Gre. 3. æscona Fabr. Yeux contigus.

Gpe. 3. AGRIONITES. Palpes labiaux de trois articles. Yeux

petits, très-écartés et comme pédicellés. Corps très-grêle.

Genre 1. cALorrenyx. Leach. Ailes larges à la base, pourvues de nervures basilaires divergentes et de cellules très-petites.

Gre. 2. AGRION. Fabr. Ailes pétiolées à la base, pourvues de nervures basilaires parallèles et de cellules assez grandes.

Les L1BELLULITES forment le premier groupe de la tribu des Libelluliens. Pour nous, il se compose du seul genre Libellule, que l'on n’a pas craint de subdiviser en beaucoup d’autres (1). Il a en effet une étendue très-grande, qui motive la formation de coupes secondaires, mais pas au delà, car leurs caractères sont très-peu saillants. Les Libellules sont répandues dans le monde entier. Nous en regardons comme le type la Libellule déprimée (Libellula depressa, Lin.), très-commune dans toute l'Europe : le mâle, d’un brun roussâtre, avec l'abdomen bleuâtre en dessus, à l'exception du premier et du dernier segment, brunâtres ; la femelle d’un jaune olivâtre, avec les anneaux bordés de jaune latéralement, sauf le premier etle dernier; cet abdomen large et déprimé dans les deux sexes.

Les ÆScHNITES forment un groupe analogue au précédent, reposant principalement sur le genre Æschne, qui esttrès-nombreux en espèces , aussi dispersées que les Libellules. Leurs larves sont plus courtes que celles de ces dernières , leurs palpes sont moins grands et leur languette l'est davantage. On trouve plusieurs Æschnes très-com-

(1) Foyez Rambur, Ensectes Névroptères, Suites à Buffon ; Paris, 1812,

munément dans toute l'Europe; on les distingue facilement des Libellules par leur abdomen cylindrique et en baguette. L’Æschne grande (Æschna grandis, Lin.), la plus grande espèce de notre pays, peut être considérée comme typique; elle a environ sept à huit centimètres de longeur ; elle est jaunâtre, avec des bandes de chaque côté sur le thorax ; ses ailes, diaphanes , ont leur base costale bleuâtre, ainsi que des points latéraux sur les anneaux de l'abdomen, qui manquent surle premier et les deux derniers.

Le genre Pétalure est établi sur des espèces de la Nouvelle-Hollande; il est très- voisin du précédent. Les Gosnphus, qui ressemblent encore beaucoup aux Æschnes, sont en grande partie exotiques; nous avons toutefois quelques espèces européennes. Le type du genre est le Gomphus à pinces (Gomphus forcipatus, Lin.), commun dans les bois pendant le printemps.

Les aAGrRIONITES ont une forme plus élégante, plus svelte que les autres Libelluliens; les couleurs de quelques-uns d’entre eux les surpassent aussi en éclat. Leurs larves sont très-allongées et minces. Le genre Calopteryæ renferme les principaux Agrionites, et c'est à tort qu'on ne lui a pas laissé plutôt qu'à ceux qui en ont été détachés son nom primitif d’Agrion. Le type du genre est bien commun dans toute l'Europe; c’est le Calopteryx vierge (Calopteryæ virgo, Lin.), long de six à sept centimètres : le mâle, d’un bleu verdâtre métallique très-brillant, avec les ailes diaphanes, ayant une large bande transversale d’un bleu verdâtre ; la femelle, d'un vert bronzé, avec les ailes d’un vert métallique ayant une tache marginale d’un jaune blanchâtre.

La plupart des Calopteryx ont les ailes colorées. Les

Agrions proprement dits de quelques auteurs ont des ailes transparentes et une taille en général moins considérable. On en trouve plusieurs espèces très-communément dans tous les endroits marécageux ( Agrion barbara, Fabr.; puella, Rossi. ete.).

SEPTIÈME TRIBU

LES MYRMÉLÉONIENS.

Les Myrméléoniens constituent une tribu beaucoup plus étendue que la précédente, et renferment un nombre de types principaux assez considérable. Ces Névroptères sous plusieurs points de vue, et principalement sous celui de leur structure générale, se rapprochent très-manifestement des Libelluliens, maloré des différences importantes. Ils sont surtout très-différents dans leurs premiers états ; leurs métamorphoses ne se ressemblent guère. Les Myrméléoniens, au moins pour ceux dont les transformations ont été bien observées, sont terrestres à l’état de larve, et carnassiers. Leurs larves sont courtes, élargies, avec une large tête supportant de longues mandibules. Elles vivent d'insectes, dont elles s'emparent de diverses manières. Aumomentde subir leur transformationennympbhe, elles se forment un petit cocon soyeux, auquel sont ajoutéessouvent des matières étrangères. La taille de ces larves paraît très-minime, comparativement à celle des insectes parfaits; et en voyant le cocon pilluliforme d’un Fourmilion ou d'un Hémérobe, on s'étonne d’en voir sortir un si grand insecte.

Les Myrméléoniens ont des représentants dans presque toutes les régions du monde, mais en plus grand nombre dans les parties les plus chaudes.

Nous admettons la division de cette tribu en quatre

familles, dont le tableau suivant présente les diverses coupes.

TABLEAU DES DIVISIONS

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