PAG M A
Genre 1. ArTAGUs. Lin.
(Saturnia, Schr.) Gpe. 3. BOMBYCITES.
Genre 1. MÉGALOSOME.
(Megasoma, Boisd.)
Gre. 2. BOROCERA. Boisd.
Antennes très-pectinées dans les màles, très-peu dans les femelles. Ailes médiocres. Abdomen très-épais dans les femelles.
Antennes fortement pectinées à Ja base, ensuite à rameaux courts. Palpes peu avancés. Ailes sinneuses.
Antennes pectinées également dans toute leur longueur, à rameaux trèspetits. Palpes courts. Aïles coupées obliquement a l'extrémité.
Gre. 3. LAsIocAmPa. Schr. Antennes également pectinées dans
(Gastropacha, Ochs.
Odonestis, Germ ; etc.) Gre. 4. nomByx. Lin.
Gpe. 4. LIPARITES.
Genre 1. onGyia. OChs.
; toute leur longueur. Palpes avancés, comme en forme de bec.
Antennes très-fortement pectinées dans les mâles. Palpes courts. Ailes larges, non dentelées. Corps épais, court,
Antennes fortement pectinées dans les mâles. Ailes un peu infléchies. Abdomen grêle dans les mâles, épais dans les femelles.
Antennes très-fortement pectinées dans les mâles, les rameaux ayant presque la moitié de la longueur.
Gre. 2. ripARIS, Ochs. (Psi-Antennes assez longues, pectinées, à lura, Porthesia, etc., Steph.) rameaux assez courts,
Gpe. 5. ARCTIITES.
Genre 1. AncriA. Schrank
Antennes pectinées dans les mâles, trèsfaiblement ou seulement ciliées dans les femelles. Aïles défléchies. Corps épais.
. Antennes pectinées dans les mâles, sé-
(Chelonia, Latr.; Eyprepia, tacées, ciliées dans les femelles. Palpes
Ochs.; etc.
saillants. Trompe très-rudimentaire.
Gre, 2. TRICHOSOME. Ramb. Antennes pectinées. Trompe très-dis-
DES
Gre. 3. cALoPTERA *. Blanch.
Gre. 4. uazis. Boisd.
Gre. 5. LEPTOSOME. Boisd.
Gre. 6. CALLIMORPHE, Lalr.
Gpe. 6. LITHOSIITES.
Genre 1. eucugLra. Boisd.
(Dejopeia, Steph.) Gre. 2. EmMYDIA. Boisd.
Gre. 3. LImnosiE. ZLatr.
(Gnophria, etc., Steph.) Gre. 4. NAGLIA. Boisd,
Gre. 5. NUDARIA. S{eph.
Gre. 6. BARBICORNIS. Latr.
Fam, 2. PSYCHIDES.
tincte. Ailes rudimentaires chez les femelles.
Antennes pectinées dans les mâles, ciliées dans les femelles. Palpes grands, très-larges, à dernier article court, tronqué. Ailes larges.
Antennes longues, pectinées, à rameaux trèscourts. Palpes saillants, assez longs, grêles.
Antennes longues, grêles, pectinées, à rameaux très-courts. Ailes grandes.
Corps assez grêle.
Autennes longues, grêles , à peine ciliées dans les deux sexes. Ailes grandes. Corps assez grêle et allongé.
Ailes enveloppant le corps pendant le repos ; les postérieures plissées. Corps grêle et allongé.
Antennes simples, sétacées dans les deux sexes. Ailes larges.
Antennes fortement pectinées dans leg, mâles, ciliées dans les femelles. Ailes étroites.
Antennes sétacées, très-gréles. Ailes longues et étroites, surtout les anté rieures.
Antennes sétacées, longues. Ailes antérieures étroites, lancéolées. Les postérieures très-courtes.
Antennes longues, légèrement ciliées dans les mâles. Ailes larges, arrondies. Corps très-grèle.
Antennes sétacées et plumeuses. Ailes antérieures assez longues, les postérieures terminées par une queue en forme de spatule.
Antennes pectinées ou plumeuses.
Trompefrès-rudimentaire. Ailes dépéchies, ayant peu d’écailles. Corps grêle, très-velu. Palpes aciculés.
Genre 1. »sycné. Schrank. Antennes courtes, peclinées ou plumeuses dans les mâles, Corps court.
Ailes assez larges.
Gre. 2. oEcÉTIQUE. Guild. Antennes pectinées, à rameaux longs dans leur moitié antérieure, beaueoup plus courts ensuite, jusqu’à l’extréwité. Corps long. Ailes assez étroites.
Fam. 3 PLATYPTÉRYCI- Antennes faiblement pectinées dans
DES. les mâles. Palpes très-petits. Trompe très-rudimentaire. Ailes infléchies.
Groupe 1. PLATYPTÉRYCI- Corps très-grêle. Ailes larges, souvent
TES. falquées.
Genref.pLarypreRyx. Lasp. Ailes antérieures ayant leur sommet prolongé un peu en forme de faux.
Gre. 2. cruix. Leach. Ailes antérieures arrondies.
Gpe. 2. LIMACODITES, Corps médiocrement épais. Ailes arrondies, peu larges.
Genre 1. LimAcoDEs. Zafr. Antennes longues et épaisses dans les mâles, filiformes et ciliées dans les femelles.
Far. 4. HÉPIALIDES. Antennes courtes, faiblement pectinées. Trompetrès-rudimentaire. Abdomenlong ,avecl'oviductesouvent saillant chez les femelles.
Genre {. mériaue. Fab. Antennes très-courtes, moniliformes où faiblement dentelées, Abdomen long, cylindrique.
Gre. 2. sIYGIA. Drap. Antennes pectinées, à double rang dans les deux sexes.
Gre. 3. 2EUZÈRE, Latr. Antennes pectinées à la base, et sétiformes dans le reste de leur longueur.
Gre. 4. cossus. Zatr. Antennes faiblement pectinées dans
toute leur longueur chez les mâles, dentées chez les femelles.
Fam. 5. NOTODONTIDES. Antennes fortement pectinées dans les mâles. Trompe courte, mais plus développée que dans les familles précédentes. Ailes en toit aplati.
Groupe 1. NOTODONTITES. Ailes longues, étroites. Corps robuste.
Gre. 1. picRANURA. Latr. Antennes un peu contournées, pecti-
(Cerura, Schr.) nées dans les deux sexes. Aïles sans prolongement au bord interne.
Gre. 2. HARPyIA. OChS. Antennes pectinées dansles mâles, avec leur extrémité simple et sétacée.
Gre. 3. urOPE. Boisd. Antennes pectinées, avec leur extré-
mité entièrement nue.
Gre, 4. AsrÉROCOPE. Boisd. Antennes longues, pectinées dans les mâles, crénelées dans les femelles.
Ailes allongées.
Gre. 5. PriLoponTis. S{eph. Antennes un peu pectinées. Palpes droits, horizontaux, très-écailleux, et fort longs.
Ure. 6. Norononre. Ochs. Antennes un peu pectinées dans les mâles et dentées dans les femelles. Palpes courts. Ailes antérieures pourvues à leur bord intérieur d’un petit prolongement en forme de lobe.
Gre. 7. cLUPHISIA. Boisd. Antennes fortement pectinées dans les mâles. Ailes larges, assez courtes, sans prolongement.
Gpe. 2. PYGÆRITES. Ailes médiocrement allongées, assez larges. Corps peu épais.
Gre. {. DiLopa. Boisd. Antennes longues, grêles, pectinées
dans les mâles et dentées dans les femelles. Aïles assez larges, arrondies, Gre. 2. PYGxnA, Ochs. Antennes assez fortement pectinées. Ailes assez longues. Abdomen cylindrique.
Gre. 3. cuosruna S/eph. Antennes assez fortement pectinées. Ailes courtes. Abdomen grêle, terminé
dans les mâles par une brosse de poils.
al.
La famille des sBomByc1pEs peut être séparée en plusieurs groupes.
Celui des eNpromITES formera le premier. C’est ici que vient se vanger le Papillon du Ver à soie ; on en a formé le genre Séricaire (Sericaria), dont le nom rappelle la nature du produit.
Le type, bien connu de tout le monde, est le Papillon du Ver à soie (Sericaria mori, Lin.) pl. 17, fig. 2), dont les ailes, ayant à peu près trente millimètres d'envergeure, sont d’un blane sale, tirant tant soit peu sur le jaunâtre, ornées d’un croissant et de deux bandes transversales brunâtres.
La chenille (pl. 17, fig. 3) de cette espèce, ou le Ver à soie proprement dit, rappelle considérablement, par sa forme, les chenilles des Sphingiens : comme ces dernières, elle est épaisse, avec la tête petite, le premier anneau du corps très-renflé , et l’avant-dernier muni d'un tubercule analogue à la corne anale des larves de Sphingiens.
La nourriture du Ver à soie, personne ne l'ignore, est le mürier; les diverses espèces de mürier paraissent lui convenir également. Depuis des siècles, cet insecte a été importé dans le midi de l’Europe, où on l'élève en captivité. La Chine est la patrie de ce précieux insecte, et il ne paraît pas probable qu’on le trouve dans aucune autre partie de l'Asie.
La femelle-du Séricaire du mürier pond ses œufs vers le milieu de l'été. Ceux-ci sont d’abord blancs, ou jaunàtres, mais bientôt ils passent au gris ou au brun, même au noirâtre; et ils restent ainsi sans aucun changement manifeste à l’extérieur jusqu’au printemps de l’année suivante. C’est à cette époque seulement que les jeunes viennent à éclore. D'abord, ils sontentièrementnoirs et hérisses de poils. Trois ou quatre jours après leur naissance, ils
subissent un premier changement de peau, et leur couleur commence à s'éclaireir ; quelques jours plus tard une seconde mue a lieu, l'animal est alors presque entièrement blanchâtre ; cependant il se dépouille encore trois fois de son ancienne peau, avant d’avoir acquis tout son développement. Après la dernière mue, le Ver à soie mange considérablement, pendant quelques jours; mais bientôt on le voit devenir plus lent; son volume diminue un peu, et alors il commence à filer son cocon. Des soies sont alors jetées çà et là dans l'endroit que le ver vient de choisir pour s’y fixer; ces premiers fils lui servent de supports, car il ne tarde pas à s’envelopper en décrivant des tours qui donnent au cocon une forme ovale (pl. 17, fig. 4). D'abord les fils étant peu serrés, on aperçoit encore la chenille travaillant, jusqu'à ce que la quantité de soie superposée devienne assez compacte pour la cacher. Le Ver à soie, ayant entièrement confectionné sa retraite; comme toutes les autres chenilles, se raccourcit, se renfle davantage par le milieu du corps, etseulement après quelques jours se transforme en chrysalide. Une quinzaine de jours plus tard l'insecte parfait éclot; il perce son cocon d’un trou circulaire , et se traîne au dehors en agitant ses ailes. De même que dans le plus grand nombre des insectes , l’éclosion des mâles précède un peu celle des femelles. Celles-ei s'accouplent'presqu’en naissant ; l’accouplement en général ne dure pas moins d'une journée. Les œufs sont tout aussitôt déposés par plaques, et les Papillons périssent bientôt après.
La duréede l'existence des Vers à soie à l’état de chenille varie très-notablement, selon le degré de la température. Lorsqu'on les élève à l'air libre dans nos climats du Nord et du centre de la France, elle est environ de six semai-
nes, quelquefois un peu moins, quelquefois un peu plus, selon le degré de la température.
Les éducateurs trouvent un grand avantage à faire des éducations dans le moins de temps possible, et à obtenir que les changements de peau aient lieu tous en même temps. Il est facile de se rendre compte de cet avantage : plus l'éducation est rapide, moins il y a de nourriture perdue; et en ayant une grande régularité dans les mues, comme les Vers restent inactifs et souffrants à cette époque, on se dispense de leur donner des feuilles le jour où s'effectue cette opération. L'impossibilité qui existe dans notre pays d’avoir une chaleur assez grande et assez soutenue pendant plus d’un mois, surtout au printemps, gagé depuis longtemps les éducateurs à élever les Vers dans des pièces chauffées toujours également ; ce qui permet d’obtenir cette grande régularité dont nous venons de signaler les principaux avantages.
Les endroîits où se font ces éducations sont désignés sous le nom de Magnaneries, du nom de Magnas, appliqué aux Vers dans le midi de la France.
On a fait une foule d’essais pour améliorer l’espèce, et en même temps améliorer la qualité de la soie et la quantité de la soie s’il était possible.
On a nourri les uns avec du mürier blanc, d’autres avec du mürier noir, d’autres avec du mürier multicaule. Diverses personnes ont préconisé tantôt l’un, tantôt l’autre; mais les différences observées dans le produit des Vers nourris avee une espèce de mürier plutôt qu'avec une autre, n'ont paru ni bien manifestes ni bien importantes. Dans quelques expériences que nous avons faites récemment, comme nos observations nous avaient prouvé que les chenilles buvaient, aspiraient. les goutelettes d’eau,
sur les feuilles, nous avons tenté d’asperger les feuilles de mürier destinées à nourrir des Vers à soie. Ce procédé, bien connu des entomologistes élevant des chenilles, nous a réussi également pour les Vers à soie; ils sont devenus notablement plus gros que ceux provenant de la même ponte et élevés dans une magnanerie selon les procédés ordinaires. Leurs cocons ont été sensiblement plus gros, sans que la soie ait rien perdu de sa qualité. se
Nous engageons donc les personnes qui se livrent à l’éducation du Vers à soie, de tenter l’arrosement des feuilles; ce moyen, éprouvé par M. Robinet, bien connu par ses importants travaux sur l'industrie séricole, nous at-il dit, lui a également réussi.
Nous ne pouvons pas entrer ici dans les détails relatifs au dévidage, et en général au travail de la soie; on sait que le cocon est formé d’un fil continu, et qu’il est néces- saire pour filer la soie d’avoir le cocon intact. Ainsi toutes les chrysalides sont tuées pour que les Papillons, en venant à éclore, ne percent point leur cocon. On les met dans une bassine chauffée à une forte température ; cette opération est désignée sous le nom d’étouffage.
Les éducateurs ne conservent qu'un petit nombre de cocons, pour en obtenir des Papillons, etensuite des œufs, que l’on connaît dans le commerce sous la dénomination de graine.
Chaeun sait qu'il existe des différences très-notables dans la couleur et la qualité de la soie; il y a une série de variétés constantes produisant toujours chacune une soie particulière. Comme les papillons de ces diverses variétés produisent entre eux indifféremment, les éducateurs ont multiplié les modifications; modifications qui ne sont réellement appréciables que dans le produit, car en général
on n’observe aucune différence sensible nientre les chenilles, ni entre les Papillons. Néanmoins nous sommes porté à croire, vu la constance des variétés, qu’il existe originairement deux ou trois espèces très-voisines pouvant donner entre elles des produits féconds.
L'usage de la soie est connu en Europe depuis une assez haute antiquité, mais tout ce qui se rattache à l’insecte donnant ce produit est enveloppé de la plus grande obscurité dans les anciens auteurs, et presque tout tend à prouver que la soie de divers autres Bombycides a été en usage à ces époques reculées. Pline nous parle de l'ile de Cos comme étant Ja patrie de la soie. Commeil ne décrit pas suffisamment la chenille produisant cette soie, on ne saurait la rapporter avec certitude à aucune de nos espèces actuellement connues ; seulement, il est probable qu'elle ne provenait pas denotre Séricaire du mürier. D'ailleurs , cette île de Cos, sans doute l’une desfles de l'archipel grec, ne nourrit pas d'espèce de ce genre, et Pline nous dépeint son insecte comme vivant dans cette île à l'état sauvage.
Quant au fameux pays des Sères dont on a tiré la soie, comme le nom paraît l'indiquer, toute incertitude règne également à cet égard. L'époque exacte de l'importation de notre Ver à soie en Europe et la manière dont il y fut importé sont remplies d'incertitude,
IL est très-probable aussi que les anciens, qui avaient pénétré dans l’Inde, en ont rapporté cette soie encore employée aujourd'hui dans cette partie de l'Asie, et qui est produite par des espèces du genre Attacus.
L'usage de la soie ne se répandit en Europe que trèslentement. Elle conserva pendant plusieurs siècles une valeur immense. On rapporte que l’empereur Vespasien refusa à l’impératrice sa femme une robe de cette étoffe,
disant : Donnerais-je tant d’or pour un peu de soie ? Ce produit gagna d'abord le midi de l'Europe, où le mürier s'acclimata aisément ; l'Italie depuis longtemps est en possession de ce précieux insecte. Et vers le douzième siècle cette industrie a pris une extension considérable. Peu à peu elle a gagné le midi de la France par l'est; elle est venue se fixer à Lyon, où depuis une longue série d'années elle fait vivre une population tout entière. La soie, à cause de son prix élevé, fut pendant plusieurs siècles le partage des hautes classes de la société ; son extension considérable la popularisa de plus en plus.
Aujourd'hui l’on a réussi à faire des éducations aux environs de Paris et dans le nord de la France; et nul doute que d’ici à peu d'années nous ne voyions cette industrie prendre un grand développement dans cette partie de la France où le mürier résiste encore assez bien à la froide température de nos hivers.
Le Ver à soie est quelquefois atteint d’une maladie résultant du développement d’un cryptogame appartenant au genre bothrytis. Cette maladie a été l'objet d'observations intéressantes (1).
Le genre Endromis est représenté par une seule espèce ; c'estl'Endromis versicolore (£ndromis versicolora, Lin.), assez rare dans notrepays ; sa chenille, dont l'aspect se rapproche de celui du Ver à soie, se trouve sur plusieurs arbres de haute futaie.
Le type du genre Aglia (A. éau, Lin.) est rare en France ; on le trouve dans les bois de hètres et de charmes:
Le groupe des arrAcITES comprend le seul genre Atta-
(1) Foy. Audouin, Annal. des Sciences Naturelles, 1837.
cus, dans lequel viennent se ranger une nombreuse série d'espèces.
Letype de ce genre, le grand Paon de nuit ( Affacus Pavonia major, Lin.), est commun dansune grandepartie de l'Europe. Ce beau Papillon, dont les ailes antérieures, ayant environ douze centimètres d’envergeure, sont d’un gris nébuleux, avec l'extrémité noire, terminée parune bordured’un gris blanchâtreet leur centreornéd'uncerelenoir, renferme une tache oculaire dont la prunelle, presque transparente, est en forme de croissant et l'iris d’un fauve obseur cerclé de blanc.
La chenille de ce Lépidoptère, d'un beau vert et garnie de tubercules piligères d’un bleu tendre, se trouve en abondance sur les ormes de nos routes vers le mois d’août.
Elle file un cocon formé d’une soie dure et couverte d’une matière visqueuse. Ce cocon est oblong, aminci en avant, avec l'ouverture garnie de soies, croisées, pour empêcher les ennemis de pénétrer dans cette retraite : car le cocon du grand Paon n'est pas fermé de toutes parts, comme celui du Séricaire du mürier. On a essayé d'enlever la matière agglutinante qui fait adhérer entre eux les fils du cocon ; on y a réussi, et même l’on a réussi à filer cette soie. Seulement, comme elle est beaucoup plus grossière et peut-être plus difficile à obtenir que la soie ordinaire, l’industrie ne s’est pas occupée de ce produit.
On trouve encore dans notre pays le petit Paon de nuit (A. Pavonia minor, Lin.).
A la Nouvelle-Orléans, ilexisteune espèce du même genre et de la taille de notre grand Paon (4. cecropia, Lin.), dont la chenille forme un cocon brunâtre dont la soie est assez belle. Dans uneéducation faite au Muséum d'Histoire
Naturelle de Paris , il y a quelques années, on a parfaite— ment réussi à élever cette espèce. La chenille, d’un vert bleuâtre tendre, ornée detubereules d’abord rouges, ensuite jaunes, se nourrit volontiers des feuilles du chêne, du prunier, du saule, etc. ; son cocon a pu être filé sans difficulté. Ce Lépidoptère, étant extrêmement commun à la Nouvelle- Orléans, peut devenir très-utile à ce pays, car nous ne savons pas exactement quel parti l’on en tire actuellement. La qualité de la soie étant inférieure à la nôtre, il n’y aurait probablement aucun avantage à introduire cette espèce en France. Au Bengale, on rencontre une espèce d'Attacus en très-grande abondance ( À. Mylitla, Cram.), dont la soie, d’une couleur gris-jaunâtre, est employée dans cette partie du monde.
La chenille de cette espèce vit sur le jujubier ; elle forme un cocon ovalaire d’un tissu très-serré, qu’elle suspend aux branches par un pédiculedont l'extrémité antérieure forme un anneau qui entoure une branche (1).
Le groupe des BomBycITEs renferme peu de genres ; celui de Bombyx est le principal; on y rattache beaucoup d'espèces indigènes et exotiques. Le type du genre connu sous le nom vulgaire de Minime à bandes ( B. quercus, Lin.), est commun dans la plus grande partie de l’Europe. Sa chenille, couverte de longs poils gris, vit sur le chêne. On rapporte à ce genre le Papillon de la chenille processionnaire ( B. processionea, Lin.), dont les ailes sont d’un gris cendré et traversées par trois bandes plus obscures (pl. 18, fig. 1).
Les chenilles de cette espèce (pl. 18, fig. 2) viventen sociétés nombreuses ;elles se forment degrandes toilessur des ones de chêne , et se tiennent toutes rapprochées les unes
(1) Foy. Blanchard, Voyage de Jacquemont, Znsectes, pag. 24 et 256, pl. 8.
des autres. Quand l'une d’elles se déplace, et se met en mar che, toutes les autres la suivent successivement ; c'est ce qui leur a valu cenom de Processionnaires qu'on leur applique si généralement.
Ces chenilles, souvent en quantité considérable sur certains arbres, leur sont fort nuisibles; mais beaucoup d’entre elles sont dévorées par des insectes carnassiers , entreautres par les larves de Calosomes, qui en font parfois un grand carnage.
Les chenilles Processionnaires sont hérissées de poils tombant avec la plus grande facilité lorsqu'on les touche; ces poils pénètrent dans la peau, et occasionnent pendant longtemps une vive démangeaison. Avant de se métamorphoser en chrysalide, chaque chenille perd ses poils et les répand au milieu des fils de svie dont elle forme son cocon. Les larves du Bombyx Processionnaire filent d’abord en
- commun une enveloppe générale qui les abrite toutes; ensuite, chaque individu se forme un cocon particulier. Nous possédons dans nos Musées des nids d'espèces exotiques voisines de celle de notre pays, dont le nid en général et le tissu en particulier ont une plus grande perfection. On trouve très-abondamment en Europe le Bombyx Livrée (Bombyx Neustria, Lin.)}, dont le nom vulgaire fait allusion aux couleurs de la chenille, sur laquelle on remarque des lignes longitudinales bleues et rougeâtres. Les œufs de cette espèce, réunis au moyen d’une matière agglutinante, sont déposés par la femelle autour des tiges, en manière d'anneaux. Les chenilles, venant à éclore, vivent rapprochées les unes des autres, et sans construire de nid analogue à celui des Processionnaires, se tenant en quelque sorte par troupeaux. Elles se filent un cocon mince d'une couleur jaune-soufre, pour subir leur transformation.
Les Lasiocampes sont connus sous la dénomination de leuilles mortes, à cause des ailes de plusieurs d’entre eux, et principalement de celles du type du genre, le Lasiocampe Feuille morte (Lasiocampa quercifolia, Lin.), dont les ailes dentelées, d’un brun ferrugineux, semblent mériter ce nom.
La chenille, grise, velue, avec un double collier bleu, se trouve fréquemment sur les arbres fruitiers.
Les Borocères sont exotiques , et le genre Mégalosome, est fondé sur un insecte d’Espagne (M. repandum, Feisth. ).
Le groupe des LIPARITES est composé des genres Orgyia et Liparis.
Le premier renferme plusieurs espèces, dont les femelles n’ont que des rudiments d’ailes ne leur permettant pas de changer de place; tel est , entre autres, le type que Geoffroy appelle 'Étoilée (Orgyia antiqua, Lin. ).
Les chenilles des Orgyies présentent des fascicules de poils; les uns , plus courts, formant des brosses dorsales ; les autres, plus longs, ressemblant à des antennes et à une queue (pl. 17, fig. 5).
Les Liparis, au moins quelques-unes de leurs espèces, sont des plus communes; l’une (ZL. chrysorrhea, Lin. ); dont les ailes, d’un blanc de neige, avec l'extrémité de l'abdomen brune et garnie de poils d'un fauve ferrugineux, a reçu le nom vulgaire de Bombyx Cul-Brun , est très-nuisible. Sa chenille, noirâtre, velue, tachetée de rouge, vit par masses sur des arbres fruitiers , les ormes, ete., et détruit promptement les feuilles et les bourgeons de .ces arbres. Les œufs sont pondus à la fin de l’été; les petites chenilles, qui éclosent presque aussitôt, se filent une toile commune. Elles passent ainsi l'hiver en sociétés, et
se séparent seulement au printemps, quand les feuilles commencent à pousser. C’est principalement pour cette espèce que la loi sur l’échenillage a été établie; il est facile, au reste, de détruire ses nids pendant l'hiver.
Plusieurs autres espèces du même genre, telles que l’Apparent de Geoffroy (L. salicis, Lin.), le Zigzag du même auteur (Z. dispar, Lin.), sont malheureusement fort répandues. Le Zigzag à ventre rouge (ZL. monacha, Lin.) l'est aussi beaucoup dans certaines localités (1).
Le groupe des ARGTIITES esten général composé d’espèces parées de belles couleurs vives et variées. Les Arctiites volent en plein jour, par l’ardeur du soleil.
Les Arcties proprement dites sont très-connues sous le nom d’'Écailles. Leurs chenilles sont hérissées de poils, et se contournent en boule comme des hérissons, lorsqu'on les inquiète.
L'Écaille marte ( Arc. caja, Lin.) est la plus commune du genre. Nous avons représenté (pl. 17, fig. 6 ) une espèce nouvelle de Port-Natal (Caloptera formosa, Blanch. ).
Les Trichosomes se font remarquer par les ailes des femelles, courtes et comme avortées (T. parasitum, Esp.; corsicum ; bæticum , Ramb.)
Les Callimorphes, plus élégantes que les Arcties, sont ornées de couleurs non moins vives.
La Callimorpha Hera, très-commune dans notre pays, à ses ailes antérieures d’un vert foncé, avec des lignes d’un blanc jaunâtre, et ses ailes postérieures d’un beau rouge, avec trois taches noires.
Les Leptosomes et Hazis sont tous exotiques.
Les LiITHOsIITES sont, en général, d’une taille assez petite, avec des ailes d’une texture fort délicate.
(1) Voy. Ratzeburg, Die Forst-Insecten, t. 2, 1840.
Le type du genre Euchelia (E. jacobeæ , Lin.), appelé le Carmin, est fort commun. Sa chenille vit sur le senecon (senecio jacobea). Les Émydies, les Lithosies, les Naelies et Nudaries ont beaucoup de représentants en Europe.
Les Psycatres constituent un groupe très-limité. Ces Lépidoptères sont remarquables par les habitudes de leurs larves : ces chenilles, au sortir de l'œuf, se construisent un fourreau avec de petits morceaux de feuilles ou des fragments de bois. Elles le traînent constamment avec elles; elles subissent leur métamorphose dans son intérieur, après en avoir fermé l’entrée.
Les femelles sont privées d’ailes et presque vermiformes ; elles viventets’accouplentsans quitter leur fourreau
Les Psychées proprement dites sont de très-petite taille. La Psychée du gramen (Psyche graminella, Hubn.) est la plus grande espèce de notre pays et aussi la plus commune (pl. 17, fig. 7).
Les OEcétiques sont de l'Amérique méridionale.
Le groupe despcaryprÉRicITES est encore plus restreint que le précédent. Ceux-ci ont un corps grêle, avec des ailes assez grandes, qui semblent les rapprocher des Phaléniens, tandis que sous certains rapports ils ressemblent aux Bombyciens. Leurs chenilles forment leur cocon dans une feuille roulée.
Le groupe des LrmAcoprres est représenté par le seul genre Limacodes. Les chenilles de ces Lépidoptères vivent aux racines des plantes; elles n'ont pas de pattes distinctes, et ressemblent à des limaces.
Les méprazttes terminent la famille des Bombycides. Les chenilles de ceux-ci demeurent cachées, soit dans les racines, soit dans les troncs d'arbres.
Les Hépiales ont des chenilles allongées, vivant dans
les racines. On connaît un certain nombre d'espèces de ce genre, dont le type est l’Hépiale du houblon (Hepialus humuli, Lin.).
Le genre Stygia ne renferme qu’une seule espèce, de la France méridionale (S. australis, Latr.). LegenreZeuzera, dont les espèces sont dispersées dans des régions du monde très-éloignées les unes des autres, a pour type une espèce appelée vulgairement /a Coquette (Zeuzera æsculi, Lin.), dontlesailes, blanches, sont ornées d’une multitude de gros points , d’un bleu noirâtre.
Le type du genre Cossus (C. Zigniperda, Lin.), dont lesailes,grisâtres, sont plus ou moinsnébuleuses, est assez commun sur divers points de l’Europe; sa chenille (pl. 17, fig. 8), d'un rouge sanguin en dessus, et jaunâtre en dessous, vit dans l’intérieur des troncs d'ormes, de chênes, de saules et de peupliers, Les longues galeries qu’elle creuse entraînent souvent la perte de ces arbres.
La seconde famille de la tribu des Bombyciens, celle des NoroponTiIpEs, est très-peu considérable ; on la divise en deux groupes : les noroponrires et les PYGÉRITES. Les premiers sont les plus nombreux.
Les Dicranures ont des chenilles glabres, pourvues sur leur dernier segment de deux tentacules rétractiles, qui ont valu au type du genre (D. vinula, Lin.) la dénomination vulgaire de Queue fourchue. Les Notodontes ont leurs ailes antérieures ordinairement pourvues à leur bord postérieur d’un petit prolongement. Leurs chenilles sont glabres, souvent munies de quelques nodosités.
Les autres genres de ce groupe sont représentés par un très-petit nombre d’espèces.
Les PYGÉRITES ne renferment que trois genres principaux. ‘
Le genre Diloba a pour type une espèce (D. cœruleocephala, Lin.) commune sur l’aubépine. Les Pygères et Clostères ont des chenilles velues, vivant sur différents
arbres.