‹ Histoire des insectes, traitant de leurs moeurs et de leurs métamorphoses en général et comprenant une nouvelle classification fondée sur leurs rapports naturels (volume 2)Chapitre 68 sur 114 · LES URANIENS · texte numérisé non relu

LES URANIENS

Nous avons peu de choses à dire sur cette tribu; elle est composée actuellement d’un seul genre, le genre Uranie, dont nous ne connaissons assez parfaitement que le type du genre : c’estun Lépidoptère propre à l’île de Madagasear, quisurpasse en éclat tous les insectes du même ordre. L'Uranie riphée (Urania riphœus, Cram.) a les ailes noires ; les antérieures offrent une multitude de pe-

tites lignes d’un vert doré, et près de la côte une large bande bifide, se prolongeant, ainsi qu'une bande terminale verte, sur les secondes ailes ; celles-ci présentant plusieurs dentelures, dont une plus grande en forme de queue, toutes bordées de cils blancs. Les bandes vertes se perdent dans un espace d’un pourpre doré, relevé encore par quatre ou cinq taches noires.

Les Uranies ressemblent beaucoup à certains Papilioniens, et d’une manière beaucoup plus frappante encore avec les Cydimoniens, dont elles ont complétement l’aspect général. Leur bouche et leurs antennes ont surtout une autre configuration.

Dans leurs premiers états, ces insectes diffèrent aussi de ces derniers, et leurs métamorphoses les en éloignent encore. Les Uranies, sous ce point de vue, se rapprochent beaucoup des Phaléniens, avec lesquels elles ont encore d’autres traits de ressemblance.

La chenille de l’Uranie riphée est épineuse et munie de deux tentacules rétractiles sur le premier anneau; elle vit sur le manguier (Mangifera indica); elle se trans— forme en chrysalide en s’attachant par l'extrémité postérieure.

TREIZIEME TRIBU

LES PHALENIENS.

Ceux-ci se distinguent, dès le premier abord, des Noctuéliens, avec lesquels ils ont de grands rapports par leur corps grêle avec des ailes larges et d'une consistance ordinairement très-délicate. Leurs ailes sont horizontales pendant le repos, très-rarement redressées. Leur trompe est membraneuse et rudimentaire. Les antennes, chez les

mâles au moins, sont généralement pectinées ou crénelées.

Les chenilles de ces Lépidoptères ont une démarche singulière; leur corps est long, mince, cylindrique, pourvu seulement de quatre ou six pattes membraneuses, Quand elles veulent avancer, fixant d’abord les pattes écailleuses , elles rapprochent ensuite les pattes posté rieures, en formant de leur corps une sorte de boucle ; elles détachent alors les pattes antérieures pour les porter en avant, et rapprochent de nouveau les postérieures. Cette singulière manœuvre a valu à ces chenilles les noms de Géomètres et d’Arpenteuses ; eten effet elles paraissent en quelques sorte arpenter le sol sur lequel elles marchent. Pendant le repos, ces chenilles demeurent ordinairement fixées par leurs pattes postérieures : leur corps entier se trouve ainsi suspendu, dirigé en ligne droite, et complétement immobile. Pendant des heures entières on les voit ainsi, comme des morceaux de bois, dont leur eouleur et les inégalités de leur peau leur donnent tout à fait l'aspect. Les muscles, chez ces larves, pour les maintepir dans une telle position durant si longtemps ont une puissance qu’on ne retrouve pas chez d'autres animaux. Les Phaléniens sont nombreux en espèces : on en a décrit une quantité d'européens fort considérable; mais jusqu'ici les espèces exotiques n’ont pas été récoltées ou l'ont eté si peu, que nous n'avons encore aucune idée arrêtée sur les représentants de cette tribu, tant en Amérique qu’en Afrique et en Asie.

Les faibles caractères existant entre tous les genres de Phaléniens ne nous permettent pas de les répartir en plusieurs groupes.

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