‹ Histoire des insectes, traitant de leurs moeurs et de leurs métamorphoses en général et comprenant une nouvelle classification fondée sur leurs rapports naturels (volume 2)Chapitre 9 sur 114 · TH · texte numérisé non relu

TH

Genre 1. SriGMODERA. Zsc4. Prosternum plan. Menton presque aussi long que large. Tarses à articles un peu cordiformes.

Gre. 2. coxocnara. Eschs. Prosternum muni d’un long tubercules. Menton grand. Tarses élargis.

Gre. 3. BUPRESTIS. Lin. Prosternum plan. Menton court, tiès- (Chrysodema, Gory, etc.) large Tarses élargis.

Gre. 4. cAPNoDIs. Eschs. Prosternum plan. Menton court. Tarses très longs, avec les quatre premiers articles prolongés de chaque côté, le dernier très-large et aplati.

Gpe.6. CHRYSOCHROITES.Crochets simples. Écusson caché.

Genre 1. carysocHhoa. So/. Corps long, un peu déprimé. Antennes fortement en dents de scie, à par-

» ir du troisième article.

Gre 2. ACMÆODERA. Eschs. Corps convexe, Mésosternum non prolongé. Tarses grèles. Antennes un peu en dents de scie à partir du cin.

quième article.

Gre. 3. suLonts Eschs. Corps très-convexe. Mésosternum non prolongé. Tarses dilatés.

Gre. 4. STERNOCERA. Æschs. Corpstrès-convexe, Mésosternum pro-

d longé en pointe.

La famille des ÉLaTERIDES a un caractère bien pariieulier, qui est d’avoir le prosternum prolongé en arrière en une pointe comprimée, pouvant pénétrer dans une fossette située à la base du mésosternum, entre la base des pattes intermédiaires. (PI. 9, fig. 14.) L'animal fait en— trer à volonté cette pointe dans cette cavité du mésosternum, et la fait ressortir au moyen d'un effort brusque qui détermine la projection du corps en l'air. C’est cette particularité qui a valu aux Élatérides les noms de Taupins, Maréchals, ete. Ces Coléoptères ont des pattes assez courtes et un corps généralement allongé, conformation

qui permet difficilement à l’insecte de se redresser lorsqu'iltombe sur le,dos. C'est done au moyen de sauts qu'il parvient à se remettre sur Ses pattes ; et quelquefois il est obligé d'en exécuter plusieurs avant d'y réussir.

Les Élatérides sont répandus dans le monde entier ; mais c’est surtout l'Amérique méridionale qui fournit les plus grandes et les plus belles espèces. Ils se tiennent sur les plantes , les fleurs , les herbes ; à l'approche du danger, ils contrefont le mort et se laissent choir.

Leurs larves sont allongées, cylindriques et ressemblent beaucoup à celles des Ténébrionides et des Hélopiides ; elles vivent de matières végétales, et se tiennent, soit sous les écorces des plantes, soit aux racines.

Nous âdmettons deux groupes dans cette famille : ce sont les rÉTRALOBITES et les ÉLATÉRITES.

Les premiers sont les moins nombreux, et exotiques pour la plupart.

Les Tétralobes sont les plus grands Élatérides connus ; ils atteignent une longueur de six à sept centimètres : en les rencontre aux Indes orientales et en Afrique.

Les Sémiotes (Semiotus) sont tous américains, et offrent des couleurs noires et jaunes très-vives.

Les Monocrépidies, Dicrépidies, Hypodesis, etc. sont en général propres au même pays.

Le genre Dima a pour type une espèce de Hongrie (D. elateroides, Ziegl.).

Les Synaptes se trouvent en Europe. Le Synapte filiforme (Synaptus filiformis, Fabr.) n'est pas très-rare dans nos environs,

Les éLarÉéRITES sont divisés en un plus grand nombre de genres. I1 y a peu d'années ils étaient encore désignés tous sous la simple dénomination générique d'Élater; mais

depuis, plusieurs entomologistes ont établi des genres sans prendre en considération ceux qui étaient formés par d’autres à la même époque ou peu après ; en sorte que c’est un groupe qui jusqu'ici a été très-embrouillé sous le rapport de ses divisions. C'est ce qui est d'autant moins surprenant, que tous les Élatérides, conformés sur un plan très-analogue, offrent très-peu de caractères tranchés pour donner matière à nombre de coupes assez considérables.

Les Cratonyches sont de moyenne dimension, dispersés dans le monde entier, Le C, obscur (Cratonychus obscurus, Fabr.), qu’on peut considérer comme le type du genre, se trouve en France, en Angleterre; etc.

Les Agrypnus et Lacons sont propres à l’ancien continent,

Les Pyrophores sont de grands Élatérites d'Amérique qui répandent une lueur phosphorescente.

Ils offrent à la base de leur corselet deux petites taches lisses et brillantes , d’où brille la lumière pendant la nuit ; on l’observe encoreentre les élytres, à l'extrémité du mésothorax. Selon M. Lacordaire, qui a vules Pyrophores à la Guyane et au Brésil, ils ne se montrent que vers le soir, et leur vol est rapide, Leur lumière est en effet assez vive, dit-il, pour permettre de lire dans l’obseurité la plus profonde; mais pour cela il faut promener l’insecte de ligne en ligne; les indigènes les nomment Cucuyos ou Coyouyou.Onrapporte qu’un individu amené vivant à Paris, probablement dans quelque morceau de bois, causaune grande frayeur aux habitants du faubourg Saint-Antoine, lorsqu'ils le virent voler le soir. La plus grande espèce est le P. flamme de nuit (Pyrophorus noctilucus, Lin.), qui est très-commun à la Guyane.

Les Alaus ont une forme parallèle et présentent or-

dinairement deux taches ocellées sur leur corselet ; ils sont exotiques, de même que les Hémirhipus: on en trouve une très-belle dans la Russie méridionale (A. Pareyssii, Stev.).

Les Iphis et Ctenicères sont de Madagascar ; les Campsosternes:, d'éclatants Élatérites des Indes orientales. Les Chalcolepidies sont de grands insectes américains (C. striatus, Fabr.).

Les Corymbites ont des antennes flabellées, très-élégantes : plusieurs espèces sont européennes.

Le C. ensanglanté (C.æmatodes , Fabr.), long de dix millimètres, noir, avec le corselet pubescent et les élytres d’un beau rouge, ayant deux petites côtes longitudinales et une fine ponctuation, se trouvequelquefois dans nos environs.

Les Diacanthes (Diacanthus) renferment un grand nombre d'espèces européennes (D, latus, Fabr.). (PL. 9, fig. 13.)

Les Ludies (L. ferrugineus) Ampedus , ete., sont européens ; les autres genres du groupe sont exotiques.

Les Taupins ou Élaters proprement dits sont également communs dans notre pays. Les Agriotes ne le sont pas moins, et leurs larves occasionnent des dégâts très- ” considérables; elles dévorent les racines des céréales et des légumes. Nous avons trouvé bien fréquemment l’'Agriote des moissons ( Agriotes segelis, Gyll.) dont la larve cylindrique , d’une couleur jaune, lisse et brillante, avec six pattes écailleuses, est très commune aux racines desrvégétaux.

Les ruenÉmIDEs constituent une petite famille exactement intermédiaire entre les Élatérides et les Buprestides ; elle est beaucoup plus limitée ; en outre, ces insectes sont généralement assez rares. Cependant les Eucnémides

offrent des formes plus variées que les Elatérides; nous les séparons en plusieurs groupes.

Les zissomires ressemblent encore beaucoup aux insectes de la famille précédente. Onne connaît pas leurs habitudes ; on les trouve sur les feuilles. Les Lissomes sont tous américains.

Le genre Drapètes renferme une seule espèce, qui est européenne (D. equestris, Fabr.): elle estnoire, avec une bande rouge à la base des élytres.

Les ranoscrres constituent un petit groupe très-anomal ; il renferme le seul genre Throseus, dont nous trouvons une espèce en France; ses caractères peu nets l’ont fait placer tantôt parmi les Dermestiens, tantôt parmi les Élatériens ; ilnous paraît mieux placé ici. On assure encore qu'il vit dans le chêne pendant ses premiers états.

Le singulier groupe des cHELONARIITES est fondé sur le genre Chelonaire, dont les espèces sont américaines.

Les céropayr1res renferment essentiellement le genre Cérophyte, dont la seule espèce connue (Cerophytum elateroides) est répandue dans une grande partie de l'Europe

Le genre Phyllocère n’a encore été trouvé qu’en Sicile et en Dalmatie (PAyllocerus flavipennis, Latr.).

Celui de Cryptostoma, qui est assez rare, est particulier à l'Amérique (C. spinicornis, Fabr.).

Le groupe des GALBITES se compose de quelques espèces en général américaines.

Le groupe des EucNÉMITES renferme peu de genres.

Le type du genre Eucnemis (E, capucinus, Fabr.) se trouve sous les écorces; il est très-rare en France.

Les Galbodèmes, Eucalosomes, Fornax, sont exotiques. +

Les mécasires forment le groupe le plus étendu de cette famille.

Le genre Melasis renferme une seule espèce indigène (M. flabellicornis). Ses premiers états viennent d’être décrits par M. Guérin (1). Sa larveest très-allongée , blanchâtre et un peu aplatie, avec le premier anneau marqué en dessus et en dessous de dix taches brunes transversales etdeux lignes longitudinales rejoignant les taches. Cette larve, ditM. Guérin,sembleétablir lepassageentrecellesdes Élatérides et des Buprestides. C'est là une observation intéressante, parce qu’elle confirme un rapprochement entre des familles qui, selon nous, ne peuvent être séparées. La larve du Melasis vitdansle boisde bouleau, où elle se creuse des galeries. La nymphe est courte et massive.

Le genre Tharops a pourtype uneespèce européenne qui esttrès-rare dans notre pays (T.melasoides, Lap. de Cast.).

Les Nématodes se trouvent en Suède et en Allemagne.

Le type du genre Xylobie (Xylobius alni , Fabr.) est rare en France.

Les Hypocèles ont été trouvés en Italie, en Autriche, etc.

Les Émathions sont américains, ainsi que les Microrhagus et Calyptocères (2). jé.

La famille des BuPRESTIDES renferme les.plus splendides insectes connus : on les a nommés les Richards, pour donner une idée de l'éclat de leur enveloppe. On trouve chez eux les couleurs métalliques les plus étincelantes.

Ces insectes ont pour la plupart un prothorax court et des élytres longues ; ce qui fait que chez la plupart d’entreeux les ailes ne sont pasrepliées sous les élytres, comme

{1} Aunal. de la Soc. Entomolog. de France.

(2) Voy. Guér. loc. cit, à

on l’abserve dans tous les autres Coléoptères. Les Buprestides ont une démarche lourde; ils ont des tarses souvent élargis et garnis en dessous de brosses : ils volent néanmoins avec la plus grande facilité pendant l’ardeur du soleil, et se jettent alors très-souvent sur les troncs d'arbres exposés au soleil, principalement dans notre pays sur ceux du bouleau, dont la couleur blanche les attire davantage.

Les Buprestides sont nombreux en espèces : MM. Laporte de Castelnau et Gory en ont décrit et figuré douze à treize cents (1); mais c’est seulement dans les régions les plus chaudes du globe qu'ils sont abondants et où existent les espèces de grande dimension, aux couleurs éclatantes. En Europe, et surtout dans le Nord, on n’y rencontre que des espèces en général d'assez petite taille, et encore sont-elles assez rares.

Les larves de ces Coléoptères vivent dans les troncs d'arbres : elles sont allongées, apodes, blanchâtres, de consistance charnue, avecle premier anneau du corps trèsélargi: ellesressemblentbeaucoup à celles des Longicornes.

On divise les Buprestides en plusieurs groupes.

Les AGRILITES ont pour genre principal les Agriles proprement dits (Agrilus) ; ils sont tous d'une taille assez minime, et passent leurs premiers états dans divers arbres selon les espèces.

L’Agrile vert (A. viridis) est le type du genre; c’est le plus commun en France. M. Aubé a fait connaîtresa larve, qui vit dansles brariches du bouleau: elle est allongée, atténuée vers l'extrémité etterminée par deux petites pointes.

Une espèce voisine ( Agrilus pyri, Blanch.) (pl. 9, fig.

(1) Histoire naturelle et Iconographique des Insectes Goléoptères, Buprestides.

15,) passe ses premiers états dans les branches du poirier. Sa larve (pl. 9, fig. 16) ressemble complétement à celle l'A. vert, ainsi que la nymphe (pl. 9, fig. 17).

M. Ratzeburg a fait connaître encore les métamorphoses de quelques autres espèces.

Les Amorphosomes sont très-répandus , et présentent souvent des bouquets de poils. Les Pæcilonotes habitent l'Amérique, comme les Zemina.

Les rrAacuysiTes renferment le genre Aphanistique, qui est composé de très-petites espèces, bien remarquables par leur tête profondément échancrée : leurs habitudes sont inconnues; on les trouve surdiverses plantes. Le type est l'A. échanceré ( Aphanisticus emarginatus, Lin.). 4

Les genres Brachys et Trachys sont dispersés à la surface du globe. (Type, T. #inula, Fab.)

Les ANTHaxIITES forment un troisième groupe parmi les Buprestides. Le genre principal, celui d'Anthaxia, se compose d’une nombreuse suite d'espèces européennes , de petite taille, de forme courte, un peu élargie, toutes parées des plus belles couleurs,

L'A. manchote (A. manca, Lin.) est la plus grande parmiles indigènes; elle est d’un rougecuivreux, avec deux lignes brunes sur le corselet. Les antennes et les pattes sont de cette dernière nuance; on la trouve fréquemment sur les troncs d'orme; ses premiers états sont inconnus.

Le genre Cratomère renferme une seule espèce du midi de la France. (A. erassicornis, Fab.) ;

Les Sphénoptères sont surtout communs en Afrique.

Les cHRYSOBOTHRITES se reconnaissent facilement à la forme de leur corselet.

Les Chrysobothris sont presque tous exotiques; quelques espèces seulement se trouvent en Europe (Ch. chrysostigma, Fabr.)

Les Bélionotes se trouvent en Afrique et aux Indes orientales, et les Colobogasters en Amérique.

Les upRESrITES constituent le groupe le plus étendu de la famille.

Les Stigmodères sont particuliers à la Nouvelle-Hollande, et les Conognathes, qui en sont très-voisins, habitent l'Amérique méridionale.

Le genre Bupresterenferme une grande quantité d'espèces qu'on peut répartir dans plusieurs divisions regardées comme autant de genres par certains entomologistes.

On en trouve en France plusieurs espèces appartenant à la division des Dicerca. Tel est, entre autres, le Dicerca bronzé (D, ænea, Fabr.), qui se trouve dans les grandes forêts ; sa larve, observée par M. Audouin, vit dans les troncs du hêtre ; elle est allongée, mince, avec le premier anneau du corps très-large.

Le Bupreste géant (Buprestis gigas, Lin.) appartient à la division des Euchroma; il est des plus communs au Brésil et à la Guyane.

Les Buprestes de la division des Chrysodèmes ont les couleurs les plus splendides ; ils habitent les Indes orientales et la Nouvelle-Hollande.

Le groupe des carysocanoïresrenfermelesplus beaux Buprestides connus. Les Chrysochroas sont propres aux Indes orientales et à Ja Nouvelle-Hollande; ils ont une dimension assez considérable, d

Ceux de la division des Stéraspis sont d'Afrique et généralement très-chagrinés,

Les autres ont un corps très-épais. Les Sternocères et les Julodis se trouvent dans les régions chaudes et arides de l’ancien continent ; ils se tiennent en masses sur des buissons. Les Acmæodères se trouvent dans lemidi de l'Europe,

SEIZIÈME TRIBU

LES CLÉRIENS.

Les Clériens ont des téguments plus solides que les Lampyriens, mais qui ne le sont pas autant à beaucoup près que ceux des Élatériens. Généralement leur corselet est plus étroit que les élytres et assez long.

La plupart des espèces ont des couleurs vives et variées; elles fréquentent les fleurs , où elles se trouvent pendant l'été; plusieurs espèces y sont communes, Mais cette tribu est d’une très-médiocre étendue. Les Clériens ont des mandibules fortes, et plusieurs d’entre eux sont évidemment carnassiers ; on les a remarqués souvent tenant entre leurs mandibules des insectes dont ils venaient de s'emparer Il en est parmi eux dont les habitudes sont carnassières, mais d’autres sont phytophages. Au reste les mœurs de ces insectes sont extrêmement variées.

Nous les divisons en plusieurs familles, dont voici les divisions. ;

TABLEAU DES DIVISIONS

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