‹ Histoire des insectes, traitant de leurs moeurs et de leurs métamorphoses en général et comprenant une nouvelle classification fondée sur leurs rapports naturelsChapitre 17 sur 58 · EN TROIS GROUPES · texte numérisé non relu

EN TROIS GROUPES

Groupe {, VESPITES. Corps épais. Abdomen sessile. Chaperon ayant son bord antérieur tronqué, un peu échancré, avec une dent de chaque côté.

Genre 1. cuôre. (Vespa, Lin.) Gpe. 2. POLISTITES. Corps: élancé. Abdomen ayaut son

premier segment aminci en pédiculé.

Chaperon ayant son bord antérieur angulaire. ;

Gre. 1. pousres. Fabr. Abdomen ayant son premier segment élargi en clochette de la base à l’extrémité.

Gre. 2. POLYBIE. S.-Farg. Premier segment de l'abdomen péï diculiforme, court, en massue et tuberculé latéralement,

Gre.3. AGELAIA. S.-Farg. Premier segment de l'abdomen pédiculiforme, unituberculé latéralement, et le second campanulé.

Gpe. 3. EPIPONITES. Corps court et assez épais. Abdomen peuou point pédiculé. Chaperon ayant son bord antérieur angulaire.

Gre. 1. ÉpiPone. Latlr. Mandibules quadridentées, lapremière dent très-forte. Abdomen un peu pé-

donculé. R Gre. 2. CHARTERGUE. Mandibules quadridentées. La pre- S.-Farg. mière dent très petite. Abdomen sans

pédoncule sensible.

Notre premier groupe, celui des vespires ou des Guëpes, ne renferme que le genre Guëêpe proprement dit (Vespa, Lin). IL est trèsnombreux en espèces répandues dans toutes les parties du monde, mais plus particulièrement dans les pays chauds ; toutes ces espèces offrent comme les nôtres des couleurs jaunes ou ferrugineuses sur un fond noir. Elles sont d'une assez grande taille, même en Europe. Tout le monde connaît ces insectes. Dès lors il est inutile d'en donner de longues descriptions. Personne Dignore que leur piqûre est très-mauvaise; car les femelles et les neutres, comme les Abeilles et un grand nombre d'autres Hyménoptères, sont armées d’un aiguillon venifère, qui produit toujours une vive douleur quand on en ressent la piqûre.

Les Guëpes construisent des demeures très-vastes, qui, dans quelques cas, le cèdent peu aux ruches de nos abeil les. Comme nous l'avons déjà dit, leurs sociétés étant annuelles, c’est au printemps, lorsque les premières chaleurs

du soleil commencent à se faire sentir, que chaque femelle sort de la retraite qu’elle s'était choisie pour hiverner, après avoir reçu l’approche du mâle. Aussi rencontre-t-on, dès ce moment, des Guêpes qui voltigent sur les fleurs. Chacune va se mettre aussitôt en quête de trouver un lieu commode pour y établir la demeure de sa postérité. Un endroit propice est toujours chose fort im— portante; il varie d'ailleurs beaucoup selon les espèces : c'est ce que l’on ne tardera pas à voir. La matière première qui va servir à construire ces vastes nids, 2énéralement connus sous le nom de Guépiers, consiste en fibres de bois, plus souvent déjà en état de décomposition que dans l’état de vie. C’est avec leurs mandibules que nos laborieux insectes détachent les fibres du bois; ces mandibules très-robustes étant munies de dents qui s’engrenent les unes dans les autres. Quand une Guépeest parvenue à détacher quelques parcelles de bois, elle les divise encore, et les agglomère ensuite au moyen d’un liquide visqueux qu’elle a la propriété de sécréter. Ce travail achevé, elle emporte son fardeau et va commencer son nid, ou ajouter denouveaux matériaux à sa construction : triturant de nouveau cette matière ligneuse avec ses mandibules, elle la réduit en une feuille mince papyracée comme si elle sortait d’un laminoir; elle la polit encoreavec sa languette et avec la liqueur gommeuse qu’elle verse de sa bouche. C'est dans la terre, dans le creux des arbres ou entre les branches des arbustes que les Guëpes vont établir leur demeure : elles songent d’abord à construire une enveloppe qu’elles fixent aux parois des corps auprès desquels elles se sont fixées. Ces enveloppes sont toujours formées de lamelles papyracées, ordinairement au nombre de cinq ou six, superposées les unes sur les autres et convexes en dehors:

mais quelquefois uniques, comme cela a lieu chez les Frelons. La même substancesert à la construction des gâteaux; le premier est fixé au sommet du nid, vient ensuite le second qui est attaché au premier de la même manière, et ainsi de suite. Les Guèpes s’y prennent à leur égard comme les Abeilles ; mais il ya cette grande différence que les gâteaux des premières n'offrent qu'une seule rangée de cellules renversées. Par conséquent la face supérieure est lisse et un peu convexe.

‘La plupart des Guêpes établissent leur habitation dans la terre. De cenombre est notre Guêpe commune ( Vespa vulgaris) (pl. 3, fig. 3) qui est noire et agréablement variée de jaune vif. La substance papyracée qui compose le nid de cette espèce est d’un gris cendré obseur; elle est solide et fortement gommée. Aussi peut-on écrire dessus comme sur notre papier. Les Guêpes connaissaient sans doute sa fabrication bien avant les hommes.

La Guëêpe rousse (Vespa rufa), qui habite les bois de nos environs, construit son nid avec une matière parfaitement semblable, quant à la couleur et à la consistance; mais ce n’est pas dans la terre qu'on trouve son habitation. Il n’est pas très-rare de rencontrer de ces nids entre les branches des arbustes (pl. 3, fig. 2): c’est pour cela que Réaumur a appelé cet insecte la Guépe des arbustes. Elle est plus petite que l'espèce commune et son ventre est roussâtre (pl. 3, fig. 1). Ses habitations n'ont jamais une étendue considérable.

Nous voyons fréquemment aussi le Frelon (Vespa crabro); c’est la plus grosse espèce du genre qui habite l’Europe; elle établit ses demeures dans le trone des gros arbres. Le nid de cet insecte acquiert quelquefois une dimension très-grande; il en existe de plus d'un pied et

demi de diamètre. La substance dont il est composé est jaunâtre et extrêmement friable ; le moindre chocsuffitpour la briser. L'enveloppe surtout, qui est simple, est remarquable pour sa grande fragilité. Plusieurs Guëêpes exotiques très-voisines de cette dernière doivent avoir des babitations très-analogues; mais, jusqu'ici, leur industrie u’a fixé l'attention d'aucun voyageur.

Nous avons vu, au printemps, une seule femelle féconde entreprendre d'établir elle-même le berceau de sa postérité. Les premiers gâteaux sont construits : un nombre suffisant de loges est préparé pour recevoir les œufs qu'elle va pondre; elle accomplit alors cet acte, l'un des plus importants de son existence : il lui reste aussi à pourvoir aux besoins des larves qui vont éclore. La femelle seule s'acquitte encore de ce soin : elle apporte à ses petits des fragments de fruits ou même d'insectes, et elle leur dégorge une espèce de miel qu’elle a humé sur des fruits. Les Guêpes les entament avec leurs mandi- © bules et en sucent le jus avec leur langue; elles vont encore absorber la séve des arbres; le peu de longueur de leur langue ne leur permet guère de puiser comme les Apiens dans le nectaire des fleurs. Il arrive souvent aussi, surtout dans les années de sécheresse, que Îles Guëpes attaquent d’autres insectes; elles les piquent de leur aiguillon, les déchirent ensuite à l’aide de leurs mandibules et hument les liquides contenus dans leur intérieur. Au reste, le miel dégorgé par nos Vespites est aussi agréable au goût que celui de nos Apiens , el dans quelques cas l'homme pourrait s'en emparer avec avantage. Les larves de nos Guëpes (pl. 3, fig. # et5), de couleur blanchâtre, molles et apodes, comme celles des Abeilles, out des mandibules plus fortes; ce qui leur

permet d'entamer les morceaux de fruits qui leur sont apportés par la mère. ;

Quand elles ont acquis tout leur développement, elles fileut un petit couvercle soyeux pour clore leur loge. La transformation en nymphe s'effectue; peu de jours après, l'insecte parfait rompt ses langes, brise le couverele de sa cellule et prend son essor. La première génération de l'année ne fournit que des individus neutres, c’est-à-dire des ouvrières. Le moment est arrivé où la femelle féconde va se reposer de ses soins laborieux. À cette époque, c'est-àdire au commencement de l'été, les ouvrières augmentent le nid ; elles ajoutent de nouveaux gâteaux à ceux déjà établis par la femelle, en laissant toujours un espace assez considérable entre chacun d'eux pour qu'une Guêpe puisse y cireuler librement. L’enveloppe se trouve aussi agrandie, en sorte qu’on ne voit jamais un seul gâteau à découvert.

Les Guêpiers ne présentent qu’une seule ouverture inférieure qui serait insuffisante pour y passer le doigt. Lors de ces agrandissements du domicile commun, les Guépes souterraines sont les plus à plaindre, car elles sont ordinairement obligées de déblayer la terre qui les environne ; c’est là une grande opération qui demande un temps assez considérable, cette terre étant enlevée, grain à grain, à l'aide de leurs mandibules. Mais, quoi qu’il en soit, quand le domicile a pris une extension convenable, la femelle féconde va pondre de nouveaux œufs en plus grand nombre que la première fois; et cette fois les larves auxquelles ils vont donner naissance seront soignées par les ouvrières. C'est à cette époque qu'il existe plusieurs sortes de loges et en même temps plusieurs sortes de larves ; les unes seront des mâles , les autres des femelles , et d'autres encore seront

des neutres. Vers ‘a fin de septembre ou lecommencement d'octobre, presque tous ces iusectes sont arrivés à leur état parfait; et, avant que les rigueurs de la saison d'hiver se fassent sentir, les mâles et les femelles s'accouplent. Il paraît que les premiers périssent presque aussitôt après; quant aux secondes, on sait qu’elles hivernent pour fonder de nouvelles colonies au printemps suivant,

Si le froid devient intense avant que toutes les larves aient pu se métamorphoser, elles sont impitoyablement sacrifiées par les ouvrières, quiles massacrent toutes, lorsqu’elles jugent qu'il leur sera impossible de les nourrir plus longtemps : ces ouvrières périssent alors, et l’habitation, où régnaient naguère l'industrie et l’activité, se trouve totalement abandonnée.

Nous n’achèverons pas l’histoire des Guèpes sans dire quelques mots d'un nid bien remarquable que l'on voit dans les galeries du Muséum d'histoire naturelle de Paris. Ce nid a été rapporté de Cayenne; il appartient évidemment à une espèce de Guêpes, mais malheureusement on ignore laquelle. Rien de plus joli et de plus délicat que cette construction , fixée duns toute sa longueur à une faible branche d’arbre bien droite. L’enveloppe du nid, d'aspectpapyracé, est simple ; sa couleur est brunâtre ; sa forme est oblongue et parfaitementrégulière ; une petite ouverture située à la partie inférieure du nid permettait aux petites Guêpes d'y pénétrer ; nous disons petites d’'après l'inspection de cette entrée, ainsi que d’après la petite dimension des loges destinéesaux larves.

L'enveloppe du nid ayant été coupée dans une certaine partie, on découvre une série de gâteaux d’environ un pouce à un pouce et demi de diamètre, disposés avec la plus grande symétrie; tous sont placés à égale distance

les uns des autres, ceux du milieu étant un peu plus larges que ceux du haut et aussi que ceux du bas. Quant aux cellules, elles sont parfaitement diagonales, si délicates et si régulières, que l'esprit conçoit à peine comment des insectes peuvent si bien comprendre la régularité et donner une telle élégance à leurs demeures.

Nous avons signalé les diverses particularités et les différences observées dans les nids des Guèpes proprement dites ;

Nous passons maintenant au second groupe de la famille des Vespiens, les pozrsrirEes. Ces insectes s’éloignent peu des Guêpes, non-seulement par leurs caractères palurels, mais aussi par leurs habitudes ; cependant, leur corps élancé permet de les en distinguer au premier coup d’œil. Le genre Poliste est le principal dans ce groupe; il nous fournit trois espèces européennes et un nombre considérable d’espèces exotiques.

Pendant toute la belle saison, nousrencontrons commu ment la Poliste française (Polistes gallica) (pl. 2, fig. 6), ainsi que toutes les autres espèces du mêmegenre, indigènes etexotiques. La femelle se fait un petit nid dès les premiers beaux jours du printemps; ce nid n'offre pas d'enveloppe; c’estun simple gâteau, analogue du reste à celui des autres Guêpes, fixé par un pédicule à la tige d’une plante, telle qu'un genèt, une graminée pl. 2, fig. 7). Dans l’origine, cette chétive demeure ne se compose que de cinq à dix cellules. Des larves y sont élevées au printemps par les soins de la mère, comme on l’a vu chez les véritables Guëpes. Des ouvrières naissent ensuite, agrandissent le gâteau, en y ajoutant d’autres cellules; parfois même elles confectionnent un second gâteau, fixé au premier par un pédicule; mais cela est plus rare. La seconde ponte est

done toujours la plus nombreuse; c’est elle qui donne naissance à la fois à des individus mâles, femelles et neutres.

Il est très-facile d'enlever ces nids sur la plante même avec leurs habitants; on peut ainsi les transporter dans son jardin ou sur sa fenêtre, et observer ces insectes curieux très-commodément, la femelle ne les abandonnant presque jamais. Réaumur a remarqué, ceque nous avons eu l'occasion de vérifier fréquemment , qu’une vingtaine de jours était suffisante à une larve pour acquérir tout son accroissement, depuis le moment où l'œuf a été déposé dans la cellule. |

Un genre exotique , le genre Agelaia, comprenant plusieurs divisions secondaires (Apoica, Polybia, Saint- Farg-), se compose de quelques espèces américaines dont l'industrie n’a pas été observée.

Notre dernier groupe de la tribu des Vespiens est celui des ÉPIPONITES ; nous nous y arrêterons peu, car leur industrie ne paraît pas différer de celle de nos véritables Guëpes; seulementles matériaux qu’elles emploient ne sont pas parfaitement identiques.

Les £piponrres sont de petites Guêpes propres aux régions tropicales, à corps ramassé, de couleur noire, ayant ordinairement des ceintures jaunes : ellescomposent deux genres ; le premier, Épipone, ne renferme que des espèces dont les constructions nous sont inconnues. Il n’en est pas de même du second, le genre Chatergue, qui nous fournit quelques espèces américaines; l’une d'elles, le G, Cartonnier (C. nidulans, Fab.), paraît fort commune à Cayenne; elle est noire, avec une ligne sur le corselet, une autre sur l’écusson, et le bord postérieur de chaque anneau de l'abdomen de couleur jaune.

Les nids de cette espèce sont souvent rapportés par les voyageurs : rien n’est plus remarquable que la substance avec laquelleils sont construits; leurenveloppe, aussi bien que les gâteaux, est formée d'une sorte de carton de pâte, mais tellement analogue à du carton que, comme le dit parfaitement Réaumur, qui a représenté ces nids, le meilleur ouvrier cartonnier s'y méprendrait. C'est en effet ce qui nous a été démontré par l'expérience que nous en avons faite. Ces nids sont quelquefois fort grands et ne renferment pas moins.de huit à douze gâteaux ; mais, dans l’origine, ils commencent par n’en avoir qu'un, deux ou trois; ils s'augmentent successivement au fur et à mesure de la multiplication des individus. Ce qu’il y a surtout de différent entre les nids des Chartergus et ceux de nos Guëpes,, c'est, outre leur extrème solidité, la manière dont l'enveloppe et les gâteaux sont unis. En effet, il n'existe aucun espace pour cireuler le long des parois du nid : chaque gâteau offre seulement un trou au milieu, pour donner passage aux petites Guêpes. Le nid est complétement fermé par le bas, où une seule ouverture est pratiquée. Alors, quand il s’agit d'augmenter l'étendue du domicile, nos industrieux insectes bâtissent de nouvelles cellules à l’extrémité du nid , en sorte que cette extrémité devient le fond d’un nouveau gâteau ; les parois sont ensuite prolongées et viennent recouvrir la nouvelle construction. Ces nids s’étendent ainsi toutes les fois que le besoin s’en fait sentir. Ils sont suspendus aux tiges des arbres de la lisière des forèts de la Guyane; leur aspect est celui d’un sac; on en voit plusieurs dansles galeries du Muséum de Paris, les uns encore très-peu avancés, les autres fort grands et renfermant plus d'une dizaine de gâteaux.

Une secondecspèce du genre Chartergus, qui vit au Bré-

sil, ressemble beaucoupau Ch. cartonnier; ses constructions paraissent très-semblables. Elle doit à un incident remar-: quable d’avoir une réputation entomologique très-grande, le miel qu'elle produit ayant oczasionné des empoisonne ments.

Cette petite Guêpe, quenous appelons le Chartergus brésilien (C. brasiliensis) et que les habitants du Brésil nomment Lechequana, aëté observée par un célèbre botaniste, M. Aug. Saint-Hilaire, qui a ressenti lui-même les effets fâcheux de son miel. Voici ce qui arriva à cet égard : étant arrivé dans un vaste désert près les rives du Santa-Anna, où il séjourna quelque temps, il apercut dans unedeses excursions un guêpier suspendu aux branches d'un arbrisseau : ce nid presque ovale, de couleur grise, de consistance eartonnée, fut détruit par deux hommes qui accompagnaient M. de Saint-Hilaire ; ceux-ci en tirèrent le miel ; tous les troisen mangèrent une petite quantité, et chacun le trouva d’une saveur agréable , qui l’'emportait sur le goût du miel de nos abeilles. Mais bientôt ils se sentirent fortementmalades ; ils avaient le vertige : M. de Saint-Hilaire, éprouvant une vive douleur d’estomae, finitcependant par s’endormir dans sa charrette ; à son réveil , il se sentit d’une extrême faiblesse et put.à peine faire quelques pas. L'un des hommes qui l’accompagnaient était en même temps en butte à un mal plus violent. Assis dans la charrette, à côté de son maître, il lui disait d'un air effaré que, depuis une demi-heure , il courait dans la campagne sans savoir où il allait. Il tomba bientôt dans un affaiblissement complet et éprouvait toutes les angoisses de la mort. Ayant bu de l'eau tiède, qui avait paru le-soulager, il en prit une grande quantité. Mais le vertige le saisissant de nouveau, il déchira ses vêtements, et se mit à courir dans la

campagne, criant que tout était en feu autour de lui.

Le second avait été aussi fort malade; mais ayant vomi très-promptement, il fut plus tôt soulagé. Cependant il n’était pas encore guéri ; car, montant à cheval, il se mit à galoper dans la campagne; il tomba bientôt et s’endormit au lieu même où il s'était laissé tomber.

Quant à M. de Saint-Hilaire, il avait bu une quantité d’eau prodigieuse; plusieurs vomissements successifs finirent par le remettre dans son état naturel.

Le lendemain les trois voyageurs n’éprouvaient plus de mal sensible, quoiqu’ils n’eussent pas toutefois repris entièrement leurs forces et leur vigueur accoutumées.

M. de Saint-Hilaires'étantremis en routene manqua pas de rapporterau Muséum de Paris la petite Guêpe Lecheguana ainsi qu'une portion de son nid. Dès qu'il eut quitté le désert, il demanda à beaucoup de gens ce qu’ils pensaient du miel de la Lecheguana. Tous s’accordèrent à lui dire que ce miel n'était pas toujours dangereux , mais que parfois il occasionnait une sorte d'ivresse, de délire, dont on ne se délivrait que par des vomissements, et qu’il pouvait aller jusqu’à donner la mort.

On lui assura que la plante sur laquelle la Guêpe Lecheguana va souvent puiser le miel empoisonné était parfaitement connue; mais malheureusement on ne put la lui représenter.

M. White a décrit et représenté un nid d'Amérique, très-analogue à ceux des Chartergus; il est remarquable surtout par les tubereules et les nombreuses aspérités dont il est couvert. M, White a formé pour l'habitant de ce nid un genre particulier sous le nom de Myrapetra.

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