TABLEAU DES DIVISIONS DE LA TRIBU DES CYNIPSIENS
Groupe 1. IBALIITES. Abdomen comprimé latéralement, en + forme de lame de couteau.
Genre 1. IBALIE. Lafr.
Gpe 2. CYNIPSITES. Abdomen ovale.
Gre {. cynips. ZLinn. Antennes presque filiformes. Abdo-
men court, comprimé en dessous , et tronqué obliquement à son extrémité.
Gre 2. FIGITES. Lafr. Antennes moniliformes, grossissant un peu vers l'extrémité. Abdomen ovalaire. Gre 3. KLEIDOTOME. Wes/w.Antennes courtes, avec les trois derniers articles subitement renflés.
Gre 4. ANAcnaRis. Dalm, Antennes longues, amincies à l'ex-
176 HISTOIRE trémité. Abdomen ayant un long pédicule,
Gre 5. PERAS. Wes/w. Antennes de treize articles, moins longues que le corps, un peu dilatées vers l'extrémité, Abdomen comprimé, avec un pédoncule du tiers de sa longueur totale.
Gre6. LETOPTERON, Perty. Antennes de quatorze articles, grêles , filiformes, presque aussi longues que le corps. Abdomen renflé, avec un pédoncule linéaire une fois plus long.
La tribu des cynxpsrews est l’une des moins nombreuses detout l’ordre des Hyménoptères ; cependant il est certainque si des recherches suivies étaient faites par quelques entomologistes sur ces petits insectes, on en verrait bientôt augmenter le nombre d’une manière très-sensible dans nos collections; car, dans certains pays des voyageurs ont parfois recueilli, en grande quantité, des galles de diver— ses espèces, produites par ces petits Hyménoptères; mais ils n’ont presque jamais rapporté les insectes mêmes.
Nous admettons deux groupes dans la tribu des Cynipsiens; ce sont les 1BAzLIITES etles cynrpsrres. Les premiers renferment le seul genre Ibalie, très-remarquable par la conformation de l'abdomen, ainsi que parles antennes filiformes à articles cylindriques, et les nervures des ailes.
L'économie des Ibalies n’a point encore été étudiée; le type du genre a recu le nom d’Ibalie en couteau (7. cultellata) ; on la trouve en France, en Allemagne; mais elle paraît rare partout,
Les cyniPsITES constituent un deuxième groupe : on y rattache d'abord les Cynips proprement dits, comme genre principal. Nous en connaissons une assez longue série d'espèces; nous nous contenterons de signaler les
plus répandues, celles dont les diverses galles s'offrent le plus souvent à nous.
Déjà l’on sait que la noix de galle est produite par un Cynips quihabite le midi de l'Europe et syrtout le Levant. On lui a appliqué la dénomination de Cynips de la galle à teinture ( Cynips gallæ lincloriæ), pourrappelerlanature de son produit.
C'est un petit insecte long de cinq millimètres, d'un fauve pâle avec un duvet soyeux etblanchâtre, des ailes diaphanes ayant des nervures d'un jaune pâle, un abdomen fauve avec une tache noire au milieu. Quand le moment de la ponte est venu pour cet Hyménoptère, il fait de petites entailles sur un Chêne d'Orient ( Quercus infecloria) et dans chaque fente il dépose un œuf. Ces excroissances, employées pour la teinture noire et principalement pour la fabrication de l’encre, ne tardent pas à se développer. La petite larve, éclose peu de jours après la ponte, s'établit au centre de la noix de galle et se nourrit de la substance qui l'entoure. Il en résulte alors une petite cavité ronde où la larve prend tout son développement. Les noix de galle sont de la grosseur de la moitié d’une noix; ordinairement leur forme est ronde, quelquefois un peu pyriforme : leur dureté est telle, qu'on ne peut les briser sans coups de marteau ; leur surface est d'une couleur grise brunâtrè lisse, avec des tubercules plus ou moins prononcés. (PI.6 fig. 3.)
On remarque parfois un petit trou circulaire à la surface ; c'est quand l’insecte est sorti. Si l’on fait une coupe dans une de ces noix, on trouve au centre la petite loge parfaitement ronde dont nous venons de parler. (PI. 6, fig. 4.) On recueille ces galles à différentes époques. Avant la sortie de l'insecte , alors qu'elles contiennent plus de ma-
tière astringente, elles sont désignées dans le commerce. sous les noms de Galles noires, bleues, vertes ; on nomme au contraire, Galles blanches, celles dont l’insecte s’est échappé. Peut-être aussi parmi les galles employées dans le commerce, en trouve-t-on qui appartiennent à d'autres espèces.
Où trouve dans les mémoires de la société entomologique de Londres la représentation et une notice de M. Westwood sur une galle d'une très-forte dimension observée par M. Elliot.
Le Cynips de la rose (Cynips rosæ, Lin.) peut compter parmi les espèces les plus communes dans notre pays; il est noir avec les pattes ferrugineuses ; l'abdomen de la même couleur avec l'extrémité noire. Les galles produites par cet insecte abondent parfois sur des rosiers, et elles ne peuvent échapper à personne, à cause de leur forme singulière. Ce sont des excroissances chevelues de couleur verte qui entourent les tiges du rosier; leur dimension n’est pas moindre souvent de celle d’une petite pomme ou plutôt d'une nèfle, dont ces galles rappellent un peu l'aspect.
Elles paraissent composées d’une quantité immense de filaments très-serrés et très-compactes, dont plusieurs ont leurs extrémités libres et plus ou moins ramifiées , ce qui leur donne cette apparence chevelue.
Ces excroissances sont habitées par plusieurs larves de Cynips. Aussi quand on les ouvre, on reconnaît la présence de plusieurs loges, disposées irrégulièrement et en nombre variable. ;
Souvent ces Cynips sont attaqués par des Chalcidiens, entre autres-par un petit Diplolepis de couleur verte dorée. Plusieurs anciens observateurs ayant remarqué de ces
Chaleidiens, furent très-embarrassés de reconnaître le véritable propriétaire des Bédéguars, comme on nomme souvent ces galles. Réaumur cependant sut parfaitement distinguer les parasites.
Le Cynips des baies de chêne ( Cynips quercüs bacearum, Lin. PI. 6, fig. 1), qui est d’un brun clair, praduit par sa piqûre des nodosités arrondies et pellucides placées à la base des feuilles de chène ( Quercus robur. PI. 6, fig. 2).
Ces nodosités sont toujours rondes comme des cerises, dont elles ont à peu près le volume. Leur solidité paraît assez grande, mais quand on les ouvre, l'intérieur parait plus tendre et comme spongieux. Une seule larve habite chaque galle ; elle en occupe le centre comme cela a toujours lieu, et, selon Réaumur, elle passe l’hiver dans sa loge. Divers Chalcidiens vivent aux dépens de ce Cynips; c’est pourquoi on remarque parfois ‘plusieurs très-petits trous à la superficie des galles. On rencontre ces nodosités en abondance sur les chènes de notre pays, principalement vers l’automne.
Nous ne décrirons pas en détail les diverses galles qui sont plus ou moins bien connues. Nous citerons encore parmi les Cynips qu'on voit le plus fréquemment, le Cynips des pédoncules du chêne ( Cynips quercüs pedunculi), petit insecte grisâtre long de quatre millimètres. Il pique les chatons des fleurs mâles du chène. Il en résulte alors des galles rondes, ce qui les fait ressembler à des grappes de groseilles.
Le Cynips des feuilles du chène (Cynips quercus folii, Lin.) occasionne de petites nodosités sur les nervures des feuilles mêmes.
Enfin l’on peut dire en général qu'il n'est pas de fa-
milles de plantes sur lesquelles il n'existe des galles de Cynips ; mais, dans la plupart des cas, on ignore les espèces qui les produisent. Ces observations, en effet, demandent beaucoup de temps et de patience.
On assure que les Figites sont des insectes parasites; ce qui a lieu de nous surprendre en raison de leurs affinités zoologiques avec-les Cynips. Quoi qu’il en soit, M. Newman a nommé Figites du syrphe (Figites syrphi) une espèce qui serait parasitesur cet insecte. M. Bouché a décrit un Figite qu’il regarde comme parasite d'une Muscide appartenant au genre Anthomyie. Un entomologiste italien a encore signalé une espèce de Figite parasite sur des insectes de l’olivier. F
Nous ne connaissons pas encore les habitudes des Anacharis; la longueur du pédicule de l'abdomen les distingue detous les autres Cynipsiens.
Enfin, les genres Peras et Leiopteron ne comprennent que quelques espèces de l'Amérique méridionale.