‹ Histoire des insectes, traitant de leurs moeurs et de leurs métamorphoses en général et comprenant une nouvelle classification fondée sur leurs rapports naturelsChapitre 34 sur 58 · DES DIVISIONS DE LA TRIBU DES SIRICIENS · texte numérisé non relu

DES DIVISIONS DE LA TRIBU DES SIRICIENS

1° Famille. ORYSSIDES, Tarière capillaire, roulée en spirale dans l’intérieur de l'abdomen.

Genre 1. onYsse. Zafr.

2€ Fam. SIRICIDES. Tarière robuste, toujours saillante

Gre 1. siREX. Zinn. Palpes maxillaires très-petits, de

deux articles.

Gre 2. XYPHIDRIE, ZLafr. Palpes maxillaires longs de cinq arti-

cles.

Notre première famille, les oryssipes sont de singuliers insectes, ressemblant beaucoup aux Siricides par la forme du corps, par leurs mandibules robustes et par plusieurs autres caractères. Cependant, leurs ailes ayant peu de nervures, et surtout la tarière des femelles longue, capillaire, enroulée dans l'abdomen , rapprochent ces insectes des Cynipsiens.

Bien queles métamorphoses des Oryssides soient encore ignorées, un entomologiste suédois a pensé que ces Hyménoptères pouvaient être gallivores ; c’est une présomption que l’analogie rend assez probable; mais pour se prononcer il faut attendre que l'observation vienne nous montrer le genre de vie propre à ces insectes.

Malheureusement ils sont rares. Le seul genre Orysse

compose la famille, et deux espèces seulement s’y rattachent. Onles trouve au printemps dans les bois; elles se posent sur les vieux arbres exposés au soleil, et souvent sur ceux qui ont été coupés. Elles courent très-vite sur une ligne droite, marchant aussi de côté, ou même en arrière. Elles paraissent rechercher depréférenceles sapins, les hêtres, et les chênes ; le type du genre, l'Orysse couronné.(Oryssus coronatus, Fab.) habite les départements méridionaux de la France et différentes parties de l’Alemagne. Cet insecte est long de 12 millimètres, d’un noir juisant, ayant l'abdomen d'un rouge fauve, avec les premiers anneaux de la couleur générale du corps. La seconde espèce du genre (l'Oryssus unicolor), qui est plus petite que la précédente, avec l'abdomen tout noir, a été trouvée, au bois de Boulogne, par le célèbre entomologiste Latreiïlle ; mais elle doit être rare dans nos environs, Car nous ne connaissons personne qui l'y ait rencontrée depuis.

Les srricrpes, constituent la seconde famille de la tribu des Siriciens. On a déjà vu les principales différences qui existent entre ces Hyménoptères et les Oryssides : leurs ailes sont parcourues par de fortes nervures ; la tarière des femelles est très-robuste et parfaitement droite, et acérée de manière à pouvoir entailler l'écorce des arbres.

Les Sirex et les Xyphidries sont les deux seuls genres composant la famille des Siricides. &

Les premiers sont de grands insectes, qui habitent les forêts de pins et de sapins du nord de l’Europe et de l'Amérique boréale; le bourdonnement qu'ils font entendre est analogue à celui des Bourdons-et des Frelons. D'après Latreille, ces insectes se montrent en si grande quantité, dans certaines années, qu’ils ont été dans quelques pays un sujet d’effroi pour le peuple.

… Leslarves desSirex ont été observées par diversentomo-

logistes ; elles sont longues, cylindriques ,avec les anneaux plissés transversalement; leurs mandibules sont robustes ; le dernier anneau du corps est muni d’une petite pointe. Les nymphes rappellent déjà toutes les formes de l’insecte parfait. selon M. Westwood, lorsque les larves subissent leur transformation en nymphes pendant l'été, l’insecte parfait éclôt au bout d’un mois. Au contraire, si elles n’ont pas pris toute leur croissance avant l’automre, le Sirex ne paraît pas avant l’été suivant.

Les larves des Sirex vivent dans les pins et dans les sapins, et d’après quelques assertions, dans certaines années, leurprésence estpréjudiciable aux arbres forestiers. Avant de se métamorphoser elles se filent une coque soyeuse.

Presque tous les naturalistes ont considéré les Sirex comme xylophages à leur état de larve, c'est-à-dire mangeurs de bois. Jurine nous rapporte ce qui suit sur les habitudes de ces Hyménoptères : « C’est de préférence sur le sapin et le mélèze que les femelles des Sirex géant et spectre vont déposer leurs œufs, en choisissant surtout les arbres fraîchement coupés ou récemment écorcés : c'est au moyen de leur tarière qu'elles préparent la loge destinée à recevoir le précieux dépôtqu'’elle vontabandonner : mais ce n’est pas certainement sans peine qu'elles parviennent à calmer leurs sollicitudes maternelles pour le loger convenablement et sûrement. J'ai vu souvent, ajoute-t-il, de ces femelles parcourir rapidement la surface d'un arbre coupé pour reconnaître l'endroit le plus couvenable à cette opération; lorsqu'elles l'ont trouvé, elles redressent leur ventre et dirigent alors leur tarière perpendiculairement : elles l’enfoncent dans le bois en contractant leur abdomen d’avant en arrière. »

Cependant malgré tant de faits qui paraissent prouver queles Sirex, désignés aussi.par plusieurs entomologistes sous le nom de Urocerus, sont lignivores à leur premier état, M. Lepeletier de Saint-Fargeau les regarde comme carnassiers, et à l’appui de cette opinion, il parle d’une poutre qui renfermait une larve de Sirex auprès de laquelle se trouvaient des fragments d’une larve de Longicorne, qui, selon cet auteur, lui aurait servi de nourriture. Le même entomologiste, d’après ce fait, s'attache à prouver que les Sirex ne peuvent rester près des Tenthrédéniens. Prenant encore en considération la structure de la tarière, il croit devoir les rapprocher des Pimplas (Ichneumonides}$

Nous ajouterons que l'observation de M. Lepeletier de Saint-Fargeau n’est pas assez complète pournous montrer que les habitudes des Sirex sont plutôt carnassières que lignivores, comme l'ont avancé la plupart des auteurs. Mais en outre,-les caractères zoologiques de ces insectes nous les représentent comme plus alliés avec les Tenthrédéniens qu'avec toute autre tribu. D'ailleurs, les Xyphidries, qui s’en rapprochent tant, forment un passage direct avec les Tenthrédiniens.

Les Xyphidries sont des Hyménoptères de moyenne taille appartenant à l'Europe, où ils paraissent néanmoins assez rares; leur tête est globuleuse et, comme elle est un peu séparée du thorax, surtout après la mort, il paraît exister une sorte de cou.

Les Xyphidries déposent aussi leurs œufs dans le bois. M. Westwood, qui a eu l’occasion de voir la larve de l'espèce la plus commune en Europe, nous la représente comme très-analogue à celle des Sirex, quoique d’une taille moins considérable.

Le type du genre est la Xyphidrie chameau (Xyphidria

camelus, Lin.), longue de quinze à dix-huit millimètres, noires avec deux lignes blanches sur la tête, une petite tache presque triangulaire dela même couleur sur la plupart des anneaux de l'abdomen. Les Xyphidries ont beaucoup d'analogie avec plusieurs Tenthrédiniens.

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