‹ Histoire des insectes, traitant de leurs moeurs et de leurs métamorphoses en général et comprenant une nouvelle classification fondée sur leurs rapports naturelsChapitre 36 sur 58 · TABLEAU DES DIVISIONS DES TENTHRÉDINIENS · texte numérisé non relu

TABLEAU DES DIVISIONS DES TENTHRÉDINIENS

EN FAMILLES, GROUPES ET GENRES

Fam. 1. CÉPHIDES.

Groupe 1. XYBLITES.

Gro 1. xYELA. Dalm.

Gpe 2. CÉPHITES.

Gre 1. cèeue. Fabr.

Gre 2. ruLLECE. Newm.

Fam. 2. TENTHRÉDIDES, Gpe 1. LYDITES.

Gre . LypA, Fabr.

Gre 2. rArPA. Fabr.

Gre 3, LOPHYRE,

Gpe 2. TENTHRÉDITES.

Genre {. cLanius. Leach.

Gre 2. prisropnora. Latr.

Gre 3. NÉMATE, Leach.

Gre 4. DOLÈRE. Leach.

Gre 5. TENTHREDO, Lin.

Corps grêle, comprimé.

Tarière des femelles presque aussi longue que le corps.

Antennes de treize articles.

Abdomen comprimé, avec la tarière à peine saillante.

Antennes épaissies à l’extrémité, de vipgtet un articles.

Antennes épaissies au milieu, de viugtsept articles.

Corps court et épais.

Antennes longues, sétacées, multiarticulées.

Antennes sétacées de dix-huit à trentesix articles.

Antennes pectinées de quinze à dixhuit articles.

Antennes multiarticulées avec deux rangs de peignes dans les mâles.

Antennes simples, de neuf à quatorze articles.

Antennes de neuf articles, pectinées dans les mâles.

Antennes simples de neuf articles.

Ailes ayant trois cellules cubitales Antennes simples de neuf articles. Ailes ayant quatre cellules cubitales, mandibules échancrées.

Antennes de neuf articles, longues et grêles. Corps élancé.

Antennes de neufarticles, mandibules dentées au côté interne. Corps assez Cpais.

Gre. 6. SELANDRIA. Leach. Antennes de neuf articles, un peu renflées à l'extrémité. Corps court, assez large,

Gre.7. ATHALIA. Leach. Antennes de neuf à dix articles, un peu en massue ou pectinées dans les mâles. Corps couft, assez aplati.

Gpe.3. HYLOTOMITES, Antennes un peu renflées à Pextrémité, seulement de trois à sept articles distincts, le dernier très-long et fusiforme. ù

Genre. 1. scuIZOCÈRE. Zalr.Antennes fourchues dans les mâles, un peu en massue dans les femelles.

Gre. 2. PrILIA. Farg. Antennes de trois articles, filiformes, courtes et velues.

Gre. 3. HYLOTOMA. Fabr. Antennes un'peu en massue allongée, n’offrant que trois articles distincts.

Gre, 4, rréRxGopHoRE. Klug.Antennes n'offrant que trois articles bien distincts, pectinées dans les màles, et en scie dans les femelles.

‘Gre. 5. PAcuYLOTA. Wes/w.Anténnes de trois articles , le dernier très-long et cylindrique. Pattes trèscourtes et épaisses avee les jambes sans dents, et tous les tarses dilatés.

Gre, 6. BLASTICOrOMA. Xlug.Antennes seulement de quatre articles

E distincts.

Gre. 7. cEPHALOGERA. Klug. Antennes de sept articles distincts. Gpe.4. CIMBICITES, Antennes renflées en une forte mas-

sue, n'ayant pas plus de huit articles.

Corps très-épais.

Gre. 1. cIMBEX, Oliv. Antennes ayant cinq articles avant la massue bi ou triarliculée, Crochets des tarses simples et éperonnés.

Gre. 2. AbIA. Leach. Antennes ayant quatre articles avant la massue triarliculée. Crochets des tarses simples et éperonnés.

Gre, 3, rLaciocera, Klug, Antennes ayant quatre articles avant

la massue. Crochets des tarses bifides, point éperonnés.

Gre. 4. amasis. Leach. Antennes ayant quatre articles avant ? Ja massue non articulée.

Gre. 5. rERGA. Leach. Jambes intermédiaires et postérieures

munies d’une épine mobile dans leur milieu et d’aiguillons acérés à leur extrémité.

Nous admettons deux familles dans la tribu des Tenthrédiniens; la première , celle des CÉPHIDES, est COMPOsée d'insectes dont toute l'organisation paraît appartenir à la tribu qui nous occupe en CE moment, et qui cependant se lient intimement avec les Syriciens, et plus particulièrement avec les Xyphidries.

Deux groupes distinets se rattachent à la famille des Céphides ; ce sont les Xvézrres et les Cépmires. Le premier est basé sur un seul genre renfermant quelques petites espèces propres au nord de l'Europe. Les Xyèles sont surtout remarquables par leurs antennes, qui sont coudées , avee les premiers articles très-petits, le quatrième formant une longue tige cylindrique. Selon Latreille, les larves des Xyèles vivent dans l'intérieur des végétaux ou des vieux bois. (X. pusilla,Dalm.)

Le groupe des CÉPHITES renferme des insectes bien distinets, entre tous les autres Tenthrédiniens, par de longues antennes multiarticulées, ordinairement épaissies à l'extrémité. Legenre principal, celui de Cèphe (Cephus), est peunombreux en espèces ; toutes sont européennes ; leurs larves sont molles avec six petites pattes écailleuses, leur corps acuminé à l'extrémité, les divers anneaux du corps privés de pattes membraneuses. Ces larves viventdansl’intérieur de certaines tiges. On a signalé ainsi depuis longtemps la larve du Céphe pygmée (Cephus pygmæus) qui

vit dans les tiges du froment et cause souvent des dégâts considérables.

Notre seconde famille des Tenthrédiniens, les Tevræré - DIDES se composent de toutes les espèces à corps épais, à antennes plus courtes que le corps, quoique de forme très-variable. Nous adoptons quatre groupes dans cette famille, correspondant à autant de divisions adoptées par plusieurs entomologistes.

Le premier est celui des Lyprres, qui ont toutes un abdomen large, un peu déprimé,

Les Lydas constituent le genre principal de notre groupe; leurs antennes grêles et sétacées les font reconnaître facilement. Ces insectes sont répandus dans les diverses parties du monde, mais ils ne paraissent très-abondants dans aucun pays; leurs larves sont remarquables par l'absence de pattes membraneuses, ce qui ne leur permet d'avancer qu'avec difficulté, en contractant les anneaux de leur corps. Elles ont aussi l'habitude de sécréter à la manière de certaines Chenilles des fils qui les aident à marcher, et quand elles descendent d’une feuille sur une autre, elles se laissent suspendre par un fil.

Ces larves habitent en société sur divers arbres, dont elles dévorent les feuilles. Chaque larve se file une loge séparée ; cependant toutes se trouvent ensemble cachées sous des feuilles retenues par des fils. On a décrit plusieurs larves de Lydas ; quelques-unes d’entre elles vivent sur le poirier ; telle est la Lyda des forêts (Lyda sylvatica), l'une des espèces les plus communes en Europe ; elle est noire avecles antennes et les pattes jaunâtres, excepté leur base : sa larve est jaune avec la tête noire.

Divers auteurs ont décrit les larves de plusieurs es-

pèces appartenant à ce genre ; Réaumur, De Geer, M. Har— tig, ete., en ont représenté. M. Westwood citeune espèce du même genre (L. inanila) qui vit sur le tremble; une autre habitant sur le rosier.

Ces larves ont acquis ordinairement toute leur croissance vers la fin de l'été; elles descendent alors des feuilles, s'enfoncent dans la terre, où elles se filent une coque soyeuse, pour y subir leur transformation en nymphes.

Le genre Tarpa, très-peu nombreux en espèces, se reconnaît à des antennes pectinées; nous ignorons sur quelles plantes vivent les larves.

Les Lophyres ont des antennes multiarticulées en panaches à double rangée dans les mâles, et en dents de scie chez les femelles, ce qui ne permet pas de les confondre avec les genres voisins, Letype du genre est le Lophyre du pin (Lophyrus pini, hyménoptère long de huit à dix lignes, le mâle entièrement noir, la femelle ayant les jambes et les tarses jaunes, le corps jaunâtre, marqueté de noir. (PI. 6, fig. 5.)

Les larves de cette espèce vivent en abondance sur les pins et occasionnent des dégâts très-considérables. Les nouvelles plantations en ont souffert beaucoup pendant ces dernières années, dans plusieurs départements de la France, surtout dans ceux de la Marneetde la Haute-Marne. Selon un auteur allemand, cette espèceet quelques autres du même genre (pinastri, juniperi, erylhrocephala) ont détruit en Franconie plusieurs milliers d’acres plantées de pins.

Les larves de Lophyresdévorent les jeunes pousses de ces arbres , et elles se filent une coque soyeuse sur l’arbre même; jamais elles ne s’enfoncent dans la terre.

Le second groupe des Tenthrédides est celui des TEn-

rurépirEs, le plus nombreux de la tribu ; il renferme une série de genres assez étendue, qui a augmenté sensiblement dans ces dernières années par la création de nouvelles coupes.

Le genre Cladie ( Cladius, Lat.) renferme seulement quelques espèces indigènes ; le type est le Cladie difforme (Cladius difformis, Lat.), petit hyménoptère noir avec les pattes blanchâtres :il n’estpas très-rareaux environs de Paris. M. Brullé a décrit le premier la larve de cet insecte; elleest d’un vert pâle, légèrement poilue, avec la tête ferrugineuse ; ses pattes membraneuses sont au nombre de quatorze. D'après le même observateur, ces larves vivent sur les rosiers et préfèrent ceux du Bengale à ceux du rosier à cent feuilles ; elles se construisent entre les branches ou dans les plis des feuilles, des cocons pour s'y métamorphoser en nymphes. La nymphe ressemble beaucoup à la larve, mais on ne distingue plus de pattes. Le cocon est d'une consistance très-peu solide et légèrerement jaunâtre. L’insecte parfait éclôt environ unequinzaine de jours après la transformation en nymphe. C’est pendant le mois de juillet qu'a lieu cette dernière métamorphose.

Le genre Némate ( Nematus) est très-répandu dans notre pays , et les larves de diverses espèces ont été observées par plusieurs naturalistes. Les unes vivent sur les feuilles, d'autres se développent dans des galles résultant de la piqüre des femelles qui y déposent leurs œufs.

Quelques Némates détruisent pendant leur premier état les feuilles des saules, où on les trouve pendant certaines années par myriades. Dans une note insérée dans un journal anglais, il y estditque la larve du Némate

du saule caprée (Nemalus capreæ) put occasionner une perte d'au moinsdeux mille livres sterling , soit cinquante mille francs, en dévorant les feuilles nouvelles et en détruisant les jeunes arbustes. Le Némate du saule (Ne- . matus salicis), l'un des plus communs en Europe, est jaunâtre avec le sommet de la tête de couleur noire : sa larve, qui dévaste fréquemment les saules de nos prairies, et qui abonde aussi parfois dans nos jardins, est verte, ornée de séries longitudinales de points : noirs cette larve relève subitement l'extrémité de son corps quand on l’inquiète.

Un autre Némate vivant sur le groseillier ( Nemalus glossulariæ) est des plus communs : dans son premier état iloccasionne des dégâts très-considérables dans les endroits où ces hyménoptères fourmillent ainsi ; car ils vivent en sociétés si nombreuses, qu'on en à compté jusqu’à plus de mille sur un seul arbuste. Dès lecommencement de l'été, les feuilles sont dévorées à tel point, que les fruits ne peuventplus mürir. Ces larves sont d’une couleur verdâtre claire, avec des séries transversales de tubercules piligères. Lors de la transformation en chrysalide, elles se filent des cocons, se tenanttous lesuns après les autres. Deux fois par année on rencontre les larves de notre Némate sur les groseiliers; car cette espèce fournit deux générations aunuelles.

Le Némate ochracé (Nematus ochraceus) vit à l'état de larve sur des saules, etse tient sur le tranchantdes feuilles. Les larves ont toujours l'extrémité du corps relevé; et quand on les touche, elles secouent rapidement l’extrémité de leur corps en divers sens.

Enfin on trouve des Némates sur divers arbres qui en souffrent beaucoup, car en peu de temps ils les dépouillent de toutes leurs feuilles. Nous devons à un entomolo-

giste allemand, M. Hartig, des observations sur les métamorphoses de plusieurs espèces.

Nous avons observé une espèce du même genre qui pendant plusieurs années se trouvait au Jardin des plantes de Paris sur un saule pleureur ; ses larves, en immense quantité, en rongeaient les feuilles. L’insecte parfait (pl. 6; fig. 7) est noir avec l’abdomen, sauf la base et l'extrémité, de couleur roussâtre, ainsi que les pattes antérieures et la base des jambes postérieures. Cet hyménoptère se fait surtout remarquer par la dilatation du premier article des tarses postérieurs. La larve (pl.6, fig. 8) est allongée, d’un jaune verdâtre clair, avec la tête et deux rangées latérales de gros points noirs. Elle tient ordinairement son abdomen un peu recourbée en-dessous ; mais quand on l’inquiète, elle relève la moitié postérieure de son corps, sur la partie antérieure (pl. 6, fig. 9). A la fin de septembre, elle se file une petite coque soyeuse, très-durcie par la matière agglutinante qu'elle sécrète, L'insecte parfait n’éclôt qu'au mois de mai suivant. Cette coque (pl. 6, fig. 10) est oblongue et d'une couleur brune foncée,

Il existe encore divers Némates qui déposent leurs œufs dans les jeunes tiges des saules et occasionnent ainsi desexcroissances considérables , dures comme les autres parties du bois et souvent d’une teinte un peu rougeâtre. Leplusordinairement, ces galles sont habitées par plusieurs individus. Cependant chez certaines espèces il n'existe qu’un seul habitant dans chaque galle.

Il arrive parfois que des Chalcidiens parviennent à atteindre des larves de Tenthrédides jusque dans leur retraite. M. Westwood nous a signalé un Némate qui est ainsi attaqué par une jolie petite espèce d'Eulophe.

Des Némates du sous-genre Pristophora rongentdans leur

premier état les feuilles de plantes peu élevées, telles que des ronces, des oseilles (rumex), ete, D'après M. Hartig, la larve du Pristophore à pattes blanches vit sur les feuilles du cerisier.

Les Dolères (Dolerus) sont très-voisins des vraies Tenthrèdes, quoiqu'on ait formé à leurs dépens plusieurs . sous-genres que nous regardons comme de simples divisions, ou tout au plus comme des sous-genres. Leurs espèces sont européennes ; plusieurs sont assez communes. Les larves vivent sur différents végétaux, selon lesespèces. |

Les vraies Tenthrèdes (Tenthredo) constituent un genre nombreux. Leurs larves, qui ont dix paires de pattes membraneuses, sont quelquefois fort abondantes sur certains arbres. On en trouve plusieurs sur le chêne.

L'une d’elles , appartenant à la division des Allantus, (Tenthredo scrophulariæ), a été observée par quelques entomologistes, Elle vit sur la scrophulaire et ne construit pas de cocon régulier comme le font la plupart des Tenthrédides, mais seulement une cellule terreuse au pied de la scrophulaire.

Les Sélandries diffèrent très-peu des Tenthrèdes proprement dites ; nous avons observé la larve d’une Sélandrie qui n’est pas rare en France. C’est la S. à sternum noir (Selandria melanosterna, Lep. St. Farg.) (pl. 6, fig. 11), __ insecte long de huit millimètres, jaunâtre, avec la tête, les antennes et l’espace du sternum compris entre les pattes postérieures et intermédiaires, de couleur noire. | Nous avons rencontré la larve de cet hyménoptère pendant l'été sur des peupliers du Jardin des plantes ; elle est (pl. 6, fig. 12) d'un jaune verdâtre , avec des séries de points noirs et tout son corps couvert de longs poils blancs.

A la fin de l'été, elle se file un petit cocon dans lequel

elle subit sa transformation en nymphe; celle-ci (pl. 6, fig. 13) est entièrement jaunâtre; la tête prend une teinte noire quelque temps après la métamorphose. C’est seulement au printemps de l’année suivante qu’on voit éclore l'insecte parfait.

Les Athalies sont peu nombreuses en espèces, mais plusieurs d'entre elles sont fort communes dans presque toute l'Europe. Des dégâts très-considérables ont quelquefois été occasionnés par les larves de ces hyménoptères ; on cite, entre autres, la larve de l’Athalie de la rose centfeuilles (Athalia centifoliæ) comme ayant causé des pertes considérables en Angleterre. Ceslarves quittent les feuilles sur lesquelles elles vivent, au moment de se transformer en nymphe, et se forment dans la terre une loge convenable pour y subir leur transformation.

Le groupe des HyLoromrres est très-limité ; il ne comprend que quelques genres, dont le plus important est celui d'Hylotome. On y rattache une assez longue série d'espèces, la plupart européennes, et toutes d'assez petite taille. Le type du genre est l'Hylotome de la rose (Æylotoma rosæ), petit hyménoptère à tête noire, à corselet jaune, avec sa partie dorsale noire ainsi que le sternum, et à abdomen et pattes jaunes avec l'extrémité des jambes postérieures et des articles des tarses de couleur noire. Sa larve, d’un jaune verdâtre pointillé de noir, ronge les feuilles de rosier, où on la trouve quelquefois en grande quantité ; elle tient son corps relevé,

Les Schizochères, très-peu nombreux, sonteuropéens et diffèrent très-peu des Hylotomes.

Au contraire, les Ptérygophores sont propres à l’Australie ; et les Ptilies, Blasticotomes et Géphalocères appartiennent à l'Amérique méridionale.

Le genre Pachylota, très-remarquable par la structure

des pattes, a été fondé récemment sur une seule espèce d'Afrique.

Enfin le dernier, groupe des Tenthrédides, celui des CrmBrcrres, est composé des plus beaux et des plus grands insectes de la tribu. Le genre Cimbex renferme plusieurs belles espèces propres à notre pays, dont le type est le Cimbex jaune (Cimbexæ lutea) (pl. 6, fig. 6), jaunâtre, mélangé de violacé brunâtre. Les Cimbicites ont en général un vol lourd etils produisent alors un bourdonnement assez fort. Les larves des Cimbex comme celles des Amasis et des Abias vivent sur différents arbres dont elles rongent les feuilles. Elles sont pourvues de neuf paires de pattes membraneuses , et leur peau est assez fortement chagrinée. Elles se métamorphosent dans des cocons qu’elles se filent entre les branches d'arbres. On a décrit seulement deux espèces de Plagiocères, l’une et l’autre de l'Amérique méridionale.

Les Pergas sont des habitants de la Nouvelle-Hollande

qui se font remarquer par la grande dimension de leur écusson.

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DEUXIEME ORDRE, à LES COLÉOPTÈRES.

Les Coléoptères ont des mandibules, des mâchoires et deux lèvres, toujours bien distinctes et propres à la mastication; leurs ailes antérieures, auxquelles on applique la dénomination d'élytres à raison de leur conformation, suffisent pour les faire reconnaître au premier abord. Elles sont d’une texture solide, et ne croisent jamais l’une sur l’autre, tandis que les ailes postérieures sont membraneuses et se replient sous ces élytres.

L'ordre des Coléoptères est le plus immense dans toute la série des insectes; au moins parce qu'il a attiré plus spécialement l’attention d’une foule de naturalistes. En effet ces insectes, par l'éclat de leurs couleurs, par la solidité de leurs téguments, par la facilité avec laquelle on peut les conserver dans les collections, ontété recherchés depuis longtemps plus qu'aucun autre ordre; il n’en faut peutêtre pas même excepter l’ordre splendide des Lépidoptères. On serait tenté de croire que des insectes , recueil. lis avec tant de soin par tout le globe, ont donné matière à des travaux scientifiques plus complets et plus parfaits que ceux qui existent sur les autres ordres, dont peu de personnes ont fait une étude approfondie; il n’en est pourtant rien.

Aujourd’hui même la classification des Coléoptères est moins fixée que parmi les Orthoptères, Névroptères, etc. La multiplicité de genres créés dans certaines familles forme ‘ un contraste singulier avec ce que l’on observe dans des tribus entières, qui ont été extrêmement négligées.

Ici, l'on avait vu des divisions multipliées à l'excès,

impossibles à caractériser, tant les modifications signalées dans cette partie de l'animal sont variables et ani peu d'importance dans son économie.

Là, au contraire, plusieurs genres renferment des séries d’espèces assez disparates.

La classification intérieure de cet ordre, la plus suivie surtout en France pendant quarante ans et plus, celle dont les premières divisions reposent sur le nompre d'articles des tarses, était assez commode, il est vrai, mais tellement en désaccord avec la méthode naturelle, que nous avons cru devoir en présenter une plus en harmonie avec les principes de cette même méthode.

Et, comme nous négligeons de signaler les sous-genres et les simples divisions de genres, nous nous sommes toujours attaché à donner autant que possible la même valeur à nos tribus, familles, groupes et genres, selon leur degré d'importance.

Il ne faut pas douter de voir d'ici à quelques années la classification de l’ordre des Coléoptèrestixée au pointqu'elle ne sera plus susceptible que d’éprouver des modifications très-légères.

Mais quelques travaux, exécutés avec conscienceet sagacité, sont encore nécessaires pour arriver à un tel résultat.

On nedoit point s'étonner que dans cet ordre une foule d'espèces qui encombrent les collections n’aient pas été décrites jusqu’à présent. La quantité seule rend très-pénibles et très-longs les ouvrages descriptifs. Les plus grandes collections renferment à peu près vingt-cinq mille espèces parfaitement distinctes. Et comme toutes celles qui existent dans l’une n’existent pas dans l’autre, et réciproquement, nous sommes arrivé à pouvoir démontrer qu'en

réunissant les diverses collections entomologiques de France, d'Angleterre et d'Allemagne, on obtiendrait un chiffre qui s'élèverait à près de soixante-dix milleespècesde Coléoptères. Et tous les jours nous voyons arriver de diverses parties du monde de nouvelles richesses que nous ne soupçonnions même pas, et cela non pas seulement parmi les petits insectes, mais également parmi les plus beaux et les plus brillants. Si le globe entier pouvait être soumis aux investigations minutieuses d’un grand nombré de naturalistes, on obtiendrait une quantité incalculable d'espèces. à

Nous n’essayerons pas de donner un chiffre approximatif d’après les données qui nous sont fournies par les régions européennes, où des recherches assidues ont été faites ; car ce chiffre paraîtrait probablement exagéré, et, selon toute vraisemblance, il serait encore beaucoup audessous de la vérité.

Les Diptères surpassent peut-être en nombreles Coléoptères dans la nature; mais ces insectes étant beaucoup moins recherchés, ils sont numériquement bien inférieurs dans les collections.

Les métamorphoses des Coléoptères sont complètes, commecelles des Hyménoptères. Une larve ou un petit ver sort de l'œuf pondu par les femelles. Après une existence plus ou moins longue dans ce premier état, une transformation a lieu : l’insecte est alors en nymphe, dans une immobilité complète. Un certain temps écoulé, l’insecte parfait sort de cette enveloppe de nymphe, qui n’est plus qu’une dépouille plus ou moins déchirée. : ”

On ne retrouve pas sans doute chez les Coléoptères cet instinct admirable, cette lueur d'intelligence bien manifeste qu'onobserve chez tant d'Hyménoptères. Cepen-

dant l'existence, la vie, les métamorphoses de ces insectes sont encore bien dignes d’une étude sérieuse.

Parmi ces êtres on n’en trouve point dont les produits soient utilisés par l'homme, comme il en est parmi les Hyménoptères, les Hémiptères et les Lépidoptères.

Quoi qu'il en soit à cet égard, ils nous offrent deux catégories , qui intéressent au plus haut degré une des industries humaines les plus précieuses, l’agriculture.

Les Coléoptères sont ou nuisibles aux produits de la terre, et quelques-uns le sont malheureusement beaucoup ; ou utiles en ce sens qu'ils sont carnassiers et détruisent les espèces nuisibles: F

Quand nous disons détruisent, nous entendons seulemént des individus; car nous ne pensons pas qu'il soit permis dans la nature où tout est si bien réglé, qu’une espèce en anéantisse une autre.

Les mœurs des Coléoptères sont cependant très-variées dans l’une et l’autre de ces deux catégories, mais surtout dans la première. Souvent les habitudes des insectes parfaits sont très- différentes de celles des larves ; les substances qui servent à leur nourriture ne sont pas les mêmes. L’entomologiste est presque toujours assuré de trouver diverses espèces particulières quand il rencontre un animal mort et déjà en putréfaction. Beaucoup d’autres habitent les matières excrémentitielles animales, et vivent ainsi de matières végétales plus ou moins animalisées.

On sait que les bouses de vaches en Europe, celles de buffles et de chameaux en Afrique, nourrissent des Coléoptères appartenant à diverses familles et même à diverses tribus.

Quelques Coléoptères attaquent des peaux et en général des animaux morts et desséchés. Nos collections en-

tomologiques ne peuvent être préservées de leur voracité que par des soins permanents pour empêcher l’envahissement de ces espèces dangereuses.

Les larves sont les seuls auteurs des dégâts que nous avons à redouter ici ; car les insectes parfaits fréquentent les fleurs.

Cependant les Coléoptères phytophages sont les pius nombreux. Il en est beaucoup dont les larves vivent dans le bois, ce sont évidemment les plus redoutables, car quelques années sont suffisantes pour entraîner la perte d’arbres naguère vigoureux et pleins de vie. Nous en verrons de tristes exemples dans plusieurs circonstances.

Bien des Coléoptères ont des larves lignivores qui ne vivent que dans les bois employés dans les constructions ; ceux-là peuvent être dangereux, car les poutres de nos maisons sont parfois rongées au point depouvoirse rompre.

Il est encore une foule d’autres insectes du même ordre qui rongent les feuilles et les tiges de diverses plantes tant à l’état de larve qu’à l’état parfait.

Nous divisons cet ordre en vingt-cinq tribus, dont le ta: bleau suivant présente l'énoncé des principaux caractères.

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