‹ Histoire des insectes, traitant de leurs moeurs et de leurs métamorphoses en général et comprenant une nouvelle classification fondée sur leurs rapports naturelsChapitre 43 sur 58 · DE LA TRIBU DES STAPHYLINIENS · texte numérisé non relu

DE LA TRIBU DES STAPHYLINIENS

EN FAMILLES, GROUPES ET GENRES

1° Famille. OMALIDES. Labre corné entier.

1°" Groupe. PROTÉINITES. Ocelle unique ounul. Lobes de la lèvre inférieure distincts.

Gre. 1. MICROPèPLE. Latr. Tarses de trois articles. Antennes de

neuf.

Gre, 2. GLYPrOME. Zrich. Tarses de trois articles. Antennes de onze.

Gre. 3, PHLOEORIE, Lacord. Tarses de cinq articles. Un ocelle sur ; le front.

Gre. 4, PROTÉINE, Kirby. Tarses de cinq articles ; ocelles nuls | Antennes de onze articles.

Groupe 2, OMALITES. Ocelles au nombre de deux. Lobes , de la lèvre inférieure nuls.

Gre, {. ANTOmtE. Leach. Tarses dilatés, dequatrearticles. Jambes mutiques.

Gre. 2. OMALIE GTrav.

Tavses postérieurs simples, de quatre articles. Jambes légèrement épineuses. Mandibules mutiques.

Gre.3.Larurimacée. Eric. Tarses postérieurs ayant leurs deux

Gre. 4. acinora. Zeach.

Gre. 5. ARrÉDIE. Zrichs.

Gre. 6. LESTEVA. Latr.

premiers articles égaux, assez longs ; les jambes mutiques. Mâchoires membraneuses.

Œarses postérieurs ayant le premier article long. Les jambes épineuses.

Tarses postérieurs ayant le 1° article long ; jambes mutiques. Mandibules mutiques.

Tarses postérieurs à premier article long. Jambes mutiques. Mandibules unidentées. Dernier article des palpes maxillaires trois fois plus long que 1 précédent. '

Gre. 7. avrnopaGus. Grav. Tarses postérieurs à premier article

long. Jambes mutiques. Mandibules bidentées. Dernier article des palpes maxilläires égal au précédent.

Gpe. 3. PHLŒOCHARITES. Ocelles nuls. Lobes de la lèvre infé-

rieure distincts. Hanches postérieures saillantes.

Gre. 1. PuLorocHARIS. Man. Palpes maxillaires terminés en pointe.

Gre. 2. OLISTHÈRE. £rich.

Fam. 2. OXYTÉLIDES.

Palpes maxillaires filiformes.

Labre corné, offrant ordinairement une languette de chaque côté.

Groupe 1. PROGNATHITES. Dernier anneau de l'abdomen caché.

Gre. 1. nyporèLe. £richs.

Gre. 2. I80MALE. Zrichs.

Abdomen bordé. Mandibules muti- .ques. Dernier article des palpes maxil- Jaires trois fois plus long que le pré cédent: Jambes épineuses.

Abdomen bordé. Mandibules mutiques. Dernier article dés palpes maxi:

laires plus court que le précédent, Jambes muliques.

Gre. 8. pROGNATX. Lafr.

Gre. 4. PESTE. Graven- Gre. 5. risrine. Erichs.

Gre. 6. LEPTOGHIRE. Gern.

Groupe 2. COPROPHILITES

Gre. 1. SYNTOMIE. Curl.

Abdomen bordé. Mandibules mutiques. Dernier article des palpes maxillaires à peine plus long que le précédent Jambes antérieures épineuses.

Abdomen bordé. Mandibules dentées.

Jambes antérieures crénelées.

Abdomen non bordé. Mandibules muliques.

Abdomen non bordé. Mandibules dentées. Jambes antérieures en scie.

. Dernier anneau de l'abdomen dis-

tinct. Languette membranense. Tarses de cinq articles.

Jambes muliques, Dernier article des palpes maxillaires plus petit que le précédent.

SGre. 2. MICRALYMMA. Wes lu. Jambes mutiques. Dernier article des

Gre, 3. DELEASTER. Zrich.

Gre. 4. COPROPUILE. Latr.

Groupe. 3. OXYTÉLITES.

Gre. 1, TRocoPnLÉE. Mann Gre.2 OoxYTÈLE. Gr'av.

Gre. 3. nLébte. Leach.

Groupe 4. OSORITES.

palpes maxillaires trois fois plus long

que le précédent.

Jambes mutiques. Dernier article des

palpes maxillaires une fois plus long

que le précédent.

Jambes antérieures épineuses. Au-

tennes un peu épaissies vers l’extré-

mité.

Dernier anneau de l'abdomen dis-

tinct. Languette membraneuse. Tar-

ses de trois articles. É h.Jambes mutiques.

Jambes antérieures offrant une seule rangée d'épines.

Jambes antérieures offrant deux ran-

gées d’épines.

Dernier anneau de labdomen dis-

tinet. Languette cornée. Antennes de

onze articles.

Gre. 1. osoRE. Leach.

Jambes antérieures dentées,

Gre. 2.uouorrocuvs. Zrich. Jambes mutiques, Groupe 5. MÉGALOPITES. Dernier anneau de l'abdomen dis-

tinct. Languette cornée. Antennes de dix articles. Yeux très-proéminents.

Gre. 1. mÉGaLors. Zrichs.

Fam. 3. STÉNIDES.

Gre. 1. STÈNE. Latr.

Gre. 2 pranous. Leach.

Gre. 3. ÉVESTHÈTE, Gr'a.

Fam. 4, POEDÉRIDES.

Gpe. 1. PINOPHLITES.

Gre. 1. PROGIRRE. Latr.

Labre corné, semi-orbiculaire,

Tarses de cinq articles. Menton carré.

‘Larses de cinq articles. Menton triangulaire.

Tarses de quatre articles.

Labre corné. Dernier anneau de l’abdomen à peine distinct.

Dernier article des palpes maxillaires au moins aussi long que le précédent.

Abdomen non bordé. Tarses antérieurs dilatés. Dernier article des palpes maxillaires acuminé. 4

Gre. 2. ænicmims. Ærichs. Abdomen non bordé, Dernier article

Gre. 3. PALAMINS, Zrichs

Gre. 4. TOENODEMA. Cast.

Gre. 5. PINOPHILE, Grab.

Groupe 3. PŒDÉRITES,

Gre. 1. POEDÈRE. Gr'av.

Gre. 2. sUNIE. Leach.

des palpes sécuriforme,

. Abdomen non bordé. Les tarses anté-

rieurs formant une large palette.

Abdomen bordé, Tarses en palette.

Dernier article des palpes maxillaires sécuriforme,

Abdomen hordé. Tarses antérieurs ayant leurs quatre premiers articles dilatés, formant une palette, Dernier article des palpes maxillaires filiforme.

Dernier article des palpes maxillaires plus court que le précédent.

Quatrième article des tarses bilobé.

Quatrième article des tarses ayant un lobe membrañeux,

Gre. 3. écniasten. Ærichs. Quatrième article des tarses simple.

Labre quadridenté,.

Gre. 4. STILIQUE. Latr.

Quatrième article des tarses simple.

Labre bidenté. Quatrième article des palpes indistinct.

Gre, 5.rurnocuaRs. Lacord.Quatrième article des tarses simple.

Gre. 6. scorfée, Zrichs.

Gre. 7. LATHROBIE. Gr'av.

Gre. 8. crypropié. Mann.

Fam. 5°. STAPHYLINIDES.

Antennes droites. Quatrième article des palpes maxillaires visible.

Quatrième article des tarses simple.

Antennes droites. Languette cornée, trifide.

Tarses simples. Antennes droites, Labre bilobé, Tarses simples. Antennes brisées. Labre bilobé.

Labre corné. Dernier anneau de l’abdomen rétractile.

Groupe 1. XANTHOLINITES.Antennes moins écartées entre elles

que les yeux.

Gre. 1. XANTHOLIN. Lep. ef Antennes brisées. Labre membraneux

Serv.

Gre. 2. orme. Zeach.

Gre. 3. soyraLin. £richs.

Gre. 4. STERCULIE, Cast.

latéralement.

Antennes droites. Lobes dela lèvre inférieure linéaires.

Anteuues brisées. Labre entièrement corné , ayant six dentelures.

Antennes brisées. Labre entièrement corné, bilobé.

Gre.5.PLATYPROSOPE. Mann.Antennes droites. Lobes de la lèvre

inférieure nuls.

Group. 2. STAPHYLINITES. Antennes filiformes plus écartées entre

Gre, 1. STAPHYLIN. Lin.

Gre. 2. PHILONTHE. Zeach.

elles que les yeux.

Antennes droites. Palpes filiformes Languette échancrée.

Antennes droites. Languette entière.

Gre. 3. ACYLOPnORE, Æor dm. Antennes brisées. Languette entière.

Gre. 4. SCARIPHÉE. Zr'ichs.

Gre. 5, HÉMATODES. Cast.

Antennes droites, moniliformes, un

peu comprimées.

Antennes droites, courtes, compri-

Groupe 3. OXYPORITES.

Gre. 1. OxYPORE. Fabr.

Gre. 2. ASTRAPÉE. Grav.

Gre. 3. QueDIE. Leach.

Gre. 4. VELLÉIE. Mann.

Fam. 6° TACHYPORIDES,

Groupe 1. TACHYPORITES.

Gre, 1. TACHYPORE. Grav.

Gre. 2. TACHINE. Grav.

Gre. 3. BOLÉTOBIE. Leach,

Gre. 4. rRicnopuye, Mann.

Gre. 5, MYGÉTOPORE, Mann.

Gre. 6. TANYGNATRE, Zrich.

Gre. 7. ayrocyrre, Schüpp.

mées et renflées à l'extrémité. Antennes dilatées et comprimées vers l'extrémité.

Palpes maxillaires filiformes. Languette bilobée.

Palpes à dernier article sécuriforme.

Palpes filiformes. Languette entière.

Antennes épaisses à l'extrémité. Corselet peu dilaté,

Palpes filiformes, Antennes en scie.

Corselet très-dilaté.

Labre sans échancrure. Ocelles nuls, Hanches antérieures saillantes.

Antennes insérées sur les bords latéraux du front.

Antennes de onze articles. Dernier article des palpes maxillaires en pointe. Tarses de cinq articles. Languette bilobée.

Antennes de onze articles. Tarses de cinq. Palpes maxillaires filiformes.

Languette bilobée.

Antennes de onze articles. Tarses de cinq. Palpes filiformes. Languette échancrée.

Antennes de onze articles, Tarses de cinq. Palpes filiformes. Languette échancrée, avec les paraglosses distincts.

Antennes de onze articles, Tarses de cinq. Palpes filiformes. Languette arrondie,

Antennes de onze articles. Tarses de quatre. Palpes fililormes.

Antennes de dix articles. Tarses de quatre.

Groupe 2. ALÉOCHARITES. Antennes insérées sur le front, au bord des yeux.

Gre. GYMNUSA. Karst. Tous les tarses de cinq articles.

Gre. 2. MYLLOENA. Zrichs. Tarses antérieurs de quatre articles,

(Pronomæa, Silusa. Er.) les postérieurs de cinq. Palpes labiaux sans articulations distinctes.

Gre. 3. Lowecuusa. Grav. Tarses antérieurs de quatre articles, les postérieurs decinq. Palpes labiaux de trois articles Languette entière.

Gre. 4. DINARDA. Leach. Tarses antérieurs de quatre articles, les postérieurs de cinq. Palpes de trois articles. Languette bifide. Màchoires onguiculées.

Gre.5. cyropnogNA. Mann. Tarses antérieurs de quatre articles, les postérieurs de cinq. Palpes labiaux de deux articles,

Gre. 6, oLicora. Munnh. Tous les tarses de quatre articles, les antennes de dix.

Gre.7.ALÉOGHARA. Grav. Tous les tarses de cinq articles. Palpes labiaux de quatre.

Gre. 8. oxypopA. Mann. Tous les tarses de cinq articles, les palpes labiaux de trois.

Gre. 9. BoLITOCHARA. Mann. Tarses antérieurs de quatre articles,

(Homalotaet Calodera. Man.)les postérieurs de cinq. Palpes labiaux de trois articles. Languette bifide. Mâchoires mutiques, ciliées.

La grande tribu des Staphyliniens se divise naturellement en plusieurs familles : nous en adoptons six.

La première est celle des OmALIDEs, composée de Coléoptères de très-petite taille, très-abondants dans le centre et le nord de l'Europe.

Les Omalides peuvent être subdivisés en trois groupes.

Nous mettrons en première ligne les PROTEtNITES , petits insectes à élytres assez longues comparativement à ce que l'on observe parmi les autres Staphyliniens ; et à

antennes ordinairement renflées en massue : caractères qui leur donnent une sigrande affinité avec les Nitidulides, principalement avec les Cercus, que plusieurs entomologistes:les ont placés parmi ces derniers, malgré des affinités plusévidentes avec la tribu qui nous occupe en cemoment.

Les Protéinites se rencontrent sur les fleurs, et particulièrement dans {es champignons. ,

Le genre Protéine est le principal du groupe. On n'en connaît que peu d’espèces européennes, dont la taille atteint rarement une ligne de longueur. TI en est à peu près de même des autres genres de ce groupe, à l'exception des Glyptomes, dont la plupart des espèces sontaméricaines.

Les Micropèples sont ceux dont la ressemblance avec les Nitidulides est la plus frappante : ils sont remarquables par leurs élytres sillocnées.

Les Owarres soût beaucoup plus nombreux que les précédents. Cependant les régions extra-européennes, sauf l'Amérique, ne nous ont encore fourni presque aucune espèce.

Les Omalites sont généralement très-aplatis. Parmi les genres principaux, on compte les Anthobies , dont le nom indique assez qu'ils fréquentent les fleurs. On les trouve aussi du reste dans les mousses, les végétaux en décomposition, etc.

Les Omalies qui constituent je genre type du groupe sont communs dans notre pays, du moins plusieurs es-pèces, entre autres l'O. des rivages (Omalium rivulare Payk.), insecte long dedeux lignes, d’un noir brillant, avec la base des antennes et les pattes testacées, les élytres d'une couleur un peu plus foncée, Ja tête très-ponctuée ainsi que le corselet, avec deux fossettes oblongues.

Ces Staphyliniens se trouvent parmi les herbes, sous les écorces d'arbres , dans les mousses.

Le genre Lesteva est l’un des plus curieux du groupe ; la formeoblongue du corps de ces insectes, etleurs antennes longues et filiformes, leur donnent quelque ressemblance avec quelques Carabides. Les Lestèves viventsur les bords des rivières et des étangs, parmi les mousses et les herbes fréquemment humectées.

Les Anthophages vivent de la même manière que les Omalies.

Le groupe des PaLoocnaRITEs ne comprend que deux genres : l’un, Phlæocaris, renferme actuellementuneseule espèce (P. subtilissima Grav.), que l’on trouvedanslenord de l’Europe, sous les écorces de pins.

Les Olisthæres habitent la Suède et la Laponie.

La seconde famille des Staphyliniens, celle des Oxy- TÉLIDES, est l’une des plus répandues dans les diverses régions du monde ; nous y rattachons cinq groupes.

Les ProGNararres constituentle premier. Le genre Prognathe, qui donne son nom au groupe, a pour typele P. à quatre cornes (P. quadricornis) d'un brun noir, brillant, avec les élytres brunes, faiblement ponctuées.

On trouve cet insecte sous les écorces, principalement dans le nord de l'Europe : sa larve, représentée par M. Westwood, est aplatie et assez large dans toute sa longeur.

Les autres Prognathites sont exotiques, et particulièrement répandus en Amérique : on les trouve toujours sous les écorces; ce qu'indique déjà la forme très-aplatie de leurs corps.

Les Leptochires, les plus grands Staphyliniens de ce

groupe, sont surtout remarquables par leurs mandibules avancées etleur tête très-large. Leursespèces, quoique peu nombreuses, sont dispersées en Amérique, aux Indes orientales, à Madagascar. Elles vivent en société, sous les écorces d'arbres en décomposition.

Les Corrorarzires, second groupe des Oxytélides, sont peu nombreux; et tous ceux observés jusqu'à présent sont européens. Ils se tiennent sous les pierres et sous les écorces, dans les endroits ombragés.

‘Onn’a encore décrit qu'un seul Coprophile. La seule espèce- connue du genre Micralymma (#4. brevipenne) a été trouvée sur les bords de la mer en Suède eten Angleterre, où , d'après les observations faites dans ce dernier pays, et consignées par M. Westwood , elle est entièrement:couverte par la mer lors de la marée montante, et se trouve à découvert seulement lors de la marée descendante. Nous verrons encore quelques autres Coléoptères vivant ainsi pendant longtemps entièrement sous l’eau.

La larve de ce Staphylinien est longue et étroite, avec les mandibules falquées. La nymphe présente quelques poils au bord antérieur du corselet, dont deux beaucoup plus longs que les autres.

Les Oxyrézires forment le troisième groupe de la famille : ce sont de petits insectes étroits, dont les côtés du corps sont très-parallèles.

Le genre Oxytèle est assez nombreux en espèces ; on les trouve ordinairement dans les bouses, les fumiers, ete.

Les Trogophlées recherchent particulièrement les écorces d'arbres; on en rencontre aussi dans les prés, dans les bois, sur les fleurs. Quelques-uns sont indigènes à notre pays; les autres sont exotiques.

Les Blédies sont assez abondants en Europe; ils vi-

vent toujours sur le bord des eaux, plusieurs même sur le bord des eaux saumâtres, où ils se creusent de petites fosses qu'ils habitent par paires.

C'est ce que nous avons observé nous-même pour le Blédie tricorne (Bledius tricornis), petit insecte long de deux à trois lignes, noir, avec les élytres rousses, les antennes et les pattes testacées, et la tête du mâle tricornue.

Nous avons pendant plusieurs années trouvé aux environs de Paris, sur les bords de l'étang du Plessis-Piquet, cet Oxytélite en quantité considérable : il se tenait sous les nombreux détritus de végétaux des bords de l'étang. L'insecte parfait paraît deux fois l'an ; on le rencontre pendant les mois de mars et d'avril, quelquefois plus tôt; et il ne reparaît ensuite que vers le mois de septembre.

LesOsonrres, quatrième groupe des Oxytélides, ont un corps cylindrique très-épais. On n'y rattache que deux genres, dont toutes les espèces sont exotiques, et la plupart américaines. Les Osorites, d’après les observations faites par M. Lacordaire, vivent sous les écorces des arbres pourris, où ils se forment des galeries irréguliè res. Les nymphes restent dans les mêmes galeries.

Le groupe des MéGaLoPITES repose sur le genre Mégalops, qui renferme quelques petites espèces américaines, bien remarquables par la proéminence de leurs yeux. Leur aspect les rapproche beaucoup de la famille suivante.

La troisième famille de la tribu des Staphyliniens, les Srénipes, est composée de petits insectes très-reconnaissa + bles à leurs yeux proéminents, à leur corps terminé en pointe, et à leur tête grande et avancée. Les Sténides ont un caractère particulier, qui consiste dans la longueur extrème dela lèvre inférieure: cette lèvre, dans l'état de repos, parait

courte; mais elle s'étend facilement , et alors elle atteint la longueur de la moitié du corps.

Ces Staphyliniens sont très-communs en Europe. Ils se trouvent en grande quantité sur les bords fangeux de nos étangs et de nos ruisseaux ; ils courent avec la plus grande agilité; quelques espèces vivent par troupes.

Le genre Sténe est Le principal de la famille; ses nombreuses espèces, toutes de la même couleur, ne diffèrant entre elles que par de légères ponctuations, sonttrès-difficiles à distinguer. On a décrit un seul Dianous.

On connaît deux espèces européennes d’Evæsthètes rares dans notre pays, mais plus répandues dans le Nord.

Les Pospérines forment la quatrième famille des Staphyliniens : ses affinités avec la précédente sont trèsmarquées ; son étendue est beaucoup plus grande.

On la divise naturellement en deux groupes ; les Prno- PHILITES et les Poœpénires : les premiers sont la plupart étrangers à l'Europe. Les Pinophiles proprement dits vivent dans les régions chaudes des deux hémisphères.

Les Palamines sont américains.

On a décrit une seule espèce, trouvée en Sicile et en Barbarie, de chacun des genres OEdichire et Procirre.

Les Pains sont beaucoup plus abondants, surtout en Europe,

Les Pœdères vivent constamment sur le bord des eaux. Le type du genre est le P. des rivages ( Pæœderus riparius), long de trois à quatre lignes, noir, avec les élytres-bleues, le corselet, les quatre premiers anneaux de l'abdomen , le mesosternum et les pattes rousses, les cuisses noires à l'extrémité, et la base des pattes.et des antennes testacée. Il est très:ccommun dans toute l’Europe, Ce qu'il y a de singulier, c’est que les Pœdères tant

d'Europe que des régions tropicales présentent une disposition de couleurs très-analogue.

Les Sunies diffèrent fort peu des précédents. Les Stiliques (Stilicus) ont une tête grande et parfaitement orbiculaire. Ges petits Staphyliniens se tiennent sous les pierres et sous les feuilles tombées.

Les Lithocharis vivent de la même manière, ainsi que les Lathrobies , dont le corps est fort long et linéaire. On les rencontre aussi sous les mousses et les feuilles, dans les forêts humides.

Il en est de même des Cryptobies , etc.

La cinquième famille de la tribu des Staphyliniens , les SrAPHYLINIDES , renferme les plus grandes espèces de la tribu. On la divise en trois groupes, les XaNTHOLINr- Tes, les SraPHvLiNiITES et les OxYPORITES. 4

Le genre Xantholin est le type du premier de ces groupes. On en connaîtquelques espèces européennes, mais la plupart cependant sont exotiques. Ils vivent dans les bois, dans les lieux humides, se tenant sous les pierres , sous les feuilles tombées , ou même dans la mousse.

Les Xantholins sont étroits et très-longs; leurs larves, d’après la description qui nous en est donnée par M. Bouché pour le Xantholin ponctué (Xantholinus punctulatus), sont linéaires, atténuées postérieurement, poilues, et d’un blanc jaunâtre. La larve du Xantholin ponctué vit aux dépens d’autres insectes, etse rencontre dans les fientes de chevaux.

Les Leptacines, très-voisins des précédents, vivent de la même manière.

Les Sterculies sont des Staphyliniens d'Amérique, dont plusieurs présentent des couleurs vertes dorées des”

plus éclatantes.

M. d'Orbigny a rencontré sous des bois pourris, dans la province de Bolivia, la Sterculie splendide (S4. splendens, BI. ‘ ;

Quelques autres genres de ce groupe sont exotiques, et nous ne savons rien de particulier sur leurs habitudes.

Les SraPaYLiniTEs renferment en première ligne les Stapbylins proprement dits. Nous pouvons en regarder comme le type le Staphylin odorant (Sraphylinus olens, Lin.) (pl. 8, fig. 7), long souvent de plus d’un pouce, ailé, noir opaque, très-finement pubescent, avec l'extrémité des antennes ferrugineuse.

C'est un insecte extrêmement commun dans toute l'Europe; il vit de rapine, court dans les chemins et se rencontre à chaque pas pendant la plus grande partie de l'année. Si on l'inquiète, comme beaucoup d’autres Staphyliniens il redresse sa tête et l'extrémité de son corps , en ouvrant ses mandibules.

Sa larve (pl. 8, fig. 8) vit sous les pierres, également de rapine, et son aspect a beaucoup d’analogie avec celui de l'insecte parfait; quand on veut s’en saisir, elle prend exactement la même attitude.

Quoique fort commune, il n’y a pas longtemps que ses métamorphoses sont connues. En 1835 nous les observâmes pour la première fois ; et à peu près à la même époque M. Heer en Suisse les faisaitaussi connaîtredans un travail spécial sur les larves et les nymphes de plusieurs Coléoptères.

La larve du Staphylin odorant (pl. 8, fig. 8) est allongée, atténuée vers l’extrémité avec une tête grande, des mandibules fortes et falquées , des pattes très-courtes.

* ou. Voyage d'Orbigny dans l'Am. mérid.. Insectes, pag. 80, pl, b.

La tête et les trois anneaux thoraciques sont d'un brun lisse et brillant. Au contraire, tous les anneaux de l'abdomen sont plus mous , d’un gris cendré et pubescent ; le dernier segment supporte une patte anale et deux petits filets relevés.

Cette larve est très-carnassière et très-agile; elle se forme ordinairement un trou dans la terre, et saisit sa proie au passage. IL n'est pas rare de voir plusieurs individus s'attaquer entre eux ; ils se saisissent entre la tête et le premier anneau du corps, de manière à sucer toutes les parties liquides.

Ontrouve la larve du Staphylin odorant pendant tout l'hiver; vers le mois de mai elle a acquis tout son développement ; alors elle se forme dans la terre une cellule, où elle subit sa transformation en nymphe.

Cette dernière est entierement d’un jaune paille, foncé, lisse et brillant, avec une couronne de poils au bord antérieur du corselet; mais quelquefois ces poils sont assez petits ou tombent en partie.

L'insecte parfait éclôt quinze à seize jours après la for-. mation de la nymphe.

Les Staphylins paraissent répandus dans toutes les régions du monde : nous en avons en Europe une certaine quantité d'espèces, dont les mœurs ressemblent assez à celles du Staphylin odorant, Cependant ilen est parmi eux qui vivent sur les charognes, comme les Silphes , avec lesquels on les voit fréquemment. De ce nombre est le St. à grandesmäâchoires (S.maxillosus, Lin.), quiest d'un noir brillant, avee un duvet cendré formant une bande transversale sur les élytres, et couvrant la plus grande partie de l'abdomen.

Les Philonthes sont de petits Staphylinites très-abon-

dants dans notre pays; mais ils se trouvent également dans toutes les régions du globe.

Ils vivent sous les pierres, parmi les végétaux et les animaux en décomposition, aussi bien que dans les matières excrémentitielles.

La larve du Philonthe bronzé (PA. œæneus), décrite par M. Bouché, est linéaire, rétrécie vers l'extrémité, grisâtre,

avec quelques poils ferrugineux : on la trouve pendant l’automne et l'hiver dans le fumier et sous des détritus végétaux. Elle y dévore des larves de diptères.

Les Hétérotops , qu’on peut rattacher au genre philonthe, et dont nous ne connaissons que peu d'espèces, vivent de la même manière, ainsi que les Acylophores.

Quelques autres genres de Staphylinites étrangers à l'Europe nous sont inconnus dans leurs habitudes.

La seule espèce connue du genre Hæœmatode ( Hæmatodes bicolor) habite le Brésil méridional, où elle a été trouvée sous des pierres par M. d’Orbieny.

Le dernier groupe des Staphylinides les Oxyponires, est composé , seulement de cinq genres.

Les Oxypores vivent dans les agarics et les bolets.

On trouve les Eurypores sousles mousses. La seule espèce du genre Astrapée (A. ubni, Rossi.) vit, dit-on, au printemps sous les écorces des ormes.

Le Velléie dilaté ( Velleius dilatatus) habite dans les nids des frelons (vespa crabro). C'estla difficulté de l'ob« tenir chez des hôtes aussi peu traitables que les frelons, quille rend si rare dans les collections,

Les Quédies sont de moyenne taille parmi les Staphylibiens, et très-communs dans le fumier, les détritus végétaux et animaux. Quelques larves de Quédies ont été décrites par MM. Bouché et Waterhouse : elles ressemblent

beaucoup à celles des Philonthes ; et comme ces dernières elles se trouvent dans le fumier, où elles s'emparent de larves de Diptères.

Enfin, la dernière famille de la tribu des Staphyliniens est celle des TacmiNIpESs, que nous subdivisons en deux groupes : les Tacrnrres et les ALÉOGHARITES, coléoptères généralement très-petits, et fort communs en Europe.

Les TAGHINITES sont remarquables par leur corps pisciforme , très-atténué à l'extrémité. :

Les Mycétopores, les Bolétobies, se tiennent sous les feuilles tombées, sous les mousses, ainsi que dans les champignons.

Les Tachines etles Tachypores, les principaux genres du groupe, se trouvent dans tous les endroits humides, parmi les détritus végétaux ou les matières excrémentitielles. Il en est de même chez les autres genres, dont les espèces décrites sont également indigènes à l’Europe.

Legroupe.-des AréocHARITES est plus nombreux.

La plupart vivent parmi les détritus végétaux ou dans les fientes des bestiaux.

Cependant plusieurs habitent dans les fourmilières. De ce:nombre sont les Loméchuses, dont quatre espèces seulement sont connues. Les Dinardes vivent aussi dans les fourmilières.

Au contraire, les Gyrophœnes se trouvent principalement dans les champignons. Presque toutes les nombreuses espèces qui composent les divers genres appartenant encore au même groupe se tiennent le plus habituellement parmi les détritus végétaux. Leur taille est très-exiguê,.

Les principaux genres sont les Aléochares, Bolitocha-

res, etc., aux dépens desquels on en a formé plusieurs

autres ‘': = QUATRIÈME TRIBU.

LES PSÉLAPHIENS.

Cette petite tribu offre la plus grande analogie avec la précédente, surtout la première famille, que divers entomologistes ont placée parmi les Staphyliniens, tandis que d’autres en ont fait une section à part dans l’ordre des coléoptères ; et cela en considération des tarses, composés de trois articles, dont deux seulement sont bien distincts.

Tous les Psélaphienssont d'une taille très-exigué. Aussi ne doit-on pas s'attendre à trouver parmi eux beaucoup d’exotiques connus.

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