ÉRUDITION. XIIII
nue idée de la manière de procéder des Juifs dans leurs travaux d'exégèse et dans leur Talmud- Ensuite lorsque j'eus apprécié la méthode des illustres érudits des xvi® et xvif siècles, ainsi que les formes familières à la critique allemande, je m'arrêtai et me fis cette question : Dois-je me régler d'après ceux-ci ou ceux-là? Je ne crus point que ce fût indispensable; j'avais à me tracer une autre voie. Je songeai à cette parole de Salomon, qui plus tard est devenue l'épigraphe de mon livre sur Jésus-Christ et sa doctrine : « A chaque 8 chose sa saison, à toute pensée sous les cieux > son temps. »
Ainsi que mes premières pages l'attestent, je m'adressais spécialement à mes concitoyens, aux opinions de la France. Il convenait par conséquent de s'attacher à une érudition toute française, de tirer parti des connaissances et des témoignages que le lecteur possédait déjà en lui-même, ou qui se trouvaient le plus à la portée de sa main. En outre, les faits et documents historiques sur lesquels j'entendais exclusivement m' exercer étaient si avoués, les influences politiques et morales si éclatantes que les efforts de la critique la plus subtile n'y apportaient que de faibles altérations.
A l'instar de la science germanique, qui a son intérêt propre, sa fécondité, ses droits, eussé-je