PATERNITÉ
avait voués. Mais loin que ce devoir fût un privilège exclusif, on accordait le plus grand honneur aux hommes zélés qui , sous le nom de maîtres , s'appliquaient à instruire le peuple. Parmi les nombreuses sentences, je ne citerai que celleci, de l'auteur des Proverbes ; elle mériterait d'être écrite sur toutes les portes des universités : ic Achète la vérité , s^'l le faut y mais ne la vends point (56), »
Lorsque l'enfant atait dépassé sa cinquième Année , le père le conduisait dans les assemblées pour qu'il entendît lire la loi et discuter sur les choses d'intérêt public. Après ses dix ans on de- Tait lé mettre aux règlemens de jurisprudence, aux développemens des choses qui n'étaient qu'indiquées dans les cinq livres. A quinze ans il comparait les opinions diverses, il discutait et proposait lui-même son avis. Enfin , dix-huit ans était l'époque ordinaire de son mariage (57). Toutes ces obligations n'excluaient pas les autres études; témoins Salomon et les Sages de son temps. Mais on devine que les nombreux détails des lois, des coutumes , des cérémonies, surtout quand elles eurent pris une fausse direction , et qu'on les eut encombrées de frivolités, durent avoir ce fâcheux résultat de détourner les yeux de l'observation immédiate de la nature, et de s'opposer à de grands progrès scientifiques. Le
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principe général pour l'instruction nationale était très-bon ; les applications en furent mesquines , et sottVent très-mauvaises.
Indépendamment de ces études civiques, il était ordonné de rendra les jeunes gens propres, à la plupart des exercices utiles. On a vu leurs jeux guerriers ; et quelle que fût la fortune des pères, ils devaient une profession à leurs fils, car le travail est d^obligation pour tout Israël : car Thomme qui ne fait pas apprendre un ét^t quelconque à sesenfans , agit, disent les talmudistes , comme s'il les élevait au brigandage (58).
Les filles instruites sous les yeux maternels passaient dès Tâge nubile à Tétat de femmes.
tf Que jamais leurs pères ne les donnent pour épouses a des vieillards, ce serait les prostituer (59). »
Moïse recommande dans les mêmes termes le culte filial et celui que Ton doit à rÉternel ; il promet pour tous deux la même récompense :
« Honore ton père et ta mère , afin que tes jours soient prolongés sur la terre. » — « Pour honorer son père et sa mère, disent les docteurs, il faut ne jamais prendre leur place.; ne point contrarier leurs discours , ni les appuyer avec affectation ; il faut les conduire dans leur âge avancé, et accomplir tout ce qui peut leur être utile ou leur plaire. Lorsque les parens manquent de bien,
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el que les enfans en ont acquis , ils leur en doivent une part convenable (60). n Enfin , après avoir consolé leur vieillesse , ils reçoivent leur bénédiction , ferment leurs paupières et les accompagnent an champ du repos pour les réunir aux ossemens de leurs aïeux.
Ah ! combien sont touchans les derniers mo-* mens de Jacob et les exhortations du vieux Tobie ! On apprend sa maladie à Joseph , qui accourt avec ses deux fils. Le vieillard se lève sur son séant , et ayant reporté son souvenir vers Rachel , l'objet de ses plus chères amours , il fait approcher les jeunes gens , les embrasse , et posant les mains sur sa tête de l'un et de l'autre , il les bénit. La famille entière assemblée reçoit aussi ses conseils et sa bénédiction, a Enterrezmoi , je vous prie , leur dit-il , dans la caverne de Macpéla où reposent mes pères. » Alors il retira doucement ses pieds dans le lit , et il expira. Jo« seph se jeta sur lui , et le couvrit de ses larmes ; ensuite l'ayant fait embaumer, selon la coutume égyptienne , il le porta dans la caverne entourée d'ambres où son père avait souhaité d'être mis* «O mon fils! dit Tobie, prends soin de m'ensevelir^et garde-toi de dédaigner ta mère. Honorela tous les jours de sa vie ; ne lui cause aucune affliction ; fais tout ce qui lui sera agréable , et n'oublie jamais les dangers auxquels tu l'as expo-
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sée qoand elle te portait dans sod sein. A sa mort, dépose-la auprès de moL N'entre point dans le chemin de Tiniqaiié; sois charitable sans oq^ueil , et en proportion de tes biens ; ne méprise point les enfans de ton peuple; ne fais jamais à on autre ce qui te révolterait pour toi-même; recherche le conseil du Sage, et bénis TËtemel (61). Mais il est une dernière vertu à exercer, bien difficile, la résignation dans le malheur. Quoique la mort soit la conséquence rigoureuse du mouvement même de la yie , quoique son nom sorte sans cesse de nos lèyres, la vérité qu'il exprime ne s'offre que sous une forme confuse à notre esprit. Les anciens se familiarisaient davantage arec elle. Au milieu des festins l'Egypte ne manquait jamais, dit-on, de faire apparaître un cercueil» Pourquoi en serions-nous épouvantés ? pourquoi les couleurs les plus sombres nous semblent-elles attachées à cette heure inévitable? Serait-ce le regret qui nous saisit d'avoir mal consumé des jours qu'un ordre naturel des choses aurait pa rendre délicieux? Il est des peuples qui célèbrent le départ de la vie comme une fête; de quel poids leur cœur ne s'est-il pas soulagé ! Le soleil se lèvera-t-il moins beau le lendemain du jour où nous ne vivrons plus? la verdure des champs paraîtra-t-elle moins brillante, et la place que nous occupons restera-t-elle vide long-temps?....