‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 277 sur 319 · DIES HOB. XXIIII S. DIES HOR. XV · texte numérisé non relu

DIES HOB. XXIIII S. DIES HOR. XV

KOX HOR. VI III S. KOX HOR. VIIII.

SOL. TAYRO. SOLIS I-NSTITIUM

TVTELA APOLLIN. VIII KAL. IVL.

SEGET RV^CANT. SOL GEMINIS.

OVES TOXDENT. TVTELA

LA^A LAVATVR. MERCURI.

IVVE>CI DOMANT. FŒMSICIVM.

VICEA PABVL. VINE.E

SECATVR. OCCAMVR.

SEGETES SACRVM

LVSTRA>TVR. HERCVLI.

SACRVM MERCVR. SACRVM

ET FLOR^. FORTIS. FORTVNvE.

Les Romains avaient comme nous des calendriers où le charlatanisme et les prophéties ne manquaient pas. Lydus, magistrat vénérable, en fit un, au sixième siècle, pour les seigneurs et les savants de Constantinople, que Hase a publié récemment. 11 annonce que, s'il tonne quand le soleil est sur le point d'entrer dans le signe du Capricorne , il y aura des nuées épaisses , et que ces nuées , si elles durent jusqu'au lever de

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la canicule , occasionneront des maladies, une grande disette , surtout dans la Macédoine, la Thrace, riUyrie, dans l'Inde haute , la Gédrosie , pays soumis à l'influence du Capricorne. Si la lune s'éclipse dans les Gémeaux, les choses politiques seront troublées et changeront de main. Un tremblement de terre entre la néoménie et le cinquième jour du mois lunaire annonce la mort de beaucoup de personnes ; s'il a lieu entre le neuvième et le dix-neuvième , le chef du gouvernement est menacé d'un désastre; s'il arrive entre le vingt-cinquième et le trentième, il faut craindre des tempêtes, la guerre, la chute d'un grand personnage.

Le calendrier viennois , publié par Lambeccio , et qui contient déjà la division de la semaine chrétienne, paraît être de la moitié du quatrième siècle. L'usage de graver les calendriers sur la pierre se continua parmi les chrétiens ; en démolissant le château de Coëdic en Bretagne, on en a trouvé un dont l'explication a été donnée dans les Mémoires de rJcadémie des inscriptions, par Lancelot , qui le croit de 468.

Le Danois Niebùhr a voulu démontrer que l'année primitive des Italiens , adoptée par Rome dès l'origine , se composait de 304 jours eu dix mois ; jamais l'érudition n'a fait tant d'efforts pour soutenir une erreur. Cette année est lunaire , et , pour la mettre d'accord avec l'année solaire, on avait recours à l'intercalation triétérique en périodes de vingt-deux ans ; on ajoutait , dix fois pour chacune , un mois supplémentaire alternativement de 22 et de 23 jours , et l'on négligeait la dernière triennalité. Conmie cinq ans faisaient un lustre , cinq de ces périodes faisaient un siècle de cent dix ans. L'année étant instituée pour la commodité de la vie et le retour périodique de certaines fêtes , elle fut mise en rapport plus ou moins exact avec une révolution de la terre autour du soleil et une période des phases lunaires. Cependant les anciens trouvaient déjà qu'il était absurde de supposer une année sans corrélation ni avec le soleil ni avec la lune.

Plutarque ne croyait pas qu'une pareille année eût jamais existé, et Joseph Scaligcr, qui la suppose de dix mois dès l'origine, la regarde comme une invention fabuleuse. Niebiihr attribue cette répugnance à l'haliitude ; outre les indications précises de Censorin et de Macrobe, il existe des preuves incontestables de son application dans une époque plus rapprochée. Bien plus, attendu les rapports cycliques de cette année avec l'année lunaire intercalée , et sa période séculaire , on voit, d'une part , qu'elle pouvait servir de correction perpétuelle , et , de l'autre, qu'elle était préférable pour l'usage scientifique.

La clef de ce système est donnée par Censorin de Dienatali, XVIII ; selon cet auteur, le lustre était l'ancienne grande année de Rome , et le cycle dans lequel le commencement de l'année civile coïncidait avec celui de l'année solaire. Cinq années solaires égyptiennes de 365 jours en contiennent 1 ,825 ; six années de Rome de 304 jours donnent 1824 ; d'où, en cinq années, la chronologie romaine perdait un jour sur

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la computation civile de l'Egypte, qui n'avait pas d'années bissextiles, et qui, au bout de la 1461'^ année, revenait à son point de départ avec la perte d''ane année; ainsi le voyageur qui fait le tour du monde perd un jour dans sa route. La chronologie romaine, à l'égard de l'année julienne, perdait environ un jour et quart : déviation si forte que, si d'autres divisions du temps , dans le système de l'année de dix mois, n'avaient pas fourni une intercalation facile et d'évidente concordance, il faudrait regarder comme absolument imTaisemblable l'usage cyclique d'une pareille année.

Les divisions de temps , le siècle et la semaine de huit jours , sont la plus grande et la plus petite des périodes étrusques. Le siècle était aussi la mesure de l'année lunaire intercalée. Les Romains con -ervèrent la semaine, qui servit à régler les marchés (îiundmœ), fixés à chaque neuvième jour. Parmi les Étrusques, le neuvième jour s'appelait nonœ, et ce nom, pour correspondre à cette division de temps, fut toujours appliqué au neuvième jour avant les ides. Mais les niindinse de Rome, sans aucun rapport avec l'année, n'étaient qu'un jour du mois ; chez les Étrusques , au contraire , elles forment de véritables divisions de semaine ; car chaque neuvième jour était consacré aux affaires , et , dans ce même jour, les rois donnaient et rendaient la justice (îMacbobe, Saturn., 1,13). L'année de dix mois et de 304 jours se compose précisément de 38 semaines de huit jours; or, si l'on compte autant de nones, on trouve juste le nombre des jours appelés fastes dans le calendrier julien. Les Romains conservèrent donc ce nombre; mais, comme il était insuffisant pour les affaires du forum , on ajouta plusieurs autres jours sous des noms divers.

Les semaines commençant au même jour du mois , les mois intercalés devaient être eux-mêmes divisibles par huit. Or, si dans le siècle de la période cyclique , composée de cent dix ans et de vingt-deux lustres, ou intercalait au onzième et au vingt-deuxième lustre un mois de 24 jours, on obtenait à la fin de la période un nombre qui se rapprochait de la vérité , et une correction inattendue du cycle lunaire ; selon le calcul de Scaliger, qui ne visait pas à une exactitude plus grande que celle du calendrier julien, les cinq périodes de siècle faisaient 40,177 jours, tandis que la somme des années cycli(|ues, après cette intercalation, donnait 40,176. Ainsi, tandis que la chronologie julienne suppose l'année tropique de 36.> jours et 6 heures , l'ancienne supputation la fait de 365 jours, ô'^ 40' 22". Cette année de diffère donc de la véritable que de 8' 23", et non de 11'' 15' comme la julienne. Les IS"^ 22' 19" qui manquaient à la période étrusque de cent dix ans , et qui, au bout de cent soixante douze ans, amenaient une perte d'un jour, durent être suppléées par des intercalations ultérieures ; mais les règles de calcul ne pouvaient conduire aux dernières subdivisions de la minute, et il paraît vraisemblable que les Étrusques fixèrent l'année tropicale à 365 jours 6'' 40'.

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L'exactitude scientifique de cette année , qui était une forme dont on avait perdu le sens , détermina l'usage qu'on pouvait en faire dans l'année civile déjà constituée. Afin de compter exactement dans tout le cours du siècle , on faisait intervenir la correction ; puis , dans le but de prévenir la confusion qui pouvait résulter de la manière différente de commencer l'année des Fastes , on adopta la pratique d'enfoncer un clou dans le temple du Capitole. Au milieu du sixième siècle , on avait tellement oublié la signification de cette solennité qu'elle n'excitait que le rire ; peut-être cette coutume fut-elle abandonnée dès que les consuls se succédèrent sans interrègne. Aussi Cineius (Titc-Live, vu 5) disait-il avoir trouvé les mêmes signes dans le templedeNorciaà Vulsinies, ajoutant qu'ils étaient l'indication des années dans le temps où Ton écrivait peu. Cette cérémonie avait pour but de faire connaître le nombre de lustres écoulés depuis le commencement du siècle. INiebùhr avoue qu'il manque à ces données l'appui de textes anciens ; mais il faut choisir entre deux suppositions : ou les Romains, ignorants autant que stupides , se servaient d'un calendrier qui n'était fondé sur aucune analogie avec la nature ni avec la science; ou les Romains employèrent un calendrier, fruit d'un peuple éclairé. Admettre avec Macrobe que les Romains, lorsque les mois ne s'accordaient pas avec les saisons , laissaient écouler un certain ten^s sans lui donner de nom , c'est les faire plus barbares que les Iroquois.

Les archéologues ont supposé que le calendrier de dix mois fut d'abord le seul employé, et qu'on ne tarda point à l'abandonner. JMais, selon INiebùhr, comme ce calendrier se trouve en rapport avec l'année cyclique lunaire , il dut être formé simultanément ; d'autre part , il est possible que le calendrier populaire le plus ancien se rattachât à des observations sur les phases de la lune ; quoi qu'il en soit, un calendrier, adapté aux saisons, dut toujours être indispensable.

Certaines applications, dont les générations suivantes ignorèrent l'origine , prouvent que l'usage du calendrier de dix mois persista même après l'expulsion des rois. Les Étrusques avaient résolu de ne conclure de traités de paix que sous forme d'armistice et pour un temps déterminé. Presque tous les traités conclus par les Romains avec Véies, Tarquinies, Cœré, Capène, Vulsinies, sont qualifiés de trêves, avec indication du nombre d'années qu'elles doivent durer ; mais les Romains ne reprochent jamais aux Étrusques de les avoir violées, bien que les hostilités commencent le plus souvent avant la fin de l'armistice. Par exemple , il est stipulé que le traité avec Véies , en 2S0 , durera quarante ans. Or, en 316, on parle de la défection de Fidènes qui s'unit à Véies, d'où l'on conclut que cette république se trouvait déjà en guerre avec Rome ; les Romains cependant , quoique irrités de cette désertion de Fidènes, n'accusent pas les Véiens d'avoir violé le traité. Tite- Live est encore plus explicite, lorsqu'il nous informe , en 347, que la trêve de vingt ans conclue en 329 était expirée , tandis que , selon les

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