‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 124 sur 365 · L'ITALIE FÉODALE · texte numérisé non relu

L'ITALIE FÉODALE

Lucques, s'étaient d'abord signalés sous Louis le Débonnaire , puis en défendant la Sardaigne et la Corse contre les Sarrasins. Presque toutes les villes à l'est du Latiura et au nord-ouest de la Toscane, de Ferrare à Pesaro, constituaient autant de duchés, administrés par des évêques. Au sud de la Romagne, entre la chaîne centrale des Apennins et l'Adriatique, de Pesaro à Osimo, on rencontrait le marquisat de Guarnerio; d'Osimo à Pescara, celui de Camerino ou de Fermo, et de là à Trivento, celui de Téate.

La Lombardie méridionale constituait une puissance distincte. Les ducs de Spolète, qui possédaient aussi le marquisat de Camerino, luttaient continuellement contre les papes et les empereurs, qui cherchaient à les dépouiller de leur droit patrimonial. Les plus puissants parmi les seigneurs étaient les princes de Béuévent, que Charlemagne avait déjà eu de la peine à dompter, et dont l'audace s'accrut sous ses successeurs , auxquels néanmoins ils payaient un tribut de vingt-quatre mille sous d'or. Dans l'origine, ils étaient tenus, pour avoir le droit de transmettre leurs vastes domaines à leurs fils, de solliciter l'assentiment du roi lombard ; mais ils s'affranchirent de cette obligation, et leur élection se fit alors par les hommes libres lombards et par les officiers du prince. Ces ducs, véritables artisans de discordes , combattaient tantôt par ambition , tantôt pour assurer leur indépendance ; tandis que des émirs sarrasins , des ducs napolitains, des stratèges grecs, des délégués pontificaux , des nobles romains, se disputaient le pays, ils augmentaient leurs forces, et, déjà maîtres de Salerne, ils aspiraient à dominer sur les deux golfes séparés par le promontoire de Minerve.

Grimoald IV, prince de Bénévent, ne cessa de lutter contre le roi Pépin, et lui disait : « Je suis libre et le serai toujours, si Dieu me vient en aide (1). » Il fit continuellement la guerre, s'empara d'un grand nombre de châteaux forts , et se vantait d'avoir

souvent confondus sous les Cailo\ingiens. l'uut-être ils étaient comtes de ville, et ducs de province.

(1) Liber el ingenuus sum nalus utroque parente;

Seinper ero liber, credo, luente, Ueo.

(Erciikmp., L. Longob.., Rer. it. Scrip. u, (>. i.) Son épitaplie de 80fi, qu'on trouve à Salerne, est ainsi conçue : Perlulil adversas Francorum sa-pe pbalangas;

^alvavil patriam sed, Benevenle, luani.

Sed quid plura ferain? Gallorum forUa régna Non valuere hujus subdere colla sibi.

(Anon. S.\LERN., Paralip.,\\ct. it. Script, n, p. 2.)

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