PRÉFACE
ne des branches les plus importantes de l'industrie française est, sans contredit, la fabrication du jouet. On ne saurait imaginer le nombre des artisans qui y trouvent le moyen de gagner leur existence, et le commerce de détail est ensuite une précieuse ressource pour une infinité de petites gens.
En dehors de cette intéressante question d'économie sociale, il est bon de faire observer que le jouet présente un attrait presque universel : à voir les résultats du dernier concours organisé par le Préfet de police, il semblerait que grands et petits s'intéressent également à ce sujet, et on peut ainsi expliquer la bienveillante curiosité avec laquelle sont accueillies tontes les expositions d'anciens joujoux.
Elles ont en effet bien leur charme, toutes ces reliques, et quand on veut lés étudier d'un peu près, il s'en dégage un souvenir doux et agréable rappelant un peu l'impression que nous éprouvons quand, en ouvrant quelque mystérieuse boite retrouvée dans la table de toilette d'une de nos ancêtres, il s'en échappe un léger nuage de cette poudre à la maréchale dont les anciens mémoires nous parlent à chaque instant et qui devient, pour nous, une vivante évocation dupasse.
Avec tous ces vieux jouets, on arrive à reconstituer l'histoire de plusieurs générations disparues; on peut, par la pensée, revoir nos aïeux trouvant un divertissement à manier ces poupées informes auxquelles le plus pauvre enfant du peuple refuserait aujourd'hui même un regard.
Dans les choses de goût, plutôt encore que dans tout autre ordre d'idées, le luxe a pris des proportions que l'on ne peut plus maintenant enrayer ; ou exige pour les enfants des jouets d'une richesse et d'une perfection telles, qu'on hésite à les leur abandonner, et, bien souvent, on voit les bébés préférer aux derniers cadeaux les fragments de leurs anciens jouets, qu'ils ont martyrisés et qu'ils sont parvenus, en quelque sorte, à s'assimiler ainsi davantage.