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Les mobiliers de poupées aux Expositions de 1844 et de 1867.
Dans les diverses Expositions qui se sont succédé depuis le commencement du siècle, les fabricants ont eu à coeur, pour attirer l'attention du public sur leurs mobiliers de poupées, de constituer de petits intérieurs munis de tous les accessoires représentant en diminutif ceux employés dans la vie réelle : c'est ainsi qu'en 1844, M. Kopp, habitant 56, rue du Temple, avait, dans sa vitrine, installé un fort joli modèle de salle à manger où chacun des meubles, d'une proportion rigoureusement étudiée, occupait la place assignée par l'usage et l'habitude ; on admirait
POUPEES D'ESCAMOTEUR
D'APRÈS ii LES AMUSEMENTS DES SCIENCES MATHÉMATIQUES ET PHYSIQUES » (XVIII* SIÈCLE).
surtout un dressoir garni de toute sa vaisselle et une minuscule table à manger où ne manquaient ni un verre ni une assiette.
A l'Exposition de 1867, l'on pouvait voir, dans les vitrines de la classe de la Bimbeloterie, un brillant salon décoré dans le goût de l'époque et où la richesse tenait plus ou moins lieu de bon goût.
Dans cet étroit espace, on avait réuni des poupées en toilette de gala vêtues de robes traînantes, épaules nues et entourées de poupées masculines en costumes de sénateurs, de maréchaux, de conseillers d'Etat et de préfets.
Nos voisins d'outre-Manche avaient préféré à cet étalage de luxe, la représentation d'un intérieur de famille, une chambre à coucher : une maman en robe de matin, charmante de simplicité et de grâce, admire un beau baby habillé pour la promenade et que le papa regarde avec émotion.
— HO — XII. — Les meubles de poupées à l'Exposition de 1900.
Notre Exposition de l'année dernière était particulièrement riche en meubles de poupées : nous en avons reproduit quelques-uns dans la chambre du dix-septième siècle, et on peut se rendre compte que dès cette époque le travail était déjà très satisfaisant.
Pour l'époque de Louis XIV, nous avons ces fauteuils en bois recouvert de cuir clignement occupés par deux poupées qui semblaient toutes hères de se trouver dans de si beaux meubles (1).
Comme caractéristique de l'époque Louis XV, nous citerons le merveilleux canapé en bois de noyer garni en canne qui avait été exposé par Mmo Lelong : toutefois, ce meuble atteint une telle perfection dans son exécution, une telle pureté de lignes clans ses contours, que nous préférons voir en lui le chef-d'œuvre de quelque maître ébéniste.
Pour toute cette catégorie d'objets qui a trait aux meubles de petites dimensions, il est bien difficile d'établir une distinction entre les jouets d'un travail soigné et les diminutifs, modèles ou pièces exceptionnelles exécutées par quelque habile artisan.
XIII. — Des jouets proprement dits exécutés d'une manière simple et destinés si l'amusement des enfants.
En passant en revue les différents intérieurs dont nous avons eu à nous occuper, il n'y a guère que la chambre Directoire cpii, en raison même de la naïveté de sa fabrication, puisse être considérée d'une manière tout à fait certaine comme un jouet destiné à amuser les enfants ; on avait le plus souvent recours à des artifices peu dispendieux pour la décoration des meubles : les cuivres des commodes consistent en une décoration peinte ou en papier gaufré et doré.
Nous donnons ici la reproduction d'un secrétaire cpii rentre tout à fait dans cette catégorie : le meuble est formé de planchettes de hêtre simplement assemblées avec de petits clous ; extérieurement il est garni avec du papier rose destiné à imiter vaguement le bois des îles ; les moulures et les sculptures consistent en bandelettes de papier découpé et estampé; les ferrures sont tout à fait rudimentaires, les pivots sont formés de simples petits clous ; l'entrée de la serrure est figurée par un petit carré de papier, et les poignées et les anneaux sont de petits fils de cuivre.
(1) Voir pages 101 et 102.
A la même époque on a fait des commodes de poupées tout en carton, galbées et cintrées comme leurs grandes sœurs. On trouve aussi quelquefois, datant du même temps, de petites commodes en paille, c'est-à-dire en carton recouvert de mosaïque de paille ; ces petits meubles sont garnis à l'intérieur de vignettes en papier polychrome, découpées avec soin et fabriquées pour les travaux que les grandes dames d'alors ne dédaignaient pas de faire comme passe-temps; ce genre d'ouvrage est désigné maintenant sous le nom de travail de Sécrétan.
Les petits sièges de poupées étaient dignement représentés dans les vitrines de l'Exposition. Pour l'époque Louis XVI, nous avons une ravissante chaise toute couverte de sculptures et garnie encore de. son vieux damas; à côté de cette chaise et appartenant également à Mm0 Mari us Paulme, on pouvait apercevoir un élégant petit fauteuil de bureau en acajou, couvert de cuir vert et décoré d'ornements dorés au petit fer. Enfin, n'oublions pas de mentionner une chaise de l'époque romantique, où l'artisan avait eu l'intention de figurer l'art gothique le plus pur, suivant en cela le mode de son temps.
Nous pouvons difficilement ici passer en revue tous les autres meubles que l'on voyait sur les planches des vitrines; désignons au hasard ce petit buffet à deux corps de l'époque Louis XIII, muni de minuscules tiroirs qui semblent avoir été faits par des doigts de fée, tant ses orne, ments sont menus et délicats. A côté, une armoire énorme qui mesure près d'un demi-mètre de hauteur et dont les portes pleines, toutes garnies de moulures, ont dû servir, il y a environ deux cents ans, à renfermer le trousseau de quelque poupée bien-aimée.
Avec le dix-huitième siècle, nous voyons apparaître toute la série des petits meubles en placage ; les bois les plus rares ont été mis à contri-