‹ Histoire des jouetsChapitre 140 sur 236 · XVII0 SIÈCLE · texte numérisé non relu

XVII0 SIÈCLE

sa patrie d'adoption son sentiment de reconnaissance et ce fut pour elle qu'il écrivit son traité du jeu de la guerre, que les Allemands s'empressèrent d'utiliser en le désignant sous le nom de « Kriegesspiel » . Le champ de bataille est une carte d'état-major dressée à une assez grande échelle pour pouvoir installer les soldats de plomb destinés à figurer les effectifs des diverses armées. L'habileté de ce jeu consiste à savoir utiliser adroitement les endroits fortifiés et à profiter de tous les accidents naturels du terrain. Certaines règles précises attribuent la victoire à celui des joueurs qui a su adopter, pour l'emplacement de ses troupes, la position la plus favorable; on suppose alors que, dans la réalité, la victoire lui aurait infailliblement été assurée.

Le jeu de la guerre a été un des passe-temps favoris des souverains,

qui trouvaient ainsi l'occasion de faire, en miniature, des campagnes aussi instructives et moins meurtrières que dans la vie réelle.

L'empereur de Russie Nicolas Ier avait, paraît-il, pour ce jeu, une véritable prédilection ; on conserve encore précieusement à Saint-Pétersbourg, au Palais d'hiver, la carte dont il se servait pour faire évoluer son armée de soldats de plomb. On raconte qu'un jour, se trouvant à Berlin, il engagea une partie avec celui qui devait être plus tard Guillaume I" ; les deux armées se rencontrèrent à Bautzen, où eut lieu une bataille décisive dans laquelle le tsar de toutes les Bussies remporta une victoire complète.

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