UN FUTUR TAMBOUR-MAJOR AU JARDIN DU PALAIS-ROYAL
d'aPHKS ONE CAltICATURE DU COMMENCEMENT DU XIX° SIÈCLE.
d'intérêt; les attitudes des différents personnages avaient un cachet de naturel que l'on trouve rarement dans ce genre d'objets.
M. J.-Th. Haselbach, de Berlin, avait présenté, à la même Exposition, des soldats et des représentations de navires en étain qui étaient très bien fabriqués.
Dans cette Exposition de 1855, on pouvait voir également des soldats en bois représentant les uniformes français qui venaient d'être nouvellement introduits dans l'armée. Ce travail provenait de l'Allemagne et avait été exposé par M. Huelse de Dresde. Ainsi qu'on le voit par ce rapide exposé, nous étions alors complètement tributaires de nos voisins d'outre -Rhin pour cette importante branche de l'industrie du jouet, et aujourd'hui encore, notre pays ne peut complètement suffire à la pro- duction de cet article si apprécié de tous les enfants.
XXVI. — Une armée de soldats de earte au début du dix-neuvième siéele.
Au moment dos glorieuses campagnes de Napoléon Ier, un simple ouvrier boulanger de Strasbourg, M. Boerscb, conçut l'idée de reproduire d'une manière vivaute les innombrables corps de troupes qui passaient alors à Strasbourg pour aller à la conquête du monde.
Dans une humble échoppe s'ouvrant sur la rue par une large baie en plein cintre, cet ingénieux artisan, une fois son travail terminé, dessinait la silhouette des soldats qu'il avait rencontrés dans les rues de la vieille cité, et, quand son image avait été ainsi soigneusement établie,
LES SOLDATS DE CARTE SOUS LE SECOND EMPIRE d'après la vignette ohnant le couvehclg d'un jeu DE DÉC0UPAG1
il en découpait habilement les contours à l'aide d'un canif et, au moyen de couleurs qu'il avait soin de préparer lui-même, il retraçait sur son papier les brillants uniformes qui', comme un clair rayon de soleil, avaient gaiement traversé la ville.
M. Boerscb était un artiste consciencieux; pour n'omettre aucun détail, il invitait à venir se reposer dans sa demeure quelques soldats des régiments que l'étape avait amenés à passer la nuit à Strasbourg.
Il est intéressant de rapprocher par le souvenir cette année de soldats
de carton que l'on pourrait, à bon droit, comparer à celle qui fut établie par Henri Gessey en 1670 pour le Dauphin, fils de Louis .XIV.
Les soldats de carton qui ont été fabriqués à Strasbourg vers 1810, présentent cette particularité qu'ils donnent les renseignements les plus précis sur les uniformes et sur les accessoires de toutes les armées qui se firent les auxiliaires du grand Empereur.
Boersch établissait tout d'abord une maquette, puis, petit à petit, les régiments se formaient et les officiers se trouvaient à la tète des corps de troupes, qu'on peut évaluer facilement à 200 ou 300 hommes. Actuellement, tous ces brillants militaires, rangés par régiment, sont pieusement conservés dans des boites en carton, où des étiquettes, ornées d'une vignette dans le goût de l'époque, indiquent si c'est la légion noire ou les chasseurs à cheval qui vont se dresser fièrement devant nous dans leur attitude de combat.
C'est véritablement la Grande Armée que l'aimable dépositaire de ce trésor, M. Kolb, a fait défiler devant nos yeux; il ne faut pas compter, en effet, moins de 5000 hommes, répartis eu 36 régiments qui forment un des plus vivants souvenirs de ces temps héroïques, qu'il nous soit encore donné de posséder.
XXVH. — Soldats en carton moulé du premier Empire.
Dans les premières années du dix-neuvième siècle, on a fabriqué de grands soldats de carton creux représentant les grenadiers de la garde impériale ; nous avions exposé un spécimen de ce genre de jouet, qui figurait un sergent-major portant au bras gauche les chevrons d'ancienneté. L'uniforme de cette arme d'élite est reproduit, dans ce jouet, avec une rigoureuse exactitude; on retrouve l'immense bonnet à poil de ces vieux braves et leur impeccable culotte de peau.
Ce genre de soldats devait être d'une vente assez courante, puisque le fabricant qui les a édités a pris soin de faire estamper sur une mince feuille de papier cuivré le glorieux aigle de Napoléon 1er, Les fusils sont en bois et la batterie est indiquée par un petit ornement en étain fondu spécialement à cet effet. Ces vétérans portent en outre, suspendu à un baudrier de peau, un sabre en étain fin, contenu dans un fourreau de cuir noir.
Tous les détails du costume ont été traités avec un égal soin, depuis les épaulettes jusqu'aux parements de l'habit. Quelques-uns de ces grenadiers portent, en outre, sur leur poitrine, l'étoile des braves, formée
d'une mince feuille de papier doré et estampé ; ils sont montés sur une
terrasse carrée peinte en vert et mesurent 32 centimètres de hauteur.
Ces guerriers en carton, d'un travail aussi soigné, devaient être
d'un prix de revient assez élevé ; dans la suite, on imagina de simplifier