IV. — Pantins satiriques
Au dix-huitième siècle, on s'est servi de ce moyen pour tourner en ridicule les personnages influents qui ne jouissaient pas de la faveur du
public; c'est ainsi que l'on a fait la caricature d'André Bonifaee Riquetti, vicomte de Mirabeau, frère puîné du célèbre orateur. Envoyé aux Etats généraux de 1789, par la noblesse de la Sénéchaussée de Limoges, il y combattit les idées nouvelles et éinigra de bonne heure. Sou embonpoint et son goût pour le vin l'avaient fait nommer Mirabeau - Tonneau . Dans cette caricature sous forme de pantin, on l'a représenté la tète émergeant d'un foudre, tandis que les bras sont formés de deux cruches de l'orifice desquelles sortent les poignets entourés de manebettes en précieuse dentelle ; de la main droite il tient une dame-jeaune remplie d'un généreux liquide, et de la gauche un verre à pied. Les cuisses de ce grotesque personnage sont formées de petits tonneaux, et les pieds sortent du goulot de bouteilles renversées qui tiennent lieu de jambes. Sur la poitrine on lit cette inscription :
A cel ardeur de boire, à ce ventre en tonneau, Qui ne conoilrai le cadet Mirabeau.
Par une singulière ironie, le décorateur qui a enluminé ce pantin n'a pas manqué de représenter les talons rouges, et personne n'ignore qu'à cette époque, ce détail de toilette était l'indice de la suprême élégance.
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