‹ Histoire des jouetsChapitre 196 sur 236 · CONSERVÉ AUTREFOIS A LA BIBLIOTHÈQUE DE S T 11 A S B 0 0 11 G · texte numérisé non relu

CONSERVÉ AUTREFOIS A LA BIBLIOTHÈQUE DE S T 11 A S B 0 0 11 G

bourg. Ce merveilleux recueil était connu sous le nom de Hortus Deliciarum, et était, sans contredit, le plus précieux joyau de la bibliothèque de Strasbourg, qui fut détruite en 1870.

La seule reproduction que nous possédions maintenant de ce manuscrit est due à M. Maurice Engelhard, qui publia, en 1818, un volume in-octavo, où les miniatures sont reproduites. Dans une de ces miniatures, on nous représente deux guerriers armés de pied en cap, et tenant à la main deux glaives de dimension formidable; un vaste bouclier leur permet de parer les coups. Le miniaturiste, pour bien expliquer la manœuvre de de ces marionnettes, a dessiné une grosse corde, qui les traverse de part en part. De chaque côté d'une table étroite, deux bateleurs font mouvoir la ficelle et mettent en mouvement ces guerriers pour rire : cet exemple nous montre que, dès le douzième siècle, les spectacles de marionnettes étaient dïin usage courant dans, les habitudes féodales.

vt.

Succès obtenu au dix-septième siècle par certaines marionnettes.

Au seizième siècle, les marionnettes furent appelées à jouer les pièces alors en vogue de Gargantua et de Pantagruel, et ces misérables poupées de bois avaient alors plus de succès que les meilleurs acteurs de l'époque.

Nous avons vu que, jusqu'à la fin du seizième siècle, le théâtre comique

était illustré chez nous par Jehan des Vignes, Franc à Tripe et Tabary, qui fut peut-être un aïeul de Taharin. Les marionnettes durent revêtir les costumes de ces personnages; Jehan des Vignes, entre autres, sous le nom altéré de Jean de la Ville, devint un bonhomme de bois haut de huit ou onze centimètres, composé de plusieurs morceaux qui s'emboîtaient et se démontaient : c'est le pantin appelé encore « Godenot » .

Les spectacles de marionnettes devaient être bien fréquents, et les farces qui y étaient jouées n'étaient pas toujours anodines , puisque nous voyons que Thiers, dans son livre sur les jeux, déclare que ce divertissement, qui est défendu aux protestants, doit à bien plus forte raison ne pas être toléré pour les catholiques :

On ne doit pas trouver étrange que les farces, bouffonneries, les marionnettes et tous les vains amusements de cette nature soient interdits aux véritables fidèles qui font profession de la religion catholique, puisqu'ils le sont même aux hérétiques que nous appelons « prétendus réformés » ; car voici ce que porte en termes exprès un des articles de leur discipline : « Les

i nerieset baslelleries ne seront point souffertes? ne faire le Roi boit, ne le Mardi gras,

semblablement les joueurs de passe passe, tours de souplesses, marionnettes. »

l'N THEATRE PORTATIF DE .MARIONNETTES

Les plus célèbres montreurs «le marionnettes.

Le spectacle des marionnettes était, dans la seconde moitié du dixseptième siècle, fort à la mode, et à la foire Saint-Germain se trouvait le théâtre d'un certain Francizin, qui était alors le mieux machiné que l'on puisse rêver. Ce Francizin donnait sur cette scène minuscule une

Page 1