VII. — Lé Singe et la lanterne magique. Fable de I iorian
La lanterne magique permet d'obtenir des effets qui sont parfois tout à fait surprenants. Le Père Kireher, aux travaux duquel nous avons déjà eu si souvent recours, explique comment on peut faire paraître un appartement semé de rubis, de topazes et d'émeraudes : « Après avoir fermé tous les volets d'une chambre exposée au grand soleil, ou ouvre, dit-il, un petit espace rectangulaire par où entrent les rayons du soleil; ceux-ci sont reçus par une suite de prismes en cristal maintenus dans une sorte de cadre. On fait ensuite traverser les mêmes rayons à travers six lentilles taillées à facettes, placées autour d'un septième verre de même diamètre; ces facettes percent les rayons colorés de manière à former des taches brillantes sur le sol de la pièce, qu'on serait tenté de croire pavée de pierres précieuses de la plus belle eau. » La lanterne magique a été immortalisée dans la fable de Floriau intitulée : le Siiti/e et la Lanterne magique :
Les spectateurs, dans une nuit profonde, Fcarquillaienl les yeiu el ne pouvaient rien voir,
L'apparlemeni, le mur, tout était noir.
« Ma foi, disait un chat, de toutes les merveilles
Dont il étourdit nos o cilles
Le fait est que je ne vois rien.
— Ni moi non plus, disait un chien.
— Moi, disait un dindon, je vois bien quelque chose,
Mais je ne sais pour quelle cause,
Je ne dislingue pas très bien. »
LE MONTREUR AMBULANT DES VUES D'OPTIQUE d'après une lithographie du Premier Empire.