OU LE TOMBEAU DU JEU CHINOIS
se passer de hochet. 11 est à peine utile de rappeler la succession des jouets pour lesquels se sont passionnés nos ancêtres, et on peut dire que le kaléidoscope a succédé au casse-tête chinois comme, au siècle précédent, la mode des pantins avait succédé à celle des bilboquets. Pour célébrer la victoire du kaléidoscope, on édita, chez Delaunay,
place Vendôme, 2, une gravure intitulée le Triomphe du kaléidoscope ou le tombeau du jeu chinois. Dans cette planche, le kaléidoscope est représenté sous les traits d'une charmante jeune femme vêtue d'une robe rose toute parsemée de bouquets et de guirlandes de fleurs; elle tient d'une main une image figurant les diverses combinaisons de l'invention nouvelle, et de l'autre, un petit cylindre renfermant le jeu de glaces destiné à la multiplication des images. La déesse qui personnifie le nouveau jouet du jour, foule aux pieds un Chinois qui, étendu à terre, se livre au jeu du casse-tête, condamné à l'oubli comme coupable d'avoir cessé de plaire. L'engouement qui se produisit en faveur du kaléidoscope donna naissance à de nombreuses compétitions, et, pour l'année 1818, le recueil des brevets d'invention est rempli de déclarations des divers inventeurs qui, tous, prétendent avoir ajouté quelque importante modification ou quelque perfectionnement appréciable à la lucrative invention.
II — Brevets d'invention relatifs an traiisflgurateiir ou kaléidoscope.
Le 6 juin 1818, Alphonse Giroux prend un brevet pour avoir rendu mobile l'une des tables de verre noir ou miroir pour l'instrument d'optique nommé kaléidoscope.
Le 8 juillet de la même année, un sieur Allard prend un brevet pour des procédés au moyen desquels on varie dans le kaléidoscope les figures du plan d'observation et le tableau des objets.
Le Dictionnaire des découvertes déclare que l'invention du kaléidoscope doit être attribuée à M. Windsor fils. Cette invention, d'origine anglaise, était importée à Paris en 1818; voici comment est décrit ce jouet, qui a eu la bonne fortune d'amuser tant de grands enfants :
Le Iransfigurateurou kaléidoscope est une espèce de lunette armée, à l'extrémité qui tourbe l'œil, d'un verre lenticulaire, et à l'extrémité opposée, d'un verre dépoli. On introduit dans l'espace ménagé entre ce dernier verre et un troisième verre placé à un pouce et demi du précédent, des objets d'un petit volume, comme morceaux d'étoile de différentes couleurs, coquillages, pierres fausses, etc.. Ces objets en se mêlant se combinent à l'œil de mille manières piquantes toujours régulières et jamais semblables, effet produit par la réunion de trois verres en forme de triangle et régnant dans toute la longueur du tube. Ces verres sont revêtus à leur face extérieure d'un morceau d'étoffe ou de papier de couleur foncée, de manière à produire intérieurement l'effet d'une glace. C'est en venant se réfléchir dans cette triple surface que les objets réunis à l'extrémité du tube présentent, à l'aide du mouvement de rotation imprimé à l'instrument, les combinaisons agréables et variées qui ont fait un moment la vogue du transfigurateur.
Ce jouet est une prétendue invention anglaise dont M. Robertson a fait depuis longtemps l'application dans son cabinet et dont M. Chevalier, ingénieur, a retrouvé la description dans un livre imprimé il y a plus de cinquante ans.
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