LES VUES ANIMÉES DE LA LANTERNE MAGIQUE
d'après UNE GRAVURE DU XVIIIe SIÈCLE.
honneur à la fin du siècle précédent. Une des plus curieuses inventions qu'on fit paraître à ce moment était intitulée : les oracles de l'araignée magique.
Le secret de cette pièce était basé sur les propriétés de l'aimant; ce jouet consistait en une boîte de forme carrée à l'intérieur de laquelle on voyait se mouvoir une araignée métallique, qui se déplaçait suivant cer-
taines influences occultes et s'arrêtait ensuite brusquement devant Tune des réponses inscrites dans d'élégants petits cartouches en bordure du cercle. Le centre de la boîte était occupé par une sorte de couvercle hexagonal doublé d'un questionnaire qui indiquait les demandes qu'il était permis de poser à l'oracle. Un petit signe, perceptible seulement pour les initiés, indiquait au démonstrateur où se trouvait la pointe d'une aiguille aimantée dissimulée dans l'épaisseur du carton : il ne restait alors qu'à faire coïncider cet aimant avec le petit cartouche contenant la réponse qu'on voulait faire prononcer par la bête devineresse. En vertu de l'attraction de l'aimant, l'araignée, après quelques oscillations, s'arrêtait devant la réponse voulue qui, suivant le cas, remplissait de joie le demandeur ou le couvrait de confusion.
Dans la plupart des Expositions universelles du dix-neuvième siècle, on a vu figurer ces jouets scientifiques en plus ou moins grand nombre; c'est ainsi que le rapport du jury de l'Exposition de 1855 nous donne les renseignements suivants :
LES JOUETS PREFERES d'après une uthogiiaphie pe i.a Restauration.
M. André Voisin confectionne principalement les tables à combinaisons, les coffrets et autres pièces de grande physique amusante.
Ces objets exposés pour la première fois révèlent au public les secrets des prestidigitateurs; toutes ces pièces exigent une rigoureuse précision et nécessitent l'emploi de plusieurs industries dans la même fabrique. Les produils exposés sont d'une exécution parfaite.
Un peu plus tard, en 1867, nous entendons de nouveau les doléances du rapporteur du jury, qui se plaint du peu de développement pris par cette branche de l'industrie parisienne :
Les jeux de physique amusante et d'escamotage, dit-il, n'ont pas fait de progrès depuis quelques années.
L'électricité permet de transmettre le mouvement h une assez grande dislance. L'aiguille du cadran semble tourner d'elle-même au gré du spectateur ; le tambour bal aux champs frappé par des baguettes invisibles, dès que l'enfant presse sur un fil électrique. Ces jeux ne plaisent pas longtemps, les tours d'escamotage qui exigent de l'adresse sont plus recommandables et les enfants en sont plus friands.