DONNÉS COMME ATTRIBUTS AU MARÉCHAL SOULT(I
I. — Origine commune des jouets et fies souvenirs de pèlerinage.
« A Notre-Dame de Liesse, petite ville du Laonnais sur les coufins de la Thiérache, la population, peu dense et très pauvre, condamnée à vivre sur un sol marécageux, ingrat autant qu'infertile, en a tiré des richesses inattendues; ces prairies, où les bestiaux refusent pour leur nourriture la luxuriante végétation, recèlent, sous leur inutile parure, des gisements tourbeux d'exploitation facile et lucrative ou se transforment, grâce à des engrais appropriés, en de plantureuses cultures maraîchères. Avant que les travaux de drainage et de canalisation entrepris en 1830, clans la vallée de la Souche, n'en eussent assuré le dessèchement et l'assainissement, le pays n'avait pour toutes ressources que la vente d'objets de pèlerinage et la fabrication de jouets d'enfants connus sous le nom caractéristique de « camelote (2) » .
» Il semble, au premier abord, que ces deux industries ne doivent avoir entre elles aucun point de contact. Rien n'est moins exact : leur
(1) Dans celte caricature, on a fait figurer une herse porte-lumières pour railler le maréchal Soult qui suivait les processions un cierge à la main.
(2) Le mot camelote a été complètement détourné de sa signification primitive; a l'origine ce terme servait à désigner une étoile fine et lisse faite sur le métier à deux marches. Son origine est exclusivement orientale et, dès le treizième siècle, cette étoile se fabriquait en Syrie, dans 1 Inde et en Chine. Marco Volo, dans le récit de ses voyages, dit expressément que le plus beau et le meilleur camelot se tissait en poil de chameau.
On ne sait trop comment expliquer la transformation que ce mot a subie et qui lui fait désigner, dans le langage des artisans de Liesse, une marchandise exécutée à bon marche et d'une fabrication plu lot rudimen taire.