‹ Histoire des jouetsChapitre 66 sur 236 · LE MOULIN TAPAGE · texte numérisé non relu

LE MOULIN TAPAGE

TRANSFORMÉ EN TRANCHE-NUQUES ACCÉLÉRÉ j LE BOUQUET FAIT ALLUSION AU MINISTRE DE LA JUSTICE PERSIL (1832).

d'âge respectable et consciencieusement rouillé. L'artisan l'employait pour la fabrication des crécelles et des moulins. Sur sa poitrine, munie d'un billot minuscule en buis ou en chêne qu'y retenait une solide courroie, il détachait d'une rondelle de tilleul les lamelles de bois destinées à son travail.

» Chaque pièce était teinte ou coloriée à la mine orange, au bois de Brésil, à la pelure d'oignon. L'ouvrier les assemblait et les fixait, soit à la colle forte, soit à l'aide de pointes excessivement fines.

» Les tiges cylindriques, auxquelles s'attachent la crémaillère des crécelles ou les ailes des moulins, sortaient du tour à la perche, instrument plus archaïque peut-être que le couteau. Dans l'humble atelier enfumé du feu de tourbe et mal éclairé par une fenêtre à petits carreaux verdâtres, passait, à vingt centimètres du plafond et traversant les murs, une perche de noisetier que chevauchait une corde, dont les deux extrémités, en se rejoignant, s'adaptaient à une pédale qui actionnait le tour. »

III — Description des articles fabriqués à IVotre-Dame «le Liesse.

« Plus de soixante articles, variant de forme et de dimension, étaient ci'éés par ce simple et fruste outillage, frustes et simples eux aussi, mais témoignant d'une certaine ingéniosité chez leur inventeur et rappelant, comme nous l'avons déjà dit, les mœurs, voire les costumes d'un autre

GIRAFE ET PANTIN SERVANT A PERSONNIFIER M. MADIER DE 110NTJAU d'après une vignette du journal « la Cahicature i. '1S32).

âge. La plupart n'existent plus aujourd'hui, mais quelques-uns méritaient de survivre.

» La « fille trompeuse », par exemple. Il semble qu'avec son corsage brun, sa jupe rouge fortement arrondie aux hanches et surtout sa toque, cette figurine, dont les mouchetures noires et roses marquent les sourcils, les yeux, le nez et la bouche, soit une informe caricature des grandes dames de la cour de Henri III. Mais pourquoi ce nom de « fille trompeuse » ? Nous avons vainement interrogé d'anciens camelotiers, aujourd'hui octogénaires, qui n'ont pu nous donner de réponse satisfaisante ; nous croyons toutefois avoir trouvé la solution du problème. La fille trompeuse est, en réalité, une trompette, dont l'orifice s'ouvre dans la jupe de la poupée, à cette place même qui valut à la Vénus antique l'épithète de Callipyge. Jouant sur les mots, comme tout fils bien doué de

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