LES ETREXXES DU GRAND-PAPA
1er JASVIEH 1833, D'APRÈS UNE LITHOGRAPHIE DE ClIARLEr.
continue à travailler chez lui. Le plus actif et le plus habile parvient à réaliser parfois un salaire quotidien de huit fraucs ; mais son gain le plus ordinaire varie de quatre à cinq francs.
» En présence de cette augmentation de la main-d'œuvre, et malgré la concurrence, les entrepreneurs ont dû relever un certain nombre de leurs prix. Les crécelles sont encore vendues à la commission deux francs soixante la grosse (le plus petit modèle), soit un peu moins de deux centimes la pièce ; les pelles ou les râteaux , trois francs soixante-quinze, c'est-à-dire un peu plus de trois centimes. Mais les baguettes de tambour ont été portées de quatre francs cinquante à six francs cinquante le mille :
vernies, elles coûtent un franc de plus. L'ouvrière qui les passe à la Colette reçoit trente centimes du mille et peut en vernir ainsi quatre mille dans sa journée de huit heures.
» Les roulettes, dont usent en si grande quantité les marchands de jouets, leur sont vendues quatre-vingt-cinq centimes le mille, par série de deux cent cinquante. Elles sont payées à l'ouvrier à raison de leur diamètre, exemple : la roulette de dix lignes, cinquante centimes. L'entrepreneur la compte le double à l'acheteur, soit un franc, moins l'escompte, ce qui la ramène à quatre-vingt-cinq centimes.
» 11 est en revanche d'autres articles de Liesse qui atteignent un prix relativement élevé : ainsi les seaux à cent huit francs et les canons à deux cent cinquante-deux francs la grosse : à vrai dire, ceux-ci sont d'une dimension respectable. 11 est encore tel numéro de jeu de quilles rnbanées qui se vend quarante-huit francs la douzaine.
» Jadis l'article de Liesse ne quittait pas la France, aujourd'hui il s'exporte en Belgique, en Angleterre et jusqu'en Amérique. Il occupe, pendant la saison d'hiver, cent vingt ouvriers sur une population que le dernier recensement fait descendre à 1300 habitants, alors qu'il y a moins de trente ans elle en comptait plus de 1500.
» Mais, quelle que soit la transformation subie par cette industrie primitive, celle-ci n'en conserve pas moins son originalité propre et, pour toutes les raisons que nous avons précédemment déduites, mérite une place spéciale dans le Musée, toujours ouvert, des jouets de France (1). »
(1) Nous devons une partie de notre documentation à l'obligeance de la maison Dubon-Jousset, qui, de père en fils, fait le commerce en pros de l'article de I.iesse et qui a obtenu diverses récompenses aux expositions de 1878 et de 1889. (Note de M. Paul d'Estrée.)