POUPÉE DE LA RENAISSANCE FRANÇAISE
(collection de m. s. dervillé)
gothiques, nous n'avons presque aucun renseignement sur ce que pouvaient être les poupées destinées à l'amusement des enfants ; il est permis de supposer que les enseignes de pèlerinages et les Vierges de fabrication commune devaient, dans bien des cas, leur être mises dans les mains autant dans une pensée religieuse que pour leur procurer une distraction et les apaiser pendant un instant.
II[. — Poupées de la Renaissance française.
Un des plus curieux spécimens des jouets au seizième siècle est, sans contredit, cette poupée aux vêtements somptueux qui avait été exposée dans la classe des accessoires du costume : elle fait partie de la collection de M. S. Dervillé (1).
Cette poupée, du temps des Valois, se tenait avec dignité dans une vitrine de glaces maintenues par une légère armature d'acier poli. Dans cet étroit emplacement, elle avait certes grand air, cette représentante des modes du seizième siècle ; elle était vêtue d'une robe de soie blanche parsemée de fleurettes en broderie de soie orange et bordée de galons assortis. Mais le temps a passé sur toutes ces nuances, il a décoloré les unes et gratifié les autres d'une délicieuse patine qui donne une harmonie parfaite à toutes ces couleurs en les mariant si bien les unes aux autres.
La robe de soie est divisée par des lignes de piqûres, s'entre-croisant de façon à former des losanges au centre de chacun desquels est une fleurette brodée en soie qui a pris maintenant la couleur des feuilles que l'automne commence à dorer.
Au bas de la robe est un double galon orné de cannetille de soie qui