‹ Histoire des Juifs (volume 2)Chapitre 103 sur 144 · DÉLIVRANCE DE JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

DÉLIVRANCE DE JÉRUSALEM

cune manière illustré par ses exploits, Juda se trouva occuper, après la défaite de Sennachérib, une position dominante parmi les pays voisins, qui secouèrent sans doute à la même époque le joug de la suzerainetc assyrienne. Le roi d’une contrée lointaine s’efforça d'obtenir son alliance. Celui de Babylone, Mérodack - Baladan (Mardokempad, 721-710), envoya des ambassadeurs à Ézéchias, avec des lettres et des présents, sous prétexte de le féliciter de sa guérison, mais en réalité pour faire alliance avec lui contre l’enpemi commun. Cet hommage venu de loin causa naturellement une vive joie à Ézéchias, qui accueillit les ambassadeurs avec de grands honneurs et leur montra ses trésors. Mais cette ostentation déplut à Isaïe, qui lui prédit que ce pays, si désireux aujourd'hui de nouer des relations avec Juda, lui ferait un jour la guerre. Le roi reçut avec humilité la réprimande du prophète.

Les quinze années que régna encore Ézéchias après la chute de l'empire assyrien (710-696) furent un âge d’or pour le développement intérieur du «reste d'Israël ». Chacun put s'asseoir en toute sécurité sous sa vigne et sous son figuier. Comme aux jours de David et de Salomon, des étrangers venaient s'établir dans l'heureuse Judée, y trouvaient un accueil hospitalier et se réunissaient au peuple d'Israël. Les affligés et les pauvres, les Humbles méprisés, furent réconfortés par Ézéchias et purent vivre suivant les aspirations de Jeur âme. Maintenant il pouvait exécuter, selon le vœu de son cœur, le dessein qu’il avait formé, de ne voir habiter son palais qu’à des hommes voulant le bien, soumis à Dieu et vivant dans l'innocence : les disciples d'Isaïe, que celui-ci avait imprégnés de son esprit, devinrent les familiers du roi; on les appelait les gens d' Ézéchias. |

La seconde moitié du règne de ce prince fut, en général, une époque de chant, d’allégresse et d'enthousiasme. Les plus belles œuvres de la littérature psalmiste datent de cette période. Ce ne furent pas seulement des cantiques d'action de grâces et des hymnes sacrées.qui s’épanchèrent de l’âme des poètes lévites, mais encore des chants semi-mondains, probablement faits en l'honneur du roi Ézéchias, objet de l'attachement et de la vénération des fils de Lévi. On connaît, par exemple, un cantique d'amour, composé à

l’occasion de son mariage avec une jeune vierge dont les charmes avaient touché son cœur.

Ézéchias put achever son règne dans un calme ininterrompu. La défaite de Sennachérib avait été si complète, qu'elle l'avait mis hors d'état d'entreprendre une nouvelle campagne. Plus tard, on apprit avec bonheur que le despote qui avait lancé l’injure et le blasphème contre le Dieu d'Israël et son peuple. avait été assassiné par ses propres fils, Adramélech et Scharézer, dans le temple d’une divinité assyrienne.

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