‹ Histoire des Juifs (volume 2)Chapitre 113 sur 144 · RESTAURATION DU CULTE NATIONAL · texte numérisé non relu

RESTAURATION DU CULTE NATIONAL

Josias, à qui Schaphân avait apporté le rouleau, s’en fit lire par celui-ci quelques passages. Il en fut bouleversé. Toutes les transgressions spécifiées dans ce code, il se sentait coupable de les avoir jusqu'alors tolérées ; la conscience de sa faute le pénétra d'une si vive douleur qu'il déchira ses vêtements; la frayeur s’empara de lui et il redouta de voir s’accomplir les menaces prononcées contre les violateurs de l'alliance. Hors d'état de se conseiller lui-même, il fit appeler le grand prêtre pour délibérer avec lui et, sur son avis, le députa, avec plusieurs de ses officiers, vers la prophétesse Hulda, femme d’un dignitaire royal. Celle-ci le fit rassurer : les calamités prédites, dit-elle, n’arriveraient pas de son vivant, puisque le repentir avait touché son cœur.

Tranquillisé sur le sort de son peuple durant son règne, Josias mit un zèle extraordinaire à réformer le royaume. Il fit du nouveau code sa règle de conduite et poursuivit avec beaucoup plus de rigueur encore que n'avait fait Ézéchias l'entière destruction de l'idolâtrie. Son premier acte fut de convoquer au temple les Anciens de la capitale et de la province, avec toute la population de Jérusalem, y compris les prêtres et les prophètes et jusqu'aux plus humbles serviteurs du sanctuaire, et de leur faire donner lecture du livre trouvé par Chilkia. Lui-même, pendant cette cérémonie, se tint debout dans la chaire en forme de colonne réservée aux rois dans le parvis. C'était ia première fois que le peuple de Juda tout entier s'entendait instruire de ses obligations et du sort qui l’attendait, suivant qu'il obéirait ou non à la loi. Le roi voulut que toute l'assistance s’engageàt par un serment solennel à remplir de tout son cœur et de toute son âme les commandements etles préceptes qu’elle venait d'’ouir; le pontife dit à haute voix : « Maudit soit qui transgressera les paroles de cette alliance », et tous répondirent: « Amen! » Josias chargea ensuite Chilkia, avec le prêtre de second rang, préposé au maintien de l’ordre dans le temple, et les Lévites investis de la garde des portes, de purger l'édifice des différentes idoles qui le souillaient. L'image obscène d'Astarté, ses autels, les vases consacrés à son culte et à celui de Baal, les cellules affectées à la prostitution des prêtresses, les chevaux du soleil placés à l'entrée du temple, les autels en l'honneur des astres, tout fut enlevé, détruit, brûlé dans la vallée du

Cédron et les cendres répandues sur les tombes. L'emplacement des sacrifices d'enfants dans la vallée de Hinnom fut souillé par ordre de Josias (on y jeta des ossements humains et des immondices); enfin on supprima tous les hauts lieux dans les campagnes. Cette purification s’étendit jusqu'à Béthel, où était le sanctuaire des Chuthéens et du reste des Israélites, ainsi qu'aux villes de l’ancien royaume de Samarie : les prêtres des idoles et des hauts lieux furent déposés, ceux de race lévite astreints à demeurer dans Jérusalem, pour y être surveillés (on leur interdit la sacrificature, tout en leur donnant leur part des offrandes). Les prêtres d'origine étrangère furent probablement chassés du pays. Quant à ceux de Béthel, Israélites, qui avaient continué le culte du taureau établi par Jéroboam et par conséquent égaré leur peuple, Josias, par une sanglante exception, les fit mettre à mort sur leurs propres autels, qui subirent ensuite le même outrage que celui de la vallée de Hinnom. De Béthel était sortie la méconnaissance de la primitive notion de Dieu; c’est à Béthel que, pour ce motif, le roi fit un exemple de terreur. Ainsi qu’il arrive si souvent, les peu coupables petits-fils expièrent le crime de leurs ancêtres. Telle fut la fin du culte du taureau. Le roi présida lui-même à la profanation des sanctuaires de Béthel. Toutes les autres idolâtries successivement importées sur le sol d'Israël et qui s’y étaient propagées, il les fit pareillement disparaître, exactement comme le prescrivait la loi du Deuféronome.

Au printemps de la même année {621), Josias convoqua tout le peuple à venir faire la Pâque à Jérusalem, et celui-ci obéit. N’avait-il pas juré de se conduire désormais selon la loi? Des psaumes récités par les Lévites avec accompagnement de chant et de harpes rehaussérent la solennité de cette fête, pour la première fois célébrée en commun par une foule nombreuse et empressée. On possède encore un des cantiques chantés en cette occasion. Le chœur des chantres y invite les fils d'Aaron à glorifier le Dieu d'Israël; il rappelle ensuite la servitude et la délivrance d'Égypte, la révélation du Sinaï, exhorte le peuple à abjurer pour toujours les dieux étrangers, et, après une allusion à l'exil d'une partie du peuple, se termine par la promesse de jours heureux, qui récompenseront l'observation de la loi sinaique. Telle fut, aux

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