LES INSTITUTIONS ET LES SECTES
Les événements politiques de la Judée, sous Jean H>Tranet ses prédécesseurs, m pouvaient manquer d avoir leur contre-coup dans rùine mc^me de la nation et d'y provoquer un réveil intellectuel. Par sa lutte demi-séculaire, par ses défaites et ses victoires, par son contact avec des populations ami<3s ou ennemies, enfin par le bien-être succédant à la simplicité des mœurs, la nation était parvenue à un haut degré de maturité. Maîtresse d'elle-même, grâce à de pénibles efforts, elle pouvait tourner ses regards vers le dedans et, sans renoncer aux résultats acquis, s'assimiler tous les éléments étrangers compatibles avec son caractère. Si jadis les purs avaient protesté contre tout ce qui portait l'empreinte hellénique, beaucoup d'entre eux étaient arrivés maintenant à la conviction que l'helléniàme renfermait bien des éléments qu'on pouvait adopter, sans préjudice des idées nationales. Les Hasmonéens apprirent de leurs voisins, non seulenienl l'art de la puerre, de l'armeinent et de la lortification des places, mais encore l'art pacifique de frapper des monnaies aux empreiiiii s é!«'"jrantcs, et aussi larchitectonique des Grecs, lis a^'aient fait construire, à Jérusalem, un magnifique palais dans le style hellénique. Kn avant de ce palais se trouvait un vaste espace couvert, à plusieurs colonnades, appelé le Xyste et destiné aux assemblées populaires. Il était siiin' pr»'s do la vallée qui séparait le temple de la ville haute. Dans < cUi' dernière, il y avait aussi un bâtiment de Style grec, reafermaut la salle du conseil et les archives.
Jeaa Uyrcan Ht ériger uq mausolée de famille à Modio, le
berceau de sa famille. C'était un grand bâtiment dans le style grec, en marbre blanc et poli. Toui autour couraient des colonnades arlisteraent travaillées; des armes de toute espèce, surmontées de navires, étaient sculptées dans la pierre des colonnes. Sur le faite de l'édiflce s'élevaient sept pyramides en souvenir des fondateurs de la famille et de leurs cinq fils. Le mausolée avait une hauteur si considérable qu'on 1 apercevait de la haute mer.
Mais celle ('poque se distingue plus encore par la prépondérance et le développement des éléments propres à la nation que par rassimilalion d'éléme^^^; étrangers. La langue hébraïque, qui, depuis le contact avec des peuples asiatiques, avait été remplacée par la langue araméeuue, ressuscita en quelque sorte comme langue populaire. Les monuments sacrés que la nation put sauver de la ruine, et dentelle s'inspira souvent, la rendirent chère à son cœur. La lanp^uc sainte fut employée pour la composition des nouveaux psaumes, pour les inscriptions des monnaies, pour la rédflction des actes publics ; elle lut aussi usitée pour les chants du peuple. La langue hé}>raïque, bien qu'elle empruntât à l'araméen ou au grec bon nombre d'exprossions usuelles, montra tellement de vigueur et de sève qu'elle s eiiricliil (;ncore de mots nouveaux et s'appropria les élénienis é'!rnngers en y mettant sa marque personnelle. A partir de celte époque, la langue porte le nom ^hébreu moderne^(\\x\ se distingue de l'hébreu ancun par la clarté et le nature!, s'il lui est inférieur pour r«''tévation et l'élan poétique". Les cheis dti la communauté et les hommes d'Ltat comprenaieiit, dn n^ste, !e '^^'ec. Les premiers en avaient besoin pour leurs rn[iir,a l^ ;iv.' ■ les rois de Syrie; et les ambassadeurs envoyés auprès il-^ i t in iin cs ou auprès du sénat romuiu étaient obligés de s'exprimer eu grec. Les noms propres grecs refleurirent plus que jamais.
Le changement survenu dans les esprits à !a suite des événements politiques se manifesta plus clairement sur 1»^ lorrain religieux que dans le domaine des mœurs et de la littérature. Toutes les conquêtes laites depuis Jonathan peuvenl être envisagées comme laites dans l'inlérèl de la religion. Les revers des Syriens, Texpulsioa des Hellénistes, la soumission dOiS Iduméens et