‹ Histoire des JuifsChapitre 51 sur 104 · JULES CÉSAR FAVORISE LES JUDÉENS · texte numérisé non relu

JULES CÉSAR FAVORISE LES JUDÉENS

de cet impôt en nature qa*à l'année sabbatique, pendant laquelle, comme on sait, les cbamps restaient sans culture.

En général. César se montra bienveillant pour les Judéens et les récompensa de leur fidélité. En souvenir des services qu'ils lui avaient rendus, les Judéens d'Alexandrie obtinrent de lui la confirmation dateurs droits politiques et de leurs privilèges, entre autres notamment celui d*ètre gouvernés par un cbef de leur nation {ûikuarque, dabarquc] et d*ètre placés sous sa juridiction. Le décret de César qui confirmait ces privilèges Ait grave, par son ordre, sur une colonne. Des ordonnances spéciales autorisèrent ' aussi le transport des impôts du temple, qui avait éprouvé certaines difficultés, quelques aunées auparavant. Les Judéens de TAsie Mineure, à qui leurs concitoyens grecs voulaient défeadre le libre exercice de leur religion, se virent également confirnu's dans leurs droits de ne pas comparaître en justice le jour du sabbat, de tenir des réunions (ce qui était défendu ailleurs par crainte des soulèvements), de construire de nouvelles synagogues et de se livrer aux pratiques de leur culte {MA\). La communauté judaïque de Home jouit sans doute aussi des laveurs de (k'sar, puisqu'elle conserva sou souvenir a\ec une religieuse lidélité. Mais toutes ces immunités dues à la faveur touchèrent peu la masëô de la nation judaïque. Si les Judéens \i\aiit hors de la Palestine bénissaient le nom de César comme celui d'un bienfaiteur, ceuxde Palestine ne voyaienteu lui que le Romain, que le protecteur de l odienx Iduuiéen. Inquiet de l'altitude du peuple, Anlipater crut de\oir l'intimider en le nieiiayanl à lu fois de son châtiment, de la colère de llyrcan et de celle de César. A ceux qui se soumrltraitMit, il j»romil de grandes récompenses. — Une bande, échappée à la dt route do l'unuée d'Arislobule, s'i'tnit réfugiée, sous la Conduite d'un chef nommé iî'-jef^/^w, dans les montagnes de la Galilée, où elle sut se maintenir et l'aire beaucoup de mal aux Romains et aux Syriens. Elle n'attendait qu'unu uicasion pour prosoijuer un soulèvement général contre Rome. Les Romains appelaient celle bande une troupe de bandits et leur chef ^W/f/;?^ un chef de brigands. Alais les .ludi'cns les considéraient couniie les vengeurs de leur liberté et de leur honneur national. En cfTcl, leur mccouteuteuieot avait été vif, en voyant Anlipater confier le

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gouverne m eut du pnys à ses ftls el ne songer qu'à accroître la puissance de sa lainiJlc. De ses quatre fils, qu'il avait eus de la Nabatéeuuc Kypros, l'auié, Phasaël, fut nommé par lui prél'el de Jérusalem et de la Judée, et le second, Ilérode, Iv^ii seulemeol de vingt-cinq ans, reçut le gouvernement de la Galilée.

Ce jeune homme fut le mauvais génie de lu nation judaïque. Il semblait destiné à livrer la Judée pieds et poings liés entre les mains de Uome et à lui meUro sou talon sur la iiu<jue. Dès son apparition, comme un nuage orageux et menaçant, il projette une ombre sinistre sur la vie de la nation; l'obscuritc croît de plus en plus, toute lueur disparaît dans les ténèbres, et l'on ne marche plus qu'en chancelanl el en trébuchant, comme dans l'obsession d'un rêve. Fidèle à la politique astucieuse de son père, Ilérode commence par flatter bassement les liomains et par blesser le senlimeut national. Pour se concilier la faveur de Rome el pour assurer en même temps le sort de sa famille, Hcrode entreprit une expédition contre la bande d'Kzékias. Celui-ci fut fait prisonnier, et Ilérode le fit décapiter avec quelquesuns de ses compagnons, sans outre loiuie de procès. Les Syriens et les Romains ne trouvèrent pas nsscz de termes pour remercier le dompteur de bandits, comme ils l'appelaient. Srstus César, que le dictateur romain avait nommé gouverneur de la Syrie f47-if>^, coniM:t [bîrode de faveurs, en récompense de c^l exploiL Mais les patriotes étaient ailristés; ils voyuieaL avec terreur que de l'œuf du basilic, Antipater, était éclos un serpent venimeux. L'humiliation infligée à liyrcan el à la nation par la famille iduméenne causa une douleur si vive, que (juebjucs hommes de cumr osèrent aller trouver le prince pour l'eclau'er sur sa triste situuliun. Ils lui représentèrent que ^a dignité n'était plus qu'un mot et (jue le pouvoir appartenait réellement à Antipaler et à ses fils. Ils rappelèrent le meurtre d'Kzékias et de ses compagnons, «jui était un défi jeté à la Loi. Mais ces observalious n'auraient saus doute produit aucun elTet sur le prince, si les mères de ceux qu'IIérode avait massacrés ne lui avaient déchiré le cœur par leurs lamentations. Chaque fois qu'il paraissait dans le temple, elles se jetaient à ses pieds et le suppliaient de vcûger la mort de leurs eafauts.

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