‹ Histoire des JuifsChapitre 56 sur 104 · H1LL£L · texte numérisé non relu

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dire en toute assurance : « Je sais que ces cris ne sortent pas de ma maison. » Les sentences qu'il a laissées, et qui surpassent en concision celles de ses prédécesseurs, sont toutes conçues dans cet esprit. En voici quelques-unes : « Si je ne songe pas à moi (à mon âme), qui y songe^^a ? Si je ne songe qu'à moi, que pourraije obtenirY Si ce n*est maintenant, quand sera-ce? — Sois des disciples d'Âaron, aime la paix, recherchera, aime les hommos et tu les amèneras à la Thora. » Pénétré de la haute mission confiée à Israël, d'enseigner la Xoi en Dieu dans toute sa pureté, il exprimait ce sentiment, lors de la fête des Libations d'eau dans le tèmple, par ces mois : « Si moi (Israël), je suis ici, l'univers entier y est. Si je n'y suis pas, qui donc y sera? » — La doctrine du judaïsme avait tant de valeur à ses yeux, qu'il s'aCDigeait s'il la voyait servir à satisfaire l'ambition ou la soif de la renorn*mée : « Celui qui cherche à grandir son nom le rabaisse; celui qui ne s'occupe pas activement de l'étude ne mérite pas de vivre; celui qui n'augmente pas ses connaissances dégénère; celui qui tire profit dë l'étude de la Loi périt. »

De même que, par ses hautes vertus, HUlel est devenu, aux yeux de la postérité, un idéal de perfection, ainsi le développem^t qu'il a su donner au judaïsme légal l'a placé au premier rang et lui a valu l'honneur d'être appelé le restaurateur de la ZoL Son action à la fois réparatrice et vivifiante s'exerça surtout» ' d'une manière efficace, dans deux directions: il enrichit le fond des traditions orales qu'il devait à Schemaîa et à Abtalion, et il donna aux dispositions légales une extension méthodique. En effet, suivant ilillel, la tradition porte en elle-même les raisons de sa légitimité et de son caractère obligatoire; elle n'a pas besoin d'invoquer uniquement le principe d'autorité. C'était là une tentative pour réconcilier les pharisiens et les sadducéen^, puisque les uns et les autres pouvaient admettre les principes posés par Hillel. Toute dispute d*école au si^et du caractère d'obligation des lois traditionnelles se trouvait ainsi écartée. Hillel concédait aux sadducéens que les lois traditionnelles doivent avoir leur fondement dans la Thora ; mais, d'un autre càté, il déclarait que ce n'est paâ seulement la lettre de la Loi qui confère leur valeur aux prescriptions, et que cette valeur peut se déterminer pur une

msTûiat; des juifs.

série de principes généraux, clairement jndi<iuéspar le texte luimême. Sept règles ou formules d'interprétation forment la base de la loi orale, telle qu'elle déeoule de la Thora, et lui donnent une valeur i^ale à celle de la loi écrite.

Grftce à ces sept règles, la tradition orale apparaissait soas un jour tout nouveau : elle n'avait plus rien d'arbitraire, et elle revêtait un caractère à la fois absolu et rationnel. Les nouvelles régies ne servaient pas seulement à l^itimer les lois orales d^^ existantes ; elles permettaient aussi de les élargir el de les appliquer à des cas nouveaux.

Âu début, la méthode d'interprétation deHillel ne trouva guère de succès. Nous savons de science certaine que, lors d'une diseur sien devant le Sanhédrin, alors présidé par les Bené-Bathyra, HUlel affirma ces règles, mais que le Sanhédrin ne les go&ta pas, ou en contesta l'application. Hillel eut l'occasion d'en faire publiquement usage pour la solution d'une question qui intéressait vivement la nation entière. La veille de la Pâque, où Ton immolait Tagneau pascal, étant tombée un jour de sabbat, les fils de ^thyra et le Sanhédrin ne savaient pas s'il était permis d'ofl^ir, ce jour-lè, le sacrifice pascal. Hillel, dont la valeur avait sans doute d^jà frappé les esprits Judicieux, se mêla à la discussion et prouva, en vertu des règles de sa méthode d'interprétation, que le sacrifice pascal, comme tout autre sacrifice public, primait la sainteté du sabbat. Les débats fUrent très animés, à cause de la foule des pèlerins venus pour la fête et qui y prirent part; des paroles d'encouragement étaient adressées à Hillel, entremêlées de vives protestations. « C'est le Babylonien qui nous donnera la meilleure décision », disaient les uns. « Que peut>il venir de bon de Babel? » criaient les autres. — A partir de ce jour, le nom de Hillel devint si populaire, que le^ fils de Bathyra (soil volontairement, soit par ordre du peuple) crurent devoir résigner leurs fonctions de présidents du Sanhédrin et furent remplacés par Hillel. Loin de s'enorgueillir de cet honneur, Hillel exprima son mécontentement, en disant aux synhcdristes : « Qu'est-Hîe qui m'a élevé, moi, obscur Babylonien, à la présidence du Sanhédrin? C'est voire peu d'assiduité aux leçons de Schemaîa et d'Abtalion. » liérode ne parait pas avoir fait obstacle à cette nomination.

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