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CHAPITRE XVIII LA GUBRRB DE GALILÉE

Le pays de GalU, — la Cfalilée, — doni la défense avait été confiée à Josèphe ben Matthia, clait, par sa topographie, son étoDnaate fertilité, sa forte population, le poste le plus important après Jérusalem, dont il était comme le boulevard. Il se divisait en baute et basse Galilée.

Foyer de passions ardentes, patrie du zélateur Juda et de Jésus de Naiaretb, la Galilée ne pouvait rester impassible en présence de la révolte de Jérusalem et de la défaite de Gestius. Elle se jeta dans la lutte avec cet élan primesautier qui ne calcule pas, qui ne laisse point de place à la réflexion. Et comment les Galiléens auraientrils pu rester indilférenls loraqu*ils voyaient, dans leur voisinage immédiat, leurs frères égorgés par les gentils? Journellement accouraient auprès d'eux des fogitifejudéenscberchant appui et protection. Eux-mêmes avaient tont à craindre des païens du voisinage. Aussi la plupart des villes, grandes et petites, se mettaient en mesure de résister à une attaque et attendaient les in* struetions du grand conseil de Jérusalem. Trois foyers d*insur* rection se formèrent dans la Galilée : GisMUt au nord, TiàMade au sud et Gamala en face de Tibériade, sur la rive orientale du lac. Les habitants judéens de Gischala furent en quelque sorte provoqués à la révolte. La populaiion païenne des villes voisines, Tyriens, Suganiens et Gabaréniens, s*était coalisé contre Gischala, Tavait surprise, mise au pillage et détruite en partie par le feu. Alors un homme se rencontra qui se mit à la tète des Gischaliens exaspérés; cet homme, qui devait soutenir juz^ju'à la dernière heure la lutte suprême et devenir, avec Siméon Bar*

Giora, la terreur des li ni iii>, c't'iuil Jo/iaHa7i{JesLn), fils de Lévi. Jeaa de Gischnia comiiu nra sa carrière en réunissant sous son drapeau les im.'CoiiUM)ls de la haute Galilée, en appelant à lui les fugiliis (les villes syriennes, pour atlaijuer avec leur aide la p*'[iulation paït'iinc des villes voisines et en châtier les déprédalions. Jean était sans lorlune et de complexiun maladive; mais c'était une de ces Ames de feu qui, maîtresses de leur corps, savent triompher des difUcuUés de la vie et Jurcer les circonstances à ser\ir > desseins. Au début de l'insurrection de Galilée, il bornait son ambiUun à relever les murs de sa ville natale et à laire de Gischala le centre de la ré«»islance, pour empêcher les ennemis du voisinage de recommencer leurs attaques et opposer un rempart de plus à la puissance romaine. Mais plus tard, sVtanl enrichi eo vendant del huili .lux .ludéensde Syrie et de C<''Sarée-de-Philippe, (jui ne pouvaient taire usage de l'huili' des païens, il employa celte Ibrtune à entretenir de.s bandes de patriotes. Il avait ainsi ri'uni plus de quatre mille hommes, dont le nombre grandit chaque jour.

A Tibériade, autre foyer de la lutte, le parti de l'insurrection avait à combattre des adversaires dévoués à Home, et il en résulta de fâcheux tiraillements. La belle cité sise au bord du lac appartenait depuis plusieurs années au roi Agrippa, et, sous le gouvernement de ce prince, elle n'était pas trop malheureuse. Cependant la majeure partie de la population tenait pour les zélateurs et cherchait à se soustraire à l'autorité d'Agrippa. L'âme de la révolte, dans cette ville, était Justus ben Pistos, qui s'était initié à la culture hellénique et qui écrivit plus tard l'histoire de sa nation en langue grecque. Jufttus était doué d'une éloquence entraînante et pouvait esiercer une puissante action sur le peuple; toutefois, son influenee se bornait à la classe aisée de la population. II était secondé par un autre zélateur, Josiié ben Sapphia, à qui obéissaient les classes inférieures, les bateliers et les portefaix de Tibériade. Ces deux honnnes avaient contre eux un parti aristocratique, fort attaché à Agrippa et aux llomains, et dont les chefs étaient Julius Capelius, lié rode àen Miar, Hérade àen Gamala et Kompsé bar Kompsé. Mais ce parti n'avait aucune influence sur le peuple et ne put remp6cher d'entrer de plus en plus dans la révolution. À la aoa-> velle de la déHaite de Gestius, les gens de Tibériade, bous la con-

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