‹ Histoire des JuifsChapitre 91 sur 104 · PRISE DES FORTERESSES · texte numérisé non relu

PRISE DES FORTERESSES

prisaonières, et de porter un riche vêtement; il le combla de présents et le donna pour compagnon à son fils Titus.

Après la destruction de Japha et de Jotapata, vint le tour de la ville maritime de Jcfppé, Peu de temps après, Tibériadé tomba également au pouvoir des Romains. Les habitants, fatigués et démoralisés par leurs luttes avec Josèphe, ne firent aucune résistance et ouvrirent leurs portes. Ainsi, un an après le soulèvement de Jérusalem, la Galilée, qui s'était levée, toute fiémissanto de patriotisme, pour défendre sa liberté et la religion des ancêtres, était presque tout entière réduite en bendres, sa population détruite ou captive et plus esclave que jamais. Pour Agrippa, l'on put voir, en cette occurrence, que ce n'était pas uniquement la politique ni la cralute des Romains qui l'avaient armé contre son peuple. Vespasien avait laissé à sa discrétion les prisonniers originaires de ses États. H pouvait les relAcber ou leur infliger un châtiment : il préféra les vendre comme esclave».

Trois places fortes restaient encore aux maios des zélateurs de Galilée : Gamala, la forteresse du mont Tbabor, et Gischabi dans l'extrême nord. Grèce aux efforts de deux chei^ de zélateurs, Joseph de Gamala et Ckarés, Gamala s'était soulevée. En vain le Ueut^ant du roi Agrippa l'assiégea pendant plusieurs mois; les zélateurs tinrent bon. Vespasien lui-même marcha alors contre cette ville (24 ^oulj, La lutte engagée sous les murs de Gamala fut une des plus héroïques de toute cette guerre.

Pendant plusieurs jours, les assiégés défendirent la ville du haut des ouvrages extérieurs, avec un acharnement digne de leur eompatriote, Juda le Galiléen. A mesure que les machines romaines arrivaient à la hauteur des remparts, les assié{^^cs se repliaient dans l'intérieur de la ville, à laquelle ils faisaient pour ainsi dire un rempart de leurs corps. Au bout de trois semaines de siège, les machines avaient fail une petite brèciie au niur, par où un eorlain nombre de guerriers romaiii^ ji» iiélrèrent dans la place. Les habitants se réfugièrent dans le quartier haut, suivis de près pat' Ils Homain?;, qui s'égarèrent dans les rues « iroites et tortueuses et furent assaillis à coups de pierres lancées du haut des toits. Déconcertés par cette furieuse attaque, les Romains cssayèreat de se sauver sur les toits des maisons les plus basses,

qui ne purent supporter ce poids et s'écroulèrent en les ensevelissant sous leurs ruines. Les gens de Gamala poursuivirent les ftiyards en leur jetant d'énormes quartiers de roche, si bien que la retraite leur devenait presque impossible. Cela se passait pendant la fête des Tentes. Ce fut un beau jour pour Gamala, un jour de victoire, mais d*une victoire chèrement payée. Sous les cadavres des Romains gisaient entassés ceux d*une foule de Judéens, héros dent la perte était irréparable. Cbarès, un des chetb, était blessé à mort. Le lendemain, rennemi attira les Judéens sur une tour qu'il faisait semblant d'attaquer, mais cette tour était minée et elle s*éeroula avec un fracas épouvantable, ensevelissant sous ses décombres les braves défenseurs de la ville avec leur dernier chef survivant, Joseph, le Gis de la sage-femme, inutile, dès lors, de songer à une plus longue résistance. Les Romains entrèrent dans la ville et ^rgèreot tout ce qui leur tombait entre les mains, environ 4,000 hommes. Près de 5,000 autres se donnèrent eux-mêmes la mort ; et de toute la population de Gamala, il ne survécut que deux jeunes filles.

Dans cet intervalle, la forteresse du mont Tbabor {VZiaÔjf'rion) avait été également prise, grâce à un stratagème de Placidus. Celte forteresse était située sur une hauteur abrupte, isolée de toutes parts, et qui s*é!ôve sur la plaine de Jezréel, à près de 1,600 pieds du sol. Cette position la rendait inexpugnable. Mais Placldus, par une fuite simulée, attira au dehors les défenseurs de la forteresse ; puis il fit faire volte-face à sa cavalerie, qui massacra les poursuivants. Ceux qui étaient restés dans la place, jugeant la résistance impossible, s'enfuirent par Tautre côté de la montagne, vers Jérusalem. Les habitants, affaiblis et souffrant du manque d'eau, durent se rendre.

La petite ville de Gischala, où commandait Jean et qui comptait peu de défenseurs, ne pouvait tenir contre les Romains. Lorsque Titus s'en approcha avec des forces considérables et sonimu la garnison de se rendre, Jean lui demanda un armistice d'au JOUI , ce jour étant précisément celui du sabbat, et il profita de celle Irève pour quitter la ville avec plusieurs milliei > il li.ibilaiils. Le lenilciiiain, (iiscliala ouvrit .ses portes, et ses uiui iulK.s furcut rusées. Tilus euvoya ua corps a lu poursuite de Jean, aiais

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