‹ Histoire des LagidesChapitre 110 sur 258 · Justin., XVII, 2, 15. XXiV · texte numérisé non relu

Justin., XVII, 2, 15. XXiV

152 CHAP. V. — PTOLÉBfÉE II PHILADELPHE

Le moment était venu pour celui-ci de se défaire des prétendants qu'Arsinoé avait tenus jusque-là à Tabri de ses embûches. Ptolémée savait que ni eux, ni leur mère ne renonçaient à la succession de Lysimaque. L'ainé, du nom de Ptolémée, s'était même déjà mis en campagne, allié avec un prince illyrien appelé Monounios *, et c'est à cette circonstance qu'il dut de ne point partager le sort de ses frères. Ptolémée avait affaire à forte partie, car Arsinoé, rompue aux intrigues, n'était pas facile à duper, surtout par un autre intrigant dont elle connaissait les aptitudes '. Ptolémée lui proposa de l'épouser et d'adopter ses enfants. C'était une solution simple et él^anle du problème dynastique. Un mariage entre frère et sœur consanguins n'allait point contre la morale grecque, et les scrupules d' Arsinoé, si elle en avait eu, n'auraient point tenu devant la perspective de redevenir reine de Macédoine et de Thrace, avec la certitude de réintégrer dans leurs droits ses enfants, héritiers légitimes de Lysimaque. Mais Arsinoé restait défiante et enfermée dans Cassandria. Pour dissiper ses craintes, Ptolémée, au dire de Justin, joua la comédie de l'amour et prodigua les serments les plus sacrés. Il se pourrait même qu'il eût fait intervenir les conseils de Philadelphe ', personnellement intéressé à ce pacte de famille. Convaincue enfin, Arsinoé, pour qui l'amour de Ptolémée n'était peut-être pas chose tout à fait nouvelle, consentit à épouser son frère, mais hors de Cassandria, où elle laissa ses enfants. Les noces furent splendides, et le tendre époux présenta la reine aux acclamations

1. Bellum quod Ptolemaeus Ceraumis in Macedonia cum Monunio Illyno et Plolemaeo Lysimachi filio habuit, utque Arsinoen sororem $uam imperio Macedonicarum urbium exuit (Trog. Pomp., Prol. xxiv). C'est tout ce qu*on sait sur cette « guerre », dont Justin ne s'est pas occupé.

2. Et surtout si, comme le ferait supposer un texte de Polyen (fondation des EypuSCxeta en Ttionneur xf,; àxoSouoT^ç K«ffffav6pei3ffi xtjV IXeoOtpCxv Eùpu6(xtiç. VI, 7, 2), Ptolémée avait avec lui sa mère Eurydice.

3. Cf. Niese, II, p. 11, 1. Cette conjecture ajouterait un motif de plus aux raisons qui ont pu décider par la suite Philadelphe à épouser Arsinoé : il se sentait un peu responsable de ses malheurs.

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