LA « QUÊTE .) DU GRAAL
LITTiRATURE, T. t.
sur Lancelotj qui avait déjà été célébré dans un roman de Chrétien de Troyes, ainsi que dans un poème perdu, et dont il fait un descendant de Bron. Il nous dit d'abord comment son héros, orphelin, fut recueilli et élevé par la Dame du Lac. Puis il le promène à travers le monde, consacrant d'innombrables pages à ses amours avec Guenièvre, femme d'Arthur, et à ses aventures, qui s'enchevêtrent avec celles des autres compagnons de la Table Rondes chargés par Arthur de le retrouver. Au cours de ces pérégrinations, Lancelot, ainsi que son émule
Gauvain et son cousin Bohort, parviennent au château du Graal, mais leurs fautes les rendent indignes d'en contempler les merveilles; l'honneur de « mettre à chief l'aventure » est réservé au fils de Lancelot, Galaad, le héros vierge.
Dans la troisième partie (la Quête du Graal) nous voyons Lancelot, Bohort et Perceval (qui remplace le trop mondain Gauvain), s'acheminer vers le château de Corbenic; mais ces trois grands pécheurs n'y sont admis que quand ils ont été purifiés par le remords et la confession. Ils n'y goûtent pas au reste la plénitude du bonheur; seuls, Galaad et neuf chevaliers inconnus, purs comme lui, sont admis à contempler les mystères ineffables : l'évêque Josephé descend du ciel pour célébrer devant eux la messe et leur donner la communion. Peu après, Galaad est emmené sur un bateau miraculeux, la nef de Salomon, vers les pays d'Orient, et il dépose les rehques dans le Palais spirituel, à la garde duquel il est commis. Un an après, il meurt dans une extase, les bras en croix ; le Graal et la lance sont emportés en paradis par une main céleste, et depuis nul ne put se vanter de les avoir vus.
L'épilogue qui termine l'ouvrage (La Mort Arthur) n'est pas aussi inutile qu'il semble au premier abord : non seulement l'auteur nous y renseigne sur le sort de ses